Des bancs‑pupitres pour un apprentissage digne: un engagement collectif pour l'éducation au Burundi
Le 23 avril, à l’École fondamentale de Karurama, l’UNICEF et l’Agence française de développement ont remis des bancs‑pupitres au ministère de l’Éducation, dans le cadre des projets Komeza Wige et Twige Neza, financés par ECW, le GPE et l’AFD
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Sous un soleil déjà haut, la cour de l’Ecole fondamentale de Karurama a pris des allures de grand jour. Élèves, enseignants et autorités se sont retrouvés le 23 avril pour acter un engagement simple: que plus aucun enfant n’apprenne assis à même le sol.
La cérémonie a réuni le ministre de l’Education nationale et de la Recherche scientifique, l’Ambassadrice de la Délégation de l’Union européenne au Burundi et chef de file des partenaires au développement pour l’éducation, la Directrice de l’AFD, ainsi que la Représentante de l’UNICEF au Burundi. Au premier rang, les élèves ont immédiatement donné sens à l’évènement, en prenant place sur le nouveau mobilier.
Des messages forts sur l’amélioration des conditions d’apprentissage et la dignité des élèves
Prenant la parole, la Représentante de l’UNICEF au Burundi, Madame France Bégin, a inscrit la remise dans l’objectif nationale : « zéro enfant mal assis à l’école ». « Disposer de bancs‑pupitres adaptés permet aux enfants de s’asseoir dans la dignité, de mieux se concentrer et de participer activement en classe », a‑t‑elle déclaré, en rappelant le lien direct entre conditions matérielles, qualité des apprentissages et réussite scolaire.
Au total, 15 893 bancs‑pupitres ont été fabriqués et livrés dans 116 écoles fondamentales des provinces de Bujumbura, Burunga, Buhumuza et Butanyerera, au bénéfice de plus de 31 000 élèves. À l’école fondamentale Kagwema I, par exemple, l’établissement ne disposait que de 48 bancs‑pupitres pour 1 398 élèves. Il a reçu 270 nouveaux équipements, permettant ainsi de désengorger les salles de classe et d’améliorer le confort des enfants.
Une métamorphose attendue dans les écoles à forte pression d’effectifs
A Karurama I et II, qui scolarisent plus de 5 000 élèves, ces bancs‑pupitres constituent une réponse immédiate à la pression des effectifs et aux équipements insuffisants.
La directrice provinciale de l’éducation de Bujumbura (DPE) a, de son côté, alerté sur l’urgence des besoins. « L’appui arrive à point nommé. L’insuffisance des bancs‑pupitres, des salles de classe et des infrastructures sanitaires affecte non seulement la qualité des apprentissages, mais aussi la dignité et la santé de nos enfants », a-t-elle souligné.
Pour l’Union européenne, chef de file des partenaires au développement pour l’éducation, l’enjeu est aussi d’assurer l’efficacité de l’ensemble des investissements du secteur. « Les bancs‑pupitres sont une condition de base pour que tous les autres investissements éducatifs soient efficaces », a déclaré l’Ambassadrice de la Délégation de l’Union européenne, Madame Elisabetta Pietrobon. Elle a également indiqué qu’un environnement scolaire digne et fonctionnel contribue aussi à limiter le décrochage scolaire, en particulier chez les filles et les élèves les plus vulnérables.
La Directrice de l’Agence Française de Développement (AFD), Madame Celine Demagny, a replacé la remise symbolique dans un effort plus large d’amélioration des conditions d’accueil à l’école. Dans le cadre du projet soutenu conjointement par le GPE et l’AFD, avec l’appui technique de l’UNICEF, 497 salles de classe, ont été construites et équipées, offrant à environ 25 000 élèves un environnement plus sûr. « Chaque banc‑pupitre installé rend la classe plus accueillante, plus équitable et plus propice à l’apprentissage », a-t-elle souligné.
Moment clé de la cérémonie : l’intervention du ministre de l’Éducation Nationale et de la Recherche Scientifique, Prof. Francois Havyarimana. Il a réaffirmé la volonté politique de mettre fin définitivement aux situations d’élèves assis à même le sol. Saluant l’engagement des partenaires, il a insisté sur le lien entre conditions d’apprentissage et développement du pays : « Améliorer les conditions d’apprentissage, c’est investir dans le capital humain et préparer la Vision Burundi 2040‑2060 ». Le Ministre a rappelé la mise en place un fonds national de 18 milliards de francs burundais, destinés aux communes pour la fabrication de bancs-pupitres, et a appelé les autorités locales à accélérer les efforts d’ici la prochaine rentrée scolaire.
Un dernier message a été adressé aux élèves, aux enseignants et aux communautés : préserver le mobilier et maintenir les écoles propres. La durabilité de l’investissement dépend aussi de cette appropriation au quotidien.
À Karurama comme à Kagwema, ces bancs pupitres traduisent un pas concret vers une école plus équitable et, pour des milliers d’enfants, la promesse d’apprendre enfin dans la dignité.