Béma, ville sentinelle de la riposte transfrontalière : UNICEF dans la mobilisation contre Ebola.
Aux portes de la RCA, communautés, autorités sanitaires et partenaires unissent leurs forces pour prévenir l’importation du virus et protéger chaque enfant.
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À une centaine de kilomètres de Bangassou, la commune de Béma est devenue un point stratégique de la prévention contre Ebola dans la région de Haut Oubangui. Située le long de l'Oubangui, juste en face de la République Démocratique du Congo où le virus a été détecté dans le Haut-Uélé, cette localité fait face à un risque élevé en raison du fort trafic sur le fleuve.
En République centrafricaine, quatorze districts sont aujourd'hui à risque d'importation du virus, et Béma qui fait face à la commune de Yakoma, se trouve en première ligne.
C’est dans ce contexte que la Région sanitaire de Haut Oubangui a organisé les 15 et 16 septembre 2026, une réunion transfrontalière à Béma pour faire le point sur la menace que représente Ebola des deux côtés du fleuve Oubangui. Côté RDC, l'Administrateur territorial de Yakoma, le maire, le Médecin-Chef de District et son équipe de surveillance étaient présents.
Côté centrafricain, la réunion a mobilisé le Sous-Préfet de Ouango, le maire de Béma, les Médecins-Chefs de Ouango-Gambo et de Bangassou, ainsi que des partenaires comme l'OMS, UNICEF, MSF, Catholic Relief Services et Caritas.
Ces assises visent à harmoniser les points d'entrée, les malades sous surveillance et les mécanismes de coordination, avant la signature d'un mémorandum d'accord entre les deux administrations.
L'UNICEF a joué un rôle essentiel lors de ces échanges. « Béma est une porte d’entrée potentielle du virus Ebola en Centrafrique. C'est pourquoi, le Directeur régional de la santé du Haut-Oubangui, a convié l’équipe de l’Unicef à prendre part à cette importante réunion pour mieux comprendre ce qui se fait de deux côtés et mieux intégrer dans la préparation » indique Thomas Nditar, Spécialiste des urgences à l'UNICEF.
Sur le terrain, cette action se traduit par des mesures concrètes. Au débarcadère de Béma, un poste de contrôle sanitaire équipé pour le lavage des mains et la prise de température a été installé avec le soutien de l'UNICEF. Tous les piroguiers et passagers y passent obligatoirement.
« C'est l'œuvre d'UNICEF », confirme Pierre Simbakole, Président des piroguiers de Béma, qui effectue plusieurs traversées chaque jour vers Yakoma. Avec ses collègues, il applique les consignes reçues lors d'une formation : contrôle systématique des passagers et isolement des cas suspects. Toutefois, du matériel manque encore pour sécuriser ce travail sur la durée.
Que UNICEF ne nous abandonne pas et renforce nos capacités pour barrer la route à l'avancée d'Ebola vers Béma.
La sensibilisation doit également s'étendre davantage aux communautés. Sur le marché local, Marina Daguia, 32 ans, vendeuse de viande boucanée, constate une baisse de ses ventes due aux rumeurs sur la maladie, mais elle avoue n'avoir « reçu aucune formation » directe. Ses rares informations proviennent de son église, où l'on recommande d'éviter de se serrer la main. Son cas rappelle l'importance d'informer directement les acteurs du commerce local et les marchés ruraux.
Pour répondre à cette priorité, les autorités sanitaires et leurs partenaires prévoient de déployer rapidement cette stratégie au niveau communautaire, en s'appuyant sur les relais locaux. Présent sur le plan institutionnel, logistique et communautaire, l'UNICEF entend poursuivre son soutien auprès des populations pour stopper la progression du virus dès la frontière.