À Busuma, des installations sanitaires pour plus de sécurité et de dignité
Grâce au financement du CERF, l’UNICEF et ses partenaires AIDE et COPED améliorent l’accès à des installations sanitaires et à des services d’hygiène plus sûrs et plus inclusifs sur le site de réfugiés de Busuma.
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Pour les familles contraintes de fuir leur foyer, l’assistance humanitaire ne se limite pas à la nourriture et à l’hébergement. L’accès à l’eau potable, à des installations sanitaires adéquates et à des services d’hygiène est tout aussi essentiel à la santé, à la protection et à la dignité.
Sur le site de réfugiés de Busuma, dans la province de Ruyigi, l’arrivée d’un grand nombre de personnes ayant fui l’est de la République démocratique du Congo a exercé une forte pression sur les infrastructures disponibles et les ressources naturelles environnantes. D’importants besoins subsistent, notamment en matière de latrines et de douches.
Durant la première phase de l’intervention d’urgence, les habitants du site utilisaient des latrines temporaires construites avec des planches de bois et des bâches. Bien que ces installations aient apporté une première réponse aux besoins les plus urgents, elles présentaient des limites en matière de durabilité, d’accessibilité et de protection, en particulier pour les enfants, les femmes et les filles, ainsi que pour les personnes en situation de handicap.
Un chef de quartier rencontré sur le site se réjouit de la construction de nouvelles latrines et de douches.
« En raison du nombre limité de latrines, certaines personnes étaient contraintes de déféquer aux alentours. Cela augmentait les risques de maladies, car l’environnement devenait insalubre », explique-t-il.
L’accès insuffisant aux installations sanitaires peut favoriser la défécation à l’air libre et accroître le risque de maladies diarrhéiques, notamment lorsque les matières fécales contaminent les sources d’eau. Durant la saison des pluies, les fortes précipitations et les eaux de ruissellement peuvent également aggraver l’érosion et approfondir les ravines présentes sur le site, ce qui accroît le risque de contamination des points d’eau utilisés pour boire et cuisiner.
L’accès aux installations sanitaires constitue également un enjeu de protection. Lorsque celles-ci sont éloignées, mal éclairées ou non séparées pour les femmes et les hommes, elles peuvent accentuer le sentiment d’insécurité et exposer les femmes et les filles à des risques accrus de protection, en particulier la nuit.
« Nous avions peur de sortir la nuit, car les toilettes étaient trop éloignées et il n’y avait pas d’éclairage », témoigne une adolescente résidant sur le site.
L'accès à des infrastructures sanitaires sûres est un droit humain fondamental. Il est crucial que les autorités locales et les partenaires humanitaires agissent rapidement pour garantir la sécurité, la dignité et la protection des femmes et des filles sur le site.
Pour assurer la durabilité de ces infrastructures, des comités d'hygiène ont été créés au sein du site de réfugiés. Chaque comité est composé du chef de quartier et de membres de ce quartier, femmes et hommes, qui se retrouvent chaque matin pour distribuer du matériel d'hygiène, tel que des seaux, des bidons, des balais et du savon.Des latrines et des douches séparées pour les femmes et les hommes ont désormais été construites dans différents quartiers de Busuma. Les blocs sanitaires sont équipés d’un système d’éclairage afin que les habitants puissent les utiliser dans de meilleures conditions de sécurité, y compris la nuit.
Afin de favoriser l’utilisation appropriée et l’entretien de ces infrastructures, des comités d’hygiène ont également été mis en place dans les différents quartiers du site. Chaque comité réunit le chef de quartier ainsi que des femmes et des hommes de la communauté. Leurs membres contribuent à l’organisation du nettoyage, à la gestion du matériel d’entretien et à la promotion de bonnes pratiques d’hygiène.
Les habitants interrogés sur le site expliquent que les nouvelles installations ont amélioré leur quotidien et leur permettent de satisfaire leurs besoins d’assainissement dans de meilleures conditions de sécurité et de dignité.
« Avant, je devais faire la queue chaque matin. Attendre, au milieu d’une foule, que les autres aient terminé d’utiliser les toilettes collectives était très difficile. Il arrivait même que des disputes éclatent autour d’un seau d’eau », raconte un membre d’un comité d’hygiène rencontré sur le site.
L’accessibilité des personnes en situation de handicap a également été prise en compte lors de la conception des nouvelles installations. Chaque bloc sanitaire comprend des latrines accessibles, équipées d’une rampe d’accès, de barres d’appui et d’un siège surélevé. Ces aménagements permettent aux personnes à mobilité réduite d’utiliser les installations de manière plus autonome.
« Avant, j’avais du mal à m’accroupir pour utiliser les toilettes. Maintenant, je peux les utiliser sans avoir besoin de l’aide de quelqu’un », souligne Rachid, un habitant du site de Busuma à mobilité réduite.
Grâce au financement du CERF, l’UNICEF, en collaboration avec ses partenaires de mise en œuvre AIDE et COPED, a soutenu la construction de 23 blocs sanitaires dans les zones A, B et C de Busuma. Chaque bloc comprend quatre cabines de latrines et deux cabines de douche. Trente blocs de latrines temporaires ont également été installés au cours de la première phase de l’intervention d’urgence.
Par ailleurs, du matériel d’hygiène a été distribué à 3 000 ménages, notamment des seaux, des bidons, du savon, des balais et d’autres articles essentiels.
Ces nouvelles infrastructures ont amélioré l’accès aux services d’assainissement et d’hygiène pour de nombreux habitants du site. Cependant, d’importants besoins subsistent. Des financements supplémentaires doivent être mobilisés pour construire davantage de blocs sanitaires et progresser vers le respect des normes humanitaires relatives au nombre, à l’accessibilité, à la séparation et à l’emplacement sûr des installations.
Pour les familles vivant à Busuma, ces investissements sont indispensables non seulement pour réduire les risques sanitaires, mais aussi pour permettre aux femmes, aux hommes et aux enfants, y compris aux personnes en situation de handicap, de satisfaire leurs besoins essentiels dans des conditions de sécurité et de dignité.