Les femmes au cœur du changement pour améliorer durablement la nutrition et la santé des enfants
En RCA, transformer l'hygiène et la santé par la sensibilisation de proximité
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Lors d’un atelier de formation communautaire soutenu par l’UNICEF en République centrafricaine, des femmes leaders issues de différentes communautés se sont réunies afin de renforcer leurs connaissances en matière de nutrition, de sante, d’hygiène, de genre et d’équité. Soutenue par le Gouvernement du Canada à travers l’UNICEF, cette formation visait à doter les participantes de compétences pratiques qu’elles pouvaient immédiatement appliquer et partager au sein de leurs communautés.
Pour Fané Mahamat, Présidente des femmes musulmanes du quartier Arabe à Dékoa, le message était clair et concret : « On ne peut pas sensibiliser la population à l’hygiène et à la propreté sans appliquer soi‑même ces pratiques au quotidien. »
Elle a ajouté : « Se laver régulièrement les mains contribue fortement à l’amélioration de la santé au sein de notre communauté. À mon retour à Dékoa, je vais réunir les autres femmes musulmanes de mon quartier afin de les sensibiliser aux bienfaits du lavage des mains et encourager l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène. »
L’atelier a mis en évidence les liens étroits entre les pratiques quotidiennes, l’accès équitable aux services et la santé des enfants. Les participantes ont échangé sur l’hygiène, la santé maternelle, la nutrition infantile ainsi que sur le rôle des femmes en tant que leaders communautaires et actrices du changement.
Pour Virginie Nguerinidji, Présidente de l’Organisation des Femmes Centrafricaines de la commune de Gala Fondo, la formation a permis d’approfondir sa compréhension du genre et de l’équité.
« Au cours de cette formation de deux jours organisés à Sibut sur le genre et l’équité, j’ai approfondi ma compréhension du concept de genre, qui consiste non seulement à distinguer l’homme et la femme, mais aussi à analyser les rapports de pouvoir qui existent entre eux. »
Elle a poursuivi : « Il est essentiel de traiter toutes les personnes de manière équitable, qu’elles soient peules, musulmanes, chrétiennes, en situation de handicap ou malvoyantes, que ce soit au travail, au marché ou à l’hôpital. Chacun mérite le même respect et les mêmes droits. Travailler ensemble dans un esprit d’équité et de solidarité contribue au renforcement de la paix et permet à chaque famille de mieux subvenir à ses besoins. »
Le projet ‘Vitamin A Supplementation in a New Age (VINA)’ (2023–2026) est une initiative de l’UNICEF visant 41 millions d’enfants dans 15 pays d’Afrique subsaharienne afin de réduire la mortalité infantile. Il vise à prévenir 17 000 décès par an en renforçant les systèmes de prestation de services de l’UNICEF et en autonomisant les femmes. Cette approche modernisée met l’accent sur une supplémentation durable, sensible au genre et à forte couverture.
À l’échelle de la RCA, entre 2023 et 2025, grâce au financement du Canada, l’UNICEF a apporté son appui technique et opérationnel au ministère de la Santé et de la Population, dans un contexte humanitaire et de développement marqué par de nombreux défis. Ce type d’engagement communautaire constitue un pilier essentiel du programme de nutrition pour l’UNICEF.
Au cours de cette période de trois ans, deux campagnes nationales de supplémentation en vitamine A ont été organisées chaque année, intégrées aux campagnes de vaccination. Des millions d’enfants âgés de 6 à 59 mois ont ainsi été atteints, avec une couverture nationale dépassant 90 % lors de la majorité des campagnes, malgré l’insécurité, les contraintes d’accès et les défis logistiques.
Une avancée majeure du programme a été l’extension de la supplémentation systématique en vitamine A à travers les structures de santé, passant de 554 formations sanitaires en 2024 à 737 formations sanitaires en 2025, couvrant ainsi l’ensemble du pays. Cette évolution a permis aux enfants d’accéder aux services tout au long de l’année, au‑delà des périodes de campagnes. En conséquence, le nombre d’enfants atteints par les services de routine est passé de 141 360 en 2024 à 256 699 en 2025.
L’engagement communautaire est resté au cœur de ces résultats. Les femmes leaders formées à travers les ateliers soutenus par l’UNICEF jouent un rôle essentiel pour encourager les familles à recourir aux services de santé, adopter de bonnes pratiques et suivre les conseils du personnel soignant.
« Grâce aux connaissances acquises, nous accompagnons davantage notre communauté à travers des conseils, en particulier auprès des femmes enceintes. Nous les orientons vers les structures de santé afin qu’elles puissent bénéficier de soins appropriés, leur permettant ainsi d’accoucher dans de bonnes conditions et en toute sécurité. », a déclaré Abiba Dida, Présidente des femmes musulmanes du quartier Siri.
Les ateliers ont également renforcé les liens entre nutrition, hygiène et survie de l’enfant.
« Nous avons appris comment enseigner aux enfants le lavage correct des mains, le nettoyage approprié des ongles, ainsi que les règles essentielles de propreté corporelle. Cette formation nous a permis de comprendre qu’une bonne hygiène corporelle est essentielle au maintien d’une bonne santé et contribue à un avenir meilleur pour nous et nos enfants. », a expliqué Mondjou Mbité Blanche de Dékoa.
Au niveau national, l’appui du Canada a permis de former des agents de santé, des leaders communautaires et des groupements de femmes dans les 35 districts sanitaires, de renforcer la planification sensible au genre et d’achever en 2025 la première analyse de genre en RCA pour la vaccination, la supplémentation en vitamine A et la santé de la reproduction. Les conclusions de cette analyse orientent désormais des approches plus inclusives, notamment une plus grande implication des hommes dans les décisions relatives à la santé des enfants et un appui renforcé au leadership féminin.
Pour des femmes comme Sali Blandine, leader communautaire à Ndjoukou, l’impact est déjà perceptible.
« Faute de moyens, certaines mères ont souvent tendance à minimiser la santé de leurs enfants, ce qui entraîne fréquemment des cas de malnutrition. En tant que femmes leaders, nous les sensibilisons à l’importance d’un suivi sanitaire régulier ainsi qu’à la nécessité d’une alimentation équilibrée pour les enfants. Notre groupement effectue également des suivis réguliers sur le terrain afin de s’assurer que les conseils et consignes donnés par le personnel soignant sont bien respectés. »
En ancrant le renforcement des systèmes nationaux dans le leadership communautaire, l’UNICEF et le Gouvernement du Canada contribuent à aider les familles de toute la République centrafricaine à protéger les enfants contre la malnutrition, améliorer les pratiques d’hygiène et bâtir des avenirs plus sains, grâce à des actions concrètes et à l’appropriation locale.