BLOG « Chaque livraison, c'est une petite victoire pour la santé »
Grâce au soutien de l'Union européenne par l'intermédiaire de l'UNICEF, les femmes et les enfants vivant dans les régions reculées de la République centrafricaine ont désormais accès à des médicaments de qualité.
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Athair Oumar, gestionnaire du dépôt pharmaceutique du district sanitaire de la Vakaga, dans l'extrême nord de la République centrafricaine, parle de son travail à 1 000 km de route de la capitale.
« J'aime commencer ma journée très tôt afin de bien planifier mon travail et de m'assurer qu'aucun centre de santé ne manque des médicaments essentiels dont il a besoin.
« Je commence par examiner toutes les demandes d'approvisionnement. Notre district sanitaire dessert 18 formations sanitaires : la plus proche se trouve à 45 kilomètres et la plus éloignée à 210 kilomètres. Même les trajets les plus courts peuvent être difficiles ici. Les routes sont sablonneuses et pleines de nids-de-poule, et pendant la saison des pluies, elles sont souvent inondées. La plupart du temps, les responsables des centres de santé se déplacent à moto. Nous disposons de cinq motos fournies par l'UNICEF grâce au financement de l'Union européenne.
« Le mauvais état de nos routes est un défi, mais il est insignifiant comparé à l'insécurité, qui reste notre principale préoccupation. Chaque jour, nous surveillons de près la situation et lorsque le risque de se rendre dans une région particulière est élevé, nous retardons nos déplacements afin d'éviter tout danger d'embuscade. Malgré ces contraintes, nous faisons tout notre possible pour atteindre tous les centres de santé, afin qu'aucun enfant et aucune mère ne soient privés des médicaments essentiels dont ils auraient besoin.
« Birao est la capitale de la préfecture de Vakaga, dans le nord-est de la République centrafricaine. Dans la Vakaga, notre préfecture, l'hôpital du district de Birao est l'établissement le plus proche où cet assortiment de médicaments est dispensé. Il dispose d'un gérant qui sert en moyenne 40 patients par jour.
« Depuis le lancement de ce programme du MSP financé par l’Union Européenne et soutenu par l'UNICEF, nous avons constaté une amélioration significative de la santé des femmes et des enfants, en particulier ceux qui souffrent de diarrhée, de paludisme et d'infections respiratoires, qui sont les maladies les plus courantes.
« C'est pourquoi je dois m'assurer que l'approvisionnement en médicaments se déroule sans heurts. Après avoir préparé les commandes et vérifié les listes pour m'assurer que tous les médicaments ont bien été reçus, je prépare les différents rapports que je dois envoyer. Je suis convaincu qu'une administration efficace et ordonnée est essentielle pour maintenir une coopération harmonieuse avec nos partenaires afin que nos bénéficiaires puissent recevoir les traitements dont ils ont besoin.
« Une fois que j'ai vérifié qu'il ne manque rien, je commence à ranger les médicaments sur les étagères. Ce processus doit suivre des étapes strictes afin d'éviter tout gaspillage de ressources précieuses. Sur chaque étagère, les médicaments sont rangés en fonction de leur date d’expiration : les lots dont la péremption est la plus rapprochée sont positionnés en avant des étagères pour être distribués et utilisés en priorité, tandis que les lots dont la date d’expiration est plus éloignée sont placés en arrière. Ce n'est pas un détail mineur. Si ce système n'est pas respecté, les médicaments risquent d’atteindre leur date d’expiration sans avoir été utilisés et deviendront impropres à la consommation. Ici, chaque goutte et chaque comprimé comptent, et nous ne pouvons pas nous permettre de commettre de telles erreurs.
« Nous recevons les médicaments par la route tous les six mois et nous essayons d'approvisionner les unités de notre préfecture tous les trois mois. Birao se trouve à plus de mille kilomètres de Bangui par la route et les marchandises peuvent mettre des semaines à arriver ici. Chaque fois qu'un camion arrive, c'est une petite victoire pour la santé.
« Une fois les médicaments reçus, il n'est pas facile de les conserver en bon état. Nous sommes dans une région très chaude. Pour faire fonctionner la climatisation, nous dépendons d'un générateur à essence. Nous n'avons pas de système solaire et, depuis le début de la guerre au Soudan, l'approvisionnement en carburant depuis le Tchad voisin est irrégulier.
« Ici, dans la ville principale, il y a beaucoup de travail pour nous. La population de Birao a considérablement augmenté en 2025. Auparavant, la ville comptait 14 000 habitants. Avec l'arrivée continue de réfugiés soudanais fuyant le conflit dans leur pays et d'une poignée de personnes déplacées par des conflits internes, sa population avait atteint 45 000 habitants en décembre 2025. Nous ne faisons aucune distinction. Même si les réfugiés soudanais disposent de leur propre centre médical sur leur site, chaque fois qu'un cas est envoyé à l'hôpital, un traitement est administré.
« En conclusion, quelle que soit la mauvaise qualité de nos routes, nous continuerons à œuvrer pour les femmes et les enfants de la région de Vakaga. Nous commençons à voir des progrès. L'année dernière, nous avons reçu un tricycle équipé d'un conteneur réfrigéré capable de transporter de grandes quantités de médicaments. Bien qu'il ne puisse pas être utilisé sur toutes les routes du département, un nouveau centre de santé est actuellement en construction à proximité. Une fois achevé, le tricycle sera un atout majeur pour assurer un approvisionnement régulier en médicaments essentiels pour les mères et les enfants.
« Ce travail exige certains sacrifices personnels, notamment celui d'être séparé de ses proches. Je suis originaire de cette région, mais ma famille vit dans un village situé à 125 kilomètres de Birao. Cela peut sembler peu, mais compte tenu de notre situation, c'est presque comme s'ils vivaient dans un autre pays. Cela me peine de ne pas pouvoir les voir très souvent, mais j'ai l'intention de les faire venir ici pour qu'ils vivent avec moi. »
À propos du programme soutenu par l'Union européenne
Birao est l'un des sept districts sanitaires sélectionnés pour bénéficier du projet financé par l'UE visant à renforcer le système national d'approvisionnement en médicaments essentiels : Bimbo, Boda, Bossangoa, Bangassou, Ouango-Gambo, Hautte Kotto. Géré par l'UNICEF en partenariat avec le ministère de la Santé et de la Population, il est mis en œuvre depuis février 2022 avec un investissement de 15,2 millions de dollars.