Entre urgence et espoir : l’hôpital Rema au cœur de la réponse humanitaire
Grâce au soutien du Fonds humanitaire thématique mondial, du Gouvernement de Navarre, de la Banque mondiale et de Mastercard, UNICEF renforce la prise en charge et le référencement des cas critiques vers l’hôpital Rema, au bénéfice des réfugiés congolais
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Avec l’arrivée d’un grand nombre de réfugiés congolais, les services de santé de la province de Ruyigi sont sous forte pression. Bien que les partenaires humanitaires, dont l’Organisation mondiale de la Santé, le HCR et Médecins Sans Frontières, aient installé des cliniques mobiles sur le site de Busuma, certains patients ont besoin de soins qui ne peuvent pas être assurés sur place.
Les cas les plus critiques doivent alors être transférés vers des structures sanitaires dotées d’équipements et de services spécialisés. Situé au centre de Ruyigi, l’hôpital Rema est l’une des structures qui accueillent ces patients.
À l’entrée de l’hôpital, l’activité est intense. Une ambulance se gare devant le service des urgences. Un membre du personnel se dirige rapidement vers le véhicule, tandis que l’équipe médicale prépare un brancard. Chaque minute compte.
« Il s’agit d’une femme sur le point d’accoucher dont la grossesse présente des complications. En raison de l’insuffisance des équipements disponibles sur le site de Busuma, elle a été transférée ici en urgence », explique une infirmière en préparant son matériel de consultation.
Afin de faire face à cette pression humanitaire, un mécanisme structuré de référencement médical a été mis en place au sein de l’hôpital Rema. Plusieurs services essentiels ont été renforcés, notamment grâce à l’amélioration des équipements et à la mobilisation de personnel supplémentaire. Ce dispositif établit un lien essentiel entre les services de santé disponibles sur le site de Busuma et les soins spécialisés proposés à l’hôpital.
Le service de gynécologie dispose désormais d’appareils d’échographie permettant d’assurer le suivi des grossesses à risque, de détecter plus rapidement certaines complications et de contribuer à la réduction des risques de mortalité maternelle et néonatale.
Dans les couloirs de l’hôpital, le soulagement se lit sur certains visages, notamment celui de Salima, une réfugiée transférée en urgence.
« Je ne parvenais plus à dormir tellement j’avais mal. Après m’avoir prise en charge pendant toute une nuit, les médecins de la clinique mobile ont recommandé mon transfert vers cet hôpital. Ici, le personnel médical a pu stabiliser mon état et soulager mes douleurs », raconte-t-elle.
Cette capacité de prise en charge est également renforcée par un laboratoire doté de matériel biomédical permettant d’effectuer des analyses et d’orienter plus rapidement le traitement des patients.
« Grâce aux équipements disponibles, les pathologies peuvent être diagnostiquées plus rapidement. Cela facilite le traitement et l’orientation des patients avant que leur état ne s’aggrave », explique un infirmier du laboratoire.
Le renforcement de l’unité de néonatologie constitue une autre composante importante de l’appui apporté à l’hôpital. L’unité dispose d’incubateurs fonctionnels pour la prise en charge des nouveau-nés prématurés, ainsi que d’un espace consacré à la méthode « Mère Kangourou ». Celle-ci favorise le contact peau à peau entre la mère et son bébé, particulièrement important pour les nouveau-nés prématurés ou de faible poids à la naissance.
Susane, une jeune mère, regarde son bébé avec émotion.
« J’avais perdu tout espoir que mon fils survive. Dès mon admission, les médecins m’ont rassurée. Je suis très heureuse que mon enfant ait été sauvé et que son état de santé s’améliore chaque jour », confie-t-elle.
Les responsables de l’hôpital veillent également à assurer la continuité des services. Du bloc opératoire aux urgences, la qualité de la prise en charge dépend notamment de la disponibilité des médicaments et des autres produits essentiels.
La pharmacie de l’hôpital fait ainsi l’objet d’un suivi régulier afin de répondre aux besoins des patients accueillis en urgence.
« Nos stocks de produits pharmaceutiques sont surveillés de près. Il nous arrive d’accueillir des patients venant du site de Busuma ou des localités environnantes dans un état critique. Les produits disponibles en pharmacie nous permettent de stabiliser leur état et de commencer immédiatement leur prise en charge », explique la directrice de l’hôpital Rema.
Grâce au soutien financier du Fonds humanitaire thématique mondial, du Gouvernement de Navarre, de la Banque mondiale et de Mastercard, l’UNICEF, appuie le ministère de la Santé publique dans le renforcement des équipements, des services et des compétences du personnel médical.
Cet appui contribue à assurer aux populations vulnérables, réfugiés comme membres des communautés locales ,un accès gratuit et continu à des soins essentiels, y compris en contexte de crise humanitaire.
À l’hôpital Rema, chaque transfert effectué à temps, chaque diagnostic posé rapidement et chaque nouveau-né pris en charge rappellent l’importance d’un système de référencement fonctionnel. Pour les familles de Busuma et de Ruyigi, ce dispositif représente bien plus qu’un simple parcours entre deux structures de santé : il constitue un accès essentiel à des soins capables de sauver des vies.