Briser le silence pour accéder à la justice

Avec l’appui de l’UNICEF, Terre des Hommes renforce le rôle des comités de protection de l’enfant dans la prévention et la lutte contre les violences faites aux enfants.

UNICEF Burundi
Une survivante en train de raconter comment elle a été assistée par les membres du comité de protection de l'enfant.
@UNICEF Burundi/2026/Wide Communications
08 juillet 2026

Au Burundi, les comités de protection de l’enfant jouent un rôle essentiel dans l’identification des enfants en danger, l’orientation des enfants et de leur famille vers les services appropriés, ainsi que leur accompagnement sur le chemin de la protection, de la justice et de la reconstruction. L’histoire de Marie Rose et de Consolée illustre comment cet engagement communautaire peut transformer la vie des enfants ayant survécu à des violences.

Un dimanche matin, alors qu’elle se rend à l’église, Marie Rose est contactée en urgence par le chef de colline et un agent de santé communautaire : plusieurs jeunes filles viennent d’être victimes de violences sexuelles. En sa qualité de présidente du comité de protection de l’enfance de sa communauté, elle sait qu’elle doit intervenir immédiatement, car chaque minute compte.

Les formations organisées dans le cadre du projet UMWIZERO, grâce au financement du Comité allemand pour l’UNICEF et mises en œuvre par Terre des Hommes, ont considérablement renforcé les capacités de Marie Rose et des autres membres du comité.

« Grâce à ces formations, les membres de notre comité ont acquis les connaissances et les compétences nécessaires pour identifier les situations de protection de l’enfant, accompagner les enfants concernés et leur famille, et les orienter vers les services appropriés. Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’intervenir plus efficacement face aux situations de violence », explique Marie Rose.

Marie Rose, présidente du Comité de protection de l'enfant.
@UNICEF Burundi/2026/Wide Communications Marie Rose, présidente du Comité de protection de l'enfant.

L’importance de cette mobilisation communautaire apparaît clairement dans le parcours de Consolée, dont les deux filles, âgées de 11 et 7 ans, ont été victimes de violences sexuelles.

Dès que les faits sont révélés, Consolée contacte l’agent de santé communautaire, les autorités locales et la présidente du comité de protection de l’enfant. Les enfants sont rapidement orientées vers un centre de santé, où elles reçoivent des soins et sont soumises à des examens médicaux qui permettent de documenter les violences et d’étayer l’ouverture d’une procédure judiciaire.

Peu après, la famille est cependant confrontée aux intimidations et aux pressions exercées par certains membres de la communauté, qui tentent de discréditer la parole des enfants.

Face à cette situation, Marie Rose oriente Consolée et ses filles vers Terre des Hommes afin qu’elles bénéficient d’un accompagnement spécialisé.

« L’accompagnement de Terre des Hommes a été déterminant. La manière dont leurs équipes ont écouté mes filles et notre famille a constitué le premier pas vers notre reconstruction. Elles nous ont également fourni l’assistance juridique nécessaire, notamment en mettant à notre disposition un avocat chargé de défendre les intérêts de mes filles », témoigne Consolée.

Consolée, mère de deux fillettes survivantes de violences sexuelles.
@UNICEF Burundi/2026/Wide Communications Consolée, mère de deux fillettes survivantes de violences sexuelles.

Au-delà de l’assistance juridique, les équipes de Terre des Hommes assurent une prise en charge intégrée comprenant un soutien psychosocial, un accompagnement lors des audiences, la prise en charge des frais médicaux et de déplacement, ainsi qu’un appui répondant aux besoins essentiels de la famille. Cet accompagnement permet aux enfants et à leur mère de poursuivre les démarches judiciaires malgré les pressions considérables auxquelles ils sont confrontés.

À l’issue du procès, l’auteur des faits est reconnu coupable et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Pour Consolée, cette décision représente bien plus qu’une simple condamnation.

« La prise en charge psychosociale dont mes filles ont bénéficié a constitué le socle de leur reconstruction. Sans le soutien indéfectible de Terre des Hommes, je crains que l’issue n’ait été tragique », confie-t-elle.

Pour Marie Rose, cette affaire marque également un tournant au sein de la communauté.

« Cette affaire a profondément changé les perceptions au sein de notre communauté. Elle a montré que les violences sexuelles commises à l'encontre des enfants ne resteraient plus impunies. Aujourd’hui, les habitants savent que de tels actes peuvent donner lieu à des poursuites judiciaires et à une condamnation », explique-t-elle.

Les expériences de Marie Rose et de Consolée montrent que des comités de protection de l’enfant renforcés sont mieux à même de protéger les enfants exposés à des situations de vulnérabilité et de restaurer la confiance des familles dans les mécanismes de protection. Cette affaire a également contribué à rassurer d’autres familles confrontées à des situations similaires. « Nous avons compris que nous n’étions plus seuls », ont confié plusieurs membres de la communauté.

Grâce au financement du Comité allemand pour l’UNICEF, le projet UMWIZERO aide les comités de protection de l’enfant à veiller à ce que les enfants ayant survécu à des violences ne soient plus laissés seuls, mais accompagnés sur le chemin de la protection, de la justice et de la reconstruction.

 

*Les noms ont été modifiés afin de protéger l’identité des enfants et de leur famille.