A Musenyi, une clinique mobile redonne espoir aux réfugiés congolais
Avec l'appui de l'UNICEF, sur financement de la Banque mondiale et en appui au gouvernement, la clinique rapproche les soins vitaux des réfugiés et redonne espoir aux familles.
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Sous une chaleur étouffante, la file d’attente s’allonge devant la clinique mobile de Musenyi. Chaque jour, entre 150 et 230 patients franchissent ses portes : réfugiés congolais et membres de la communauté hôte, à la recherche d’un soin, d’un soulagement, parfois d’une seconde chance.
Ici, au cœur d’un site où vivent des milliers de réfugiés ayant fui les violences qui ravagent l’est de la République démocratique du Congo, la santé est une urgence permanente : les enfants souffrent de paludisme ou de maladies respiratoires comme diarrhéiques ; les femmes enceintes ont besoin d’un suivi régulier ; les personnes âgées luttent contre l’hypertension ou le diabète. Pour beaucoup, chaque maladie est une épreuve supplémentaire dans un quotidien déjà marqué par l’exil.
Mais derrière les murs de cette clinique mobile aménagée en conteneurs, une équipe de médecins, d’infirmiers et de sage-femmes travaille sans relâche pour offrir des soins vitaux, humanisés et dignes aux réfugiés et aux communautés hôtes. « Nous recevons entre 150 et 230 patients par jour. Grâce à l’appui de l’UNICEF, nous pouvons poser un diagnostic précis grâce au laboratoire, fournir les médicaments nécessaires et référer les cas compliqués. Aujourd’hui, nous n’avons pas de rupture de médicaments », explique Dr. Régine, responsable de la clinique mobile.
Pour Sabena Mariam, l’importance de cette structure se mesure à travers l’histoire de son enfant. Quelques semaines auparavant, son fils avait contracté le paludisme. Au même moment, elle-même souffrait d’hypertension. « Mon enfant a été pris en charge ici pour le paludisme et j’ai également été soignée pour l’hypertension. Je salue vraiment cet appui, sans lequel des gens pourraient mourir », raconte-t-elle. Avant l’arrivée de la clinique, obtenir des soins signifiait parcourir de longues distances, parfois en pleine nuit. « C’était particulièrement difficile lorsqu’une personne tombait malade après le coucher du soleil », se souvient-elle.
A quelques mètres de là, assise sur un banc, un enfant sur les genoux, Zaidi Kwetemwami Judith, attend son tour devant la clinique mobile sur le site de Musenyi. Cette future mère connaît bien la clinique qu’elle fréquente régulièrement pour ses soins et ceux de son enfant. « Les services sont bons et nous avons beaucoup de chance de les avoir si près de chez nous. Avant, nous devions aller jusqu’à Musenyi 1 et cela nous était particulièrement difficile la nuit. »
Pourtant, les besoins restent importants. Comme beaucoup d’autres femmes enceintes, elle souhaiterait davantage de lits dans la maternité afin d’améliorer la prise en charge des accouchements.
Pour Jeanne Mangalewa, la clinique restera à jamais associée à l’un des jours les plus importants de sa vie. C’est ici qu’elle a donné naissance à son bébé. « J’ai été très bien accueillie. Tout s’est passé très vite. Avant, il fallait attendre des heures pour être consultée. Ici, c’est proche de chez nous et on vous reçoit en quelques minutes », raconte-t-elle avec un sourire.
Au-delà des consultations médicales, la prévention joue un rôle essentiel. Chaque jour, des relais communautaires parcourent les allées du camp pour sensibiliser les familles aux bonnes pratiques de santé. Oscar Okito est l’un d’eux. « Nous passons de maison en maison pour sensibiliser sur les violences basées sur le genre, le VIH, la malnutrition ainsi que la santé des femmes enceintes et allaitantes. » Selon lui, l’automédication demeure l’un des principaux défis. « Certaines personnes refusent les médicaments prescrits parce qu’ils sont différents de ceux qu’elles utilisaient auparavant et préfèrent acheter d’autres médicaments en pharmacie. Nous continuons à les sensibiliser aux dangers de l’automédication. » Leur travail, discret mais essentiel, aide à prévenir les maladies avant même qu’elles n’atteignent la clinique.
Mise en œuvre par Global Development Community Burundi (GDCB) avec l’appui de l’UNICEF et du ministère de la Santé publique grâce au financement de la Banque mondiale, la clinique est devenue une bouée de sauvetage pour les familles réfugiées. Depuis son ouverture, elle a permis de réaliser plus de 6100 consultations médicales, plus de 3 500 tests de dépistage du paludisme, près de 300 vaccinations, plusieurs accouchements sécurisés et des campagnes de sensibilisation à grande échelle.
Dans un contexte humanitaire complexe, où plus de vingt mille réfugiés tentent de reconstruire leur vie loin de chez eux, la clinique mobile de Musenyi est devenue bien plus qu’un centre de santé. Pour les mères qui accouchent en sécurité, pour les enfants qui guérissent du paludisme et pour les familles qui retrouvent l’espoir après avoir tout perdu, elle représente la promesse qu’aucune urgence médicale ne doit être affrontée seule.