Un meilleur départ dans la vie pour les nouveau-nés de Kayanza et Mukenke.
L'UNICEF s'engage à acquérir de nouvelles unités de néonatologie et des équipements de qualité pour les hôpitaux de Mukenke et Kayanza afin de renforcer la survie maternelle et néonatale
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Du centre de Muyinga où nous étions arrivés la veille, nous avons parcouru une heure et demie sur une route très poussiéreuse. Notre guide nous invita à le suivre dans un grand établissement ; nous étions à l’hôpital de district de Mukenke, localisé dans la commune de Bwambarangwe, province de Kirundo.
Après une courte discussion avec le directeur de l’hôpital, nous avons débuté une visite des différents services de santé. Notre attention est restée concentrée sur une salle contenant quatre lits. Sur chaque lit, trois bébés reposaient dans les bras de leurs mères. Ces dernières, encore empreintes de la fatigue et de l’émotion liées à un accouchement récent, veillaient avec tendresse sur leurs nouveau-nés. Ce tableau touchant illustre à la fois la fragilité et la force de la vie naissante dans ce service essentiel, où chaque instant compte pour assurer un départ sain aux tout-petits. Nous nous sommes rapprochés de Thérèse, une mère tenant son enfant : « Mon bébé est né ici. J’ai fait 25 km à pied de mon village à cause du manque de moyens de transport. C’est pour cela que la naissance a eu lieu dans des conditions difficiles. Mon enfant a été mis sous oxygène parce qu’il avait des problèmes respiratoires », nous a-t-elle confié.
La souffrance néonatale est une situation urgente qui survient lorsque le nouveau-né présente des signes de détresse à la naissance, souvent dus à un manque d’oxygène ou à des complications obstétricales. Sans intervention rapide, cette détresse peut entraîner de graves séquelles, voire la mort du bébé, des conséquences graves, tant pour la mère que pour le nouveau-né. Un traitement précoce et adapté est indispensable pour sauver des vies et limiter les séquelles à long terme. « Cela peut inclure des soins intensifs néonatals, de la réanimation, ou la prise en charge des infections, mais faute d’espace et d’équipement, ces cas sont souvent transférés vers des hôpitaux mieux équipés comme à Ngozi ou à Bujumbura », explique un infirmier en train de prodiguer des soins à un nouveau-né au fond de la salle. Cette situation souligne l’importance cruciale de renforcer les capacités locales pour garantir à chaque nouveau-né les meilleures chances de survie, quel que soit son lieu de naissance.
Le district de Mukenke compte 16 structures de santé, dont seul l’hôpital de district dispose actuellement d’un service de néonatalogie. Toutefois, ce centre fait face à plusieurs défis qui limitent sa capacité à assurer une prise en charge optimale des nouveau-nés, en plus des trois couveuses hors service. Parmi les contraintes identifiées figurent un manque de fournitures médicales essentielles. Ces difficultés techniques et matérielles rendent la gestion des cas de détresse néonatale particulièrement complexe. Le renforcement des équipements et des ressources humaines au sein du service néonatal de Mukenke permettrait d’améliorer significativement la qualité des soins offerts localement et de mieux répondre aux besoins croissants de la population.
Après notre passage à Mukenke, nous prenons la route vers Kayanza. Quand nous atteignons l’hôpital de district de Kayanza, Jérôme Nsabimana, le chef du service de néonatologie, nous accueille. Il nous guide vers une pièce où des femmes, accompagnées de leurs enfants, sont allongées sur des lits. Dans le couloir qui mène à la néonatologie, quelques mères allaitaient leurs bébés. « Lorsque les nourrissons sont en couveuse, leurs mères se rendent dans ce couloir pour venir les prendre et les allaiter ici. Notre service néonatal ne dispose pas d’une salle spécifique pour l’allaitement ; les prestataires y ont également leurs bureaux », explique le responsable du service. Dans ce service, cinq couveuses accueillent des nouveau-nés. Toutefois, au regard du nombre important de bébés nécessitant des soins à la naissance, ces équipements restent insuffisants.
En raison des ressources limitées, l’hôpital de Kayanza préconise et encourage l’adoption de la méthode « Mère Kangourou » en complément des couveuses, notamment pour les prématurés légers. Cette méthode consiste à placer le bébé nu, ou simplement vêtu d’une couche, en contact peau à peau sur la poitrine de la mère. Cette approche globale et efficace permet de prendre soin des nouveau-nés prématurés ou de faible poids à la naissance, favorisant à la fois leur santé physique et mentale, tout en renforçant le lien familial. « Mon bébé est posé sur ma poitrine nue pour maintenir sa température corporelle stable et assurer sa sécurité », confie une maman qui allaite son enfant dans la salle de néonatologie.
En somme, les services de néonatologie des hôpitaux des districts Kayanza et Mukenke ainsi que les autres structures qui composent ces districts font face à plusieurs défis majeurs. Parmi les plus préoccupants figurent le manque de lits, l’insuffisance du personnel soignant formé, ainsi que des difficultés d’accès aux soins, notamment pour les nouveaux nés prématurés ou en situation critique. À cela s’ajoutent des problèmes d’infrastructure, un déficit d’équipements adaptés et la persistance de risques de contamination, compromettant la qualité et la sécurité des prises en charge.
Les responsables hospitaliers espèrent qu’avec ces investissements, la qualité de l’offre de soins néonatals connaîtra une amélioration significative. Ils insistent toutefois sur la nécessité de renforcer les capacités du personnel, de garantir l’approvisionnement régulier en consommables médicaux, et d’assurer un financement durable pour répondre aux besoins de la population.
Grâce au financement du Comité national de l’UNICEF Suisse et de la République de Corée, les hôpitaux de Kayanza et de Mukenke seront dotés d’un ensemble complet d’équipements essentiels pour renforcer la qualité des soins néonatals. Cette dotation comprend entre autres : des incubateurs, des respirateurs, des moniteurs, des dispositifs de photothérapie, ainsi que des sondes d’alimentation, des systèmes de ventilation en pression positive continue, des ballons et masques de réanimation, des pompes à perfusion, des cathéters ombilicaux, des tentes à oxygène, des matelas adaptés, des sondes nasales, des tables de réanimation néonatale, des kits de réanimation médicale, des dispositifs d’aspiration manuelle, des mannequins d’entraînement, des supports pédagogiques, des brassards néonataux réutilisables et des capteurs de température.
« Nous sommes convaincus que des équipements de qualité, adaptés aux besoins spécifiques des nouveau-nés et du personnel soignant, permettront de garantir des soins de haute qualité et de favoriser un développement sain, au bénéfice de la santé maternelle et néonatale », a déclaré Dr Samson Minani, directeur de l’hôpital de district Mukenke.