Les relais communautaires au cœur de la lutte contre la malnutrition
BHA, un acteur clé dans l'amélioration de l'état nutritionnel des enfants en RCA
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« Aider les enfants, c'est ma raison de vivre, » affirme Faustin Yakite, relais communautaire à Alindao.
Chaque mercredi matin, des mères, souvent épuisées, arrivent à l’Unité Nutritionnelle Thérapeutique Ambulatoire (UNTA) de l’hôpital d’Alindao avec leurs bébés, certains présentant les signes de malnutrition. Beaucoup d’entre elles font plus de 10 km à pied pour recevoir un traitement pour leurs enfants malnutris.
« La plupart des enfants admis à l'UNTA ont déjà surmonté la phase la plus critique de la malnutrition en hospitalisation à l'Unité Nutritionnelle Thérapeutique (UNT) à côté de la pédiatrie. Après une semaine ou deux de soins intensifs, ils sont transférés dans notre UNTA pour poursuivre leur rétablissement, » explique-t-il.
C'est le cas de Bintu, 7 mois, qui pourra bientôt rentrer chez elle à Bokolobo, à 60 km de l’UNTA, accompagnée de sa mère Faida. Grâce à la deuxième phase du traitement dispensée dans le centre de santé grâce au financement de l’UNICEF et du Bureau d’Assistance Humanitaire (BHA) de USAID, elle continuera à reprendre des forces.
Dans l’UNTA, Santine Abdoulaye, un autre relais communautaire, poursuit l'évaluation nutritionnelle des enfants. Elle distribue à chaque mère des sachets de Plumpy'nut en fonction du poids de leur enfant, un aliment thérapeutique prêt à l’emploi, riche en énergie, fourni par l'UNICEF grâce au soutien de BHA. Les mères reçoivent de même des kits d’hygiène.
« En plus du suivi médical, réalisé par les infirmiers secouristes, responsables des UNTA, nous distribuons des kits d'hygiène aux mères. C'est un petit geste qui a un grand impact. Cela les encourage à venir régulièrement à l'UNTA, sans avoir à se soucier de l'aspect pratique. De plus, ces kits favorisent les échanges entre les mères et brisent l'isolement, » dit Santine.
Les relais communautaires ne se contentent pas de distribuer des aliments thérapeutiques. Ils dépistent précocement les enfants dans la communauté, et réfèrent ceux qui répondent aux critères dans les UNTA ou UNT, ils sensibilisent les mères sur l'importance d'une bonne alimentation à travers les thématiques de sensibilisation à l’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE), effectuent des visites à domicile pour s'assurer que les traitements sont bien suivis et assurent la recherche active des absents pour les ramener dans les unités de prise en charge afin de réduire le taux d’abandon .
« La sensibilisation est au cœur de notre mission, » continue Faustin. « Nous visitons régulièrement les familles pour les informer sur les bonnes pratiques d'alimentation et d'hygiène. Je connais les 43 enfants que je suis actuellement, et je suis là pour répondre à toutes les questions de leurs mères. Nous partageons des conseils pratiques sur la préparation de repas nutritifs à base de produits locaux. Notre objectif est de les rendre autonomes afin qu'elles puissent prendre bien soin de leurs enfants à long terme, » ajoute-t-il.
« Sauver une vie, c'est le début. Mais pour garantir un avenir meilleur à ces enfants, nous devons les accompagner sur le long terme. C'est là tout le sens de notre mission en tant que relais communautaires, » conclut fièrement Faustin.