Une communauté de bénévoles améliore la surveillance épidémique en RCA

Avec le soutien de la Fondation Mastercard, l'UNICEF en République centrafricaine aide le Ministère de la Santé et de la Population à mettre en place un système solide pour répondre à l'épidémie de variole du singe et à d'autres épidémies potentielles.

Jose Carlos Rodriguez Soto/ UNICEF
Une femme pose dans un village africain avec un gillet de haute visibilité.
UNICEF/CAR/2026/Rodriguez
16 mars 2026

À 27 ans, Nicole Bazou connaît chaque recoin de Mbaïki, sa ville natale en République centrafricaine. Deux fois par semaine, elle enfile son gilet réfléchissant, prend le cahier dans lequel elle note les détails des ménages qu'elle visite et part arpenter les ruelles étroites du quartier de Tipoyeur. Elle y travaille comme agente de santé communautaire bénévole.

« J'apprends aux gens comment prévenir la propagation de la variole du singe. Je recherche également les cas suspects », explique-t-elle. « L'année dernière, il n'y a eu qu'un seul cas, et le patient s'est rétabli. Cela peut sembler peu, mais si mon travail a permis de sauver ne serait-ce qu'une seule vie, cela en vaut la peine. »

Nicole fait partie des 70 agents de santé communautaires bénévoles qui travaillent à Mbaïki, la capitale de la préfecture de Lobaye, dans le sud-ouest de la République centrafricaine (RCA). Selon les autorités sanitaires du district, près de 800 bénévoles sont déployés dans toute la préfecture. Ils ont été formés dans le cadre d'un programme de prévention de la variole du singe mené par l'UNICEF en collaboration avec le Ministère de la Santé et de la Population, avec le financement de la Fondation Mastercard.

Deux travailleurs sanitaires échangent sur leur travail.
UNICEF/CAR/2026/Rodriguez Le Dr Christian Richard Timoro, directeur médical de l'hôpital du district de Mbaiki, échange avec une infirmière de l'unité de vaccination.

Le Mpox, anciennement appelé « variole du singe », peut être une maladie grave, voire mortelle. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, le taux de létalité a varié entre 0,1 % et 10 % lors des épidémies passées, en particulier dans certaines régions d'Afrique centrale où les systèmes de santé sont souvent défaillants. Les enfants de moins de cinq ans sont particulièrement vulnérables aux formes graves de la maladie.

En juillet 2024, une alerte a été lancée dans 15 des 35 districts sanitaires de la RCA. Le mois suivant, l'Organisation Mondiale de la Santé a déclaré l'épidémie urgence de santé publique de portée internationale.

En réponse, le Ministre de la Santé et de la Population de la RCA a activé le Centre national des opérations d'urgence sanitaire afin de coordonner les efforts du pays. Au cours de l'année, 91 cas ont été confirmés sur 512 cas suspects testés en laboratoire. Mbaïki figurait parmi les six districts touchés par une épidémie active.

Pour le Dr Christian Richard Timoro Depha, Directeur Médical de l'hôpital de Mbaïki depuis 2020, la situation était très préoccupante.

« En 2025, nous avons enregistré 106 cas suspects dans notre district sanitaire, dont 25 ont été confirmés. Malheureusement, deux des personnes infectées sont décédées », explique-t-il. « Notre stratégie consistait à travailler en étroite collaboration avec les communautés à risque, en renforçant leur capacité à prévenir, détecter et réagir rapidement à la maladie. Chaque fois que nous identifiions un cas suspect, nous envoyions un échantillon de sang à l'Institut Pasteur de Bangui pour qu'il soit testé. Les patients testés positifs étaient isolés et surveillés pendant 21 jours, jusqu'à ce qu'ils soient déclarés guéris ».

En 2025, le nombre de cas suspects à l'échelle nationale est passé à 626, soit 114 de plus que l'année précédente, ce qui représente une augmentation de 18 %. Parmi ceux-ci, les 106 cas signalés à Mbaïki représentaient une part importante.

Le Dr Timoro attribue l'augmentation du nombre de cas suspects détectés au renforcement de la surveillance et à l'amélioration de la coordination entre l'UNICEF, l'Organisation Mondiale de la Santé et le Ministère de la Santé et de la Population.

« Cette maladie peut se transmettre des animaux aux humains, puis d'une personne à l'autre », explique-t-il. « Notre stratégie principale a consisté à briser la chaîne de transmission par la prévention, principalement par l'éducation sanitaire, l'amélioration de l'hygiène, la modification des comportements à risque tels que la consommation de viande provenant d'animaux trouvés morts dans la brousse, et la détection précoce des cas ». 

Le lancement de la campagne de vaccination contre la variole du singe à Mbaïki en janvier 2025, sous l'égide du Ministre de la Santé et de la Population, a marqué une autre étape importante. Le vaccin a été administré aux agents de santé de première ligne et aux contacts étroits des personnes testées positives.

Une stratégie combinant une sensibilisation à grande échelle de la communauté, tant au niveau local que dans les établissements de santé, et la formation des agents de santé communautaires commence à donner des résultats prometteurs.

À l'hôpital de Mbaïki, le superviseur Elisée Voudas montre une tente installée dans une zone isolée du complexe, qui sert d'unité d'isolement pour les cas suspects de variole du singe.

« La bonne nouvelle, c'est que nous n'avons enregistré aucun cas depuis plusieurs semaines », dit-il. « Comme vous pouvez le voir, le service d'isolement est vide. »

Pourtant, les partenaires qui mènent la riposte restent vigilants. Du 21 au 23 janvier 2026, l'UNICEF et le Ministère de la Santé et de la Population ont organisé un séminaire de formation axée sur l'importance de la santé mentale lors des urgences de santé publique, avec une attention particulière pour l'épidémie de Mpox. Les directeurs médicaux des hôpitaux de tous les districts touchés ont participé à cet atelier.

Sur le terrain, des bénévoles comme Nicole Bazou et des professionnels de santé comme le Dr Christian Timoro restent vigilants à tout signe de résurgence. Dans le même temps, ils se rassurent prudemment en constatant qu'aucun nouveau cas n'a été détecté pour l'instant.

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