Un foyer et de l’espoir pour les enfants réfugiés seuls
L’UNICEF prend en charge les enfants non accompagnés ayant fui seuls les conflits armés en République démocratique du Congo, en les plaçant dans des familles d’accueil afin de les protéger et de leur offrir un environnement favorable à leur développement.
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« Quand on m’a proposé de m’occuper d’un enfant seul, je n’ai pas hésité une seconde. Je suis moi-même mère, alors je me mets naturellement à la place de ses parents, qui doivent être dévorés par l’inquiétude. Je fais tout pour qu’il se sente chez lui. Je l’élève comme s’il était mon propre enfant », confie Adèle Isenga Jeannette, mère de trois enfants. Elle est aujourd’hui tutrice d’un petit garçon de 9 ans, un enfant réfugié non accompagné qu’elle a accepté d’accueillir dans sa famille. Ce type de situation, de plus en plus fréquent, préoccupe vivement l’UNICEF qui, en collaboration avec son partenaire de mise en œuvre, Social Action for Development (SAD), a mis en place un programme spécifique pour assurer la prise en charge de ces enfants particulièrement vulnérables.
Sous les tentes du site de réfugiés de Musenyi, à plus de 200 km de la frontière congolaise, les cris d’enfants résonnent. Des cris d’enfance, de jeux, mais aussi parfois de douleur étouffée. Ici, des centaines d’enfants ont fui seuls, séparés de leurs familles dans le chaos de la guerre qui ravage l’est de la République démocratique du Congo.
Ils sont entre 450 et 500, selon les chiffres de SAD sur le terrain. Ce sont des enfants « non accompagnés » ou « séparés » : des mots techniques qui dissimulent des réalités déchirantes ; la traversée précipitée d’une frontière, la rivière Rusizi franchie à la nage, l'angoisse de ne pas savoir où sont maman ou papa.
Face à cette tragédie humaine, une initiative de solidarité s’organise. À l'appel de SAD, des familles congolaises également réfugiées se portent volontaires pour accueillir ces enfants. C’est un programme structuré : les familles candidates reçoivent des formations sur les droits de l’enfant, le bien-être et la protection, avant même de pouvoir ouvrir leur maison, et surtout leur cœur, à ces jeunes réfugiés.
Parmi ces enfants, il y a Malipo Uliba, 12 ans, originaire de Katogota, au Sud-Kivu. Son regard est profond, sa voix posée. « En fuyant, j’ai traversé la Rusizi à la nage. C’était la nuit. J’étais avec d’autres enfants. Une fois arrivé à Rugombo, j’ai été repéré par les agents de SAD. Ils m’ont placé dans une famille qui m’a accueilli comme un fils. Je vais à l’école, je mange tous les jours. J’ai ce dont j’ai besoin pour le moment. »
L’histoire de Malipo n’est qu’une parmi tant d’autres. Chaque enfant a sa version du chaos, son propre récit d’exil, parfois murmuré, parfois encore bloqué derrière des silences d’enfant.
Sur le terrain, le travail de SAD ne s’arrête pas au placement. Fidèle Bindisha, coordinateur humanitaire de l’organisation, insiste sur le suivi régulier : « Dans le site de Musenyi, nous avons identifié plusieurs dizaines de familles d’accueil. Nos équipes effectuent des visites hebdomadaires pour s’assurer que les enfants sont bien traités, qu’ils n’ont pas de besoins non satisfaits ou de problèmes de sécurité. La protection de l’enfance est notre priorité. »
La guerre déchire, mais l’humanité, elle, recoud doucement les fils brisés. Dans cette crise de l’est du Congo, des gestes de compassion écrivent une autre histoire : celle de familles qui n’ont pas grand-chose, mais qui partagent tout. Celle d’enfants qui, malgré l’horreur, retrouvent des repères. Même au milieu de la guerre, il reste un espace pour la dignité, la tendresse, et surtout, l’espoir.