Créer, entreprendre, se relever : des filles vulnérables se construisent un avenir plus sûr

Avec l’appui du Comité National Allemand, l’UNICEF, en partenariat avec l’ONG Terre des Hommes, soutient les filles à risque et survivantes de violences pour reconstruire leur vie à travers des activités génératrices de revenus.

Jean Gabriel Uwamahoro
L'équipe de coiffeurs devant leur salon financé par l'UNICEF en partenariat avec l'ONG Terre des Hommes.
@UNICEF Burundi/2025/J.G. Uwamahoro
18 juillet 2025

À Ngozi, au nord du Burundi, l’espoir se construit dans le concret. Ici, l'ONG Terre des Hommes (TDH), avec le soutien de l’UNICEF, met en œuvre un projet ambitieux : accompagner des filles vulnérables, à risque et survivantes de violences, à se reconstruire grâce à un paquet complet de protection, incluant la réinsertion socio-professionnelle. Formées à différents métiers et à l’entrepreneuriat, elles soumettent des projets générateurs de revenus, financés une fois validés.

À Mivo, un des quartiers de la commune de Ngozi, 11 filles ont monté un salon de coiffure après avoir été formées. Dans le salon, nous rencontrons Aisha, en train de coiffer une cliente.
« Au moins une fois par semaine, je viens dans ce salon pour me faire coiffer. J’aime ses coupes et elle travaille de manière professionnelle », témoigne une cliente en désignant Anifa.

Anifa, mère célibataire et survivante d’agression sexuelle, confie :
« Avant, je ne me sentais pas à ma place chez moi ; j’avais l’impression d’être une intruse dans ma propre famille. Avec un enfant à charge, je devais me débrouiller seule pour lui offrir tout ce dont il a besoin pour grandir. »

Grâce aux formations en entrepreneuriat et en coiffure qu’elles ont reçues, ces jeunes filles ont développé un plan d’affaires validé, leur permettant de recevoir un fonds de démarrage. Aujourd’hui, elles gèrent l’activité en binômes, à tour de rôle chaque semaine.

Anifa en train de coiffer une cliente dans un salon qu’elle tient avec d’autres filles formées en métier de coiffeuse.
@UNICEF Burundi/2025/J.G. Uwamahoro Anifa en train de coiffer une cliente dans un salon qu’elle tient avec d’autres filles formées en métier de coiffeuse.

« J’ai appris ce métier de coiffeuse avec une grande détermination. Je n’avais qu’un objectif : devenir libre, indépendante financièrement, et tracer ma propre voie », confie Mélissa, associée au salon de coiffure.

Avec un revenu mensuel de plus de 700 000 BIF, elles prévoient d’agrandir leur salon grâce à un prêt auprès d’une institution de microfinance, où elles gèrent déjà leurs finances.

Pour Vanessa, une des associées : « Quand je ne suis pas de service au salon, je vends des légumes juste devant. Ce petit commerce complète mes revenus. »

À Kanyami, un quartier populaire de Ngozi, quatre autres adolescentes ont lancé une cafétéria. Comme leurs consœurs, elles ont bénéficié d’une formation, ont élaboré un projet, et obtenu deux millions de francs burundais pour démarrer. Les quatre filles n’ont pas pu achever leur parcours scolaire, pour diverses raisons.

Emelyne, l’une des associées de la cafétéria, témoigne : « Ma famille vit dans la pauvreté. C’est pourquoi j’ai quitté l’école à 12 ans et demi. Ma tante, qui s’occupait de moi, me faisait travailler durement, et je mangeais à peine. Grâce à ce petit commerce, je peux désormais me nourrir et m’habiller décemment. »

Des adolescentes en train servir da qui tiennent une cafeteria au quartier Kanyami, de la commune et province Ngozi.
@UNICEF Burundi/2025/J.G. Uwamahoro Des adolescentes en train servir da qui tiennent une cafeteria au quartier Kanyami, de la commune et province Ngozi.

Au-delà du soutien économique, ce projet, soutenu par le Comité National de l’UNICEF Allemagne, joue également un rôle social majeur : faire évoluer les mentalités, réduire la stigmatisation et permettre aux survivantes de violences de retrouver leur place dans la communauté.

À ce jour, 58 filles ont été formées, 52 projets sont en cours, et d’autres attendent un financement.
À Ngozi, les filles vulnérables bénéficiaires du projet s’organisent, entreprennent, gèrent, épargnent et surtout… se relèvent.