Promouvoir l'intégration du genre et l'inclusion dans les soins de santé primaires et la vaccination

L'UNICEF a organisé un atelier de formation en faveur des prestataires de soins afin de les aider à améliorer leurs services de santé primaires et la vaccination en prenant en compte les enjeux de genre et d'inclusion.

Landry Gaël
Elizabeth Anne Stones/ Chef SBC & Genre à l'UNICEF, est en train de faire une présentation sur les questions de genre.
@UNICEF Burundi/2024/L. G. Nihorimbere
12 décembre 2024

L’accès à la santé, l’équité et l’égalité de genre fait partie intégrante du développement durable d'un pays. Il faut savoir que les hommes et les femmes, les garçons et les filles, les personnes vivant avec le handicap, les autres catégories de groupes vulnérables sont affectées différemment et rencontrent des difficultés différentiées à accéder aux soins de santé primaires y compris la vaccination. Les normes de genre restrictives attribuant des rôles de soins des enfants plus aux femmes qu’aux hommes et empêchant les hommes à jouer pleinement leur rôle de père exacerbent ces inégalités.

Une étude menée par l'UNICEF en 2024, portant sur l'accès à la vaccination, a mis en évidence que les stéréotypes et les normes socioculturelles liées au genre constituaient des obstacles importants. Cela signifie que les attentes et les rôles assignés aux hommes et aux femmes dans la société peuvent influencer l'accès des individus aux vaccins, créant des inégalités.

C'est dans ce contexte que l'UNICEF, avec le soutien financier du Gender Mainstreaming Group (GMG) du programme d’éradication de Polio, a organisé, du 9 au 12 décembre, une formation en faveur des prestataires de soins de santé des districts de Ngozi, Kiremba et Buye, en collaboration avec le ministère de la santé publique et de la lutte contre le SIDA.

Cette formation visait à améliorer la qualité des soins, tout en intégrant des pratiques plus inclusives et sensibles aux questions de genre.

La formation, qui s'est tenue dans un contexte marqué par les problèmes d'accessibilité pour les personnes en situation d’handicap et les inégalités de genre dans les structures de soins, a eu un impact significatif sur les participants.

« Dans notre CDS, nous n'avions pas prévu de mesures spécifiques pour accueillir les personnes handicapées. Mais, grâce à cette formation, j'ai pris conscience de l'importance d'adopter des pratiques plus inclusives. Désormais, je vais prendre en compte la question de l'accessibilité dans mon travail quotidien. Je vais proposer cette question lors de nos réunions avec la hiérarchie au niveau du CDS », affirme Rosette Bizimana, infirmière au Centre de Santé (CDS) Mwungere.  

Les participants en train de faire un jeu de conscientisation sur l’importance de l’inclusion.
@UNICEF Burundi/2024/L. G. Nihorimbere Les participants en train de faire un jeu de conscientisation sur l’importance de l’inclusion.
Travaux en groupe des participants.
@UNICEF Burundi/2024/L. G. Nihorimbere Travaux en groupe des participants.

Cette formation a également permis aux participants de réaliser la nécessité d'intégrer l'aspect genre dans les soins de santé primaires, y compris la vaccination ; car beaucoup de prestataires de soins ont reconnu qu’ils n’avaient pas une compréhension suffisante des enjeux liés au genre. Ce qui pouvait entraver l’accès des femmes, des filles, et des enfants aux soins. 

« Imaginez une situation où une femme se rend au centre de santé, constate qu'aucune infirmière n'est disponible, et préfère rentrer chez elle sans se faire soigner surtout lorsque la consultation nécessiterait le toucher vaginale (PF, CPON) ; craignant d’être traitée par un prestataire homme. Ce défi met en évidence le problème lié à la parité de genre au sein de structures sanitaires ; d’où la nécessité d‘assurer la représentativité homme-femme dans les services sanitaires », explique Samson Nizumuremyi, infirmier au CDS Rukeco.

Lors des échanges, il est apparu que la plupart des prestataires de soins n'avaient pas d’information sur les barrières socioculturelles affectant l’accès aux soins de santé primaire et la vaccination, mais qu’ils agissaient plutôt par ignorance. Cette prise de conscience a permis de faire évoluer les mentalités, et tous les participants ont promis de changer leurs pratiques et d'améliorer l'accueil et la prestation tenant en compte des besoins spécifiques de chaque patient dans leurs établissements de santé.

La formation a été fortement appréciée par les prestataires de soins qui témoignent que les connaissances acquises permettront une efficacité au travail, une avancée vers la transformation des mentalités, et l’amélioration de la qualité de soins pour tous, sans distinction du genre, du handicap ou d’autres différences socioculturelles.