Busuma : la lutte quotidienne des agents de santé communautaire contre les épidémies

Grâce à l'appui de l'UNICEF, avec le financement du Gouvernement de Navarre et de la Fondation Mastercard, les activités de recherche active des cas renforcent la vigilance sanitaire et la mobilisation communautaire parmi les réfugiés du site de Busuma.

Jean Gabriel Uwamahoro
Visite à domicile par des agents de santé communautaire en vue de collecter des données sanitaires et d'identifier des cas présentant des symptômes suspects.
@UNICEF/2026/J.G. Uwamahoro
15 mai 2026

Sous le soleil matinal de Busuma, les silhouettes en gilets bleus des agents de santé communautaire se distinguent dans les allées étroites du site des réfugiés congolais. Leur présence quotidienne est devenue un symbole d'espoir pour les milliers de familles réfugiées qui vivent dans cet environnement marqué par la précarité et les risques sanitaires.

Leur mission est essentielle : sensibiliser les communautés à la prévention et au recours précoce aux soins, promouvoir la détection précoce et la référence et renforcer le suivi afin de réduire les abandons, dans l'objectif global de prévenir, détecter et freiner rapidement la propagation des maladies épidémiques qui menacent constamment plus de 60 000 réfugiés.

Chaque matin, ces agents parcourent les abris, frappent aux portes et prennent le temps d'écouter les habitants. Ils observent les signes inhabituels, sensibilisent les familles aux bonnes pratiques d'hygiène et orientent rapidement les personnes malades vers les structures de soins adaptées. La surveillance de proximité est aujourd'hui l'un des moyens les plus efficaces pour empêcher la propagation de maladies telles que le choléra, la rougeole ou le mpox.

« Quand l'équipe est venue chez moi, j'avais déjà des symptômes inquiétants. Grâce à leur vigilance, j'ai été orientée immédiatement vers la clinique mobile. Les soins reçus rapidement m'ont probablement sauvé la vie », raconte Amina, réfugiée et mère de trois enfants. Comme elle, de nombreuses familles reconnaissent l'importance de cette intervention précoce qui permet de limiter les risques de contamination dans un contexte où la promiscuité favorise la propagation des maladies.

Les superviseurs des agents de santé communautaires en train de compiler les données collectées sur terrain auprès des ménages.
@UNICEF/2026/J.G. Uwamahoro Les superviseurs des agents de santé communautaires en train de compiler les données collectées sur terrain auprès des ménages.

Les agents de santé communautaire travaillent en étroite collaboration avec les cliniques mobiles déployées sur le site. Ces unités médicales assurent une prise en charge rapide des cas suspects avant leur transfert vers des structures hospitalières spécialisées. « Nous stabilisons les patients sur place avant de les transférer à l'hôpital Rema de Ruyigi. Chaque minute compte lorsqu'il s'agit de maladies épidémiques », explique Jean, agent de santé communautaire engagé sur le site de Busuma.

Au-delà des soins médicaux dispensés dans les cliniques mobiles, les campagnes de sensibilisation quotidiennes jouent un rôle déterminant. À travers des séances communautaires, des visites à domicile et des discussions avec les familles, les agents rappellent les gestes simples mais essentiels : se laver régulièrement les mains, signaler rapidement les symptômes suspects et maintenir les espaces de vie propres. « Chaque matin, nous savons que nous allons parcourir des dizaines de foyers. C'est épuisant, mais chaque cas suspect identifié est une victoire. Nous travaillons main dans la main avec les cliniques mobiles pour que personne ne soit laissée de côté », raconte un agent de santé communautaire.

Pour eux, cette mission va bien au-delà d'un simple travail. « Nous vivons au cœur de la communauté. Les gens nous font confiance parce qu'ils savent que nous sommes là pour les aider et les protéger », témoigne Clarisse, agente de santé communautaire. Malgré les difficultés, le manque de ressources et les longues journées passées sur le terrain, leur engagement demeure intact.

Un agent de santé communautaire rend visite à une famille pour recueillir des données sanitaires et identifier d'éventuels cas suspects dans les menages de Busuma.
@UNICEF/2026/J.G. Uwamahoro Un agent de santé communautaire rend visite à une famille pour recueillir des données sanitaires et identifier d'éventuels cas suspects dans les menages de Busuma.

Cette mobilisation communautaire contribue aujourd'hui à renforcer la résilience sanitaire sur le site de Busuma. Grâce à la rapidité des alertes, à la coordination avec les cliniques mobiles et à la sensibilisation permanente des habitants, les autorités sanitaires parviennent à limiter les risques d'épidémies majeures. Dans un contexte humanitaire souvent fragile, ces hommes et ces femmes incarnent un véritable pont entre les réfugiés et le système de santé.

« Sans eux, nous serions perdus. Quand mes enfants ont eu de la fièvre, j'ai paniqué. Les agents sont venus ; ils ont pris le temps de nous écouter et nous ont orientés vers la clinique mobile. Grâce à eux, mes enfants ont reçu des soins rapidement », confie Abdoul, père de famille réfugié à Busuma, que nous avons rencontré dans une clinique mobile sur le site.

À Busuma, chaque famille visitée, chaque conseil donné et chaque patient orienté représentent une chance supplémentaire de sauver des vies. Derrière leurs gilets bleus, les agents de santé communautaires portent bien plus qu'une mission médicale : ils apportent du réconfort, de la confiance et de l'espoir à toute une population confrontée à l'incertitude. Grâce à cette initiative communautaire financée par la Fondation Mastercard et le Gouvernement de Navarre, Busuma bénéficie d'une réponse agile et humaine, transformant chaque alerte en une intervention coordonnée et efficace.

Une femme réfugiée enceinte venue pour une consultance médicale dans une clinique mobile de Busuma.
@UNICEF/2026/J.G. Uwamahoro Une femme réfugiée enceinte venue pour une consultation médicale dans une clinique mobile de Busuma.