L'initiative safe school à Wendou
L'école en danger
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"Un matin, j'étais à l'école et des hommes armés sont arrivés sur des motos. Ils ont dit que s'ils trouvaient des enseignants dans l'école, ils les tueraient. Ils ont brûlé les maisons, les écoles et même les cahiers. Ils ont tué beaucoup de gens. Depuis ces attaques, je ne peux plus dormir la nuit".
Trois ans après avoir quitté son village dans le département d'Arbinda, au Sahel, Ibra reste traumatisé par cette journée. Il est l'un des 60 pour cent d'enfants parmi les 1,2 million de personnes déplacées au Burkina Faso. A 13 ans, ce frêle petit garçon au visage d'ange est en CM2 dans l'école de Wendou. Avec ses camarades de classe, ils font ce matin des exercices de mathématiques. Les visages sont souriants, l'ambiance est plutôt détendue.
Soudain, Hamidou, son professeur, donne un coup de sifflet : les élèves éteignent les lumières, ferment les fenêtres et les portes, puis se réfugient sous les tables. Tout cela en une fraction de seconde. Pendant cinq minutes, la classe est plongée dans un silence assourdissant. Un second coup de sifflet signale que la situation est sous contrôle et que les cours peuvent reprendre. Cette véritable démonstration de cohésion de groupe est en fait un exercice de mise à l'abri en cas d'attaque dans l'école.
L'une des élèves, Aminata, âgée de 15 ans, qui a également quitté son village avec sa famille pour se réfugier à Dori, a expliqué : "Cet exercice est destiné à nous protéger du danger. Tout le monde dans la classe le comprend".
Les attaques contre les écoles ont créé un sentiment de peur qui a entraîné le retrait de nombreux enfants de leurs écoles, ainsi que des répercussions psychosociales durables sur les élèves. Les enseignants de l'école de Wendou ont été formés pour traiter les cas d'élèves souffrant de troubles légers de stress post-traumatique.
Mais pour les cas graves, les enseignants les signalent aux défenseurs et aux partenaires comme l'UNICEF pour un soutien supplémentaire. "Nous voyons des enfants qui arrivent avec de graves traumatismes. Ils font des cauchemars et sont incapables de dormir pendant des mois. Certains ont encore des séquelles et sursautent dès qu'ils entendent le bruit d'une moto. Ces enfants sont suivis par des spécialistes qui font un travail remarquable pour en sauver beaucoup", explique Hamidou Maïga, enseignant de CM2 à l'école de Wendou.
L'UNICEF remercie sincèrement le King Salman Humanitarian Aid and Relief Centre(KS Relief) pour sa généreuse contribution financière en faveur des enfants du Burkina Faso.
Grâce à ce fonds, le projet "Safe Schools" a permis de répondre aux besoins d'éducation et de protection de 11.600 enfants (6.000 filles) affectés par le conflit armé dans la région Centre-Nord. Le projet a également garanti l'accès à l'éducation à 10.000 enfants (5.200 filles) âgés de 3 à 17 ans vivant dans des communautés affectées par le conflit et a renforcé l'environnement protecteur de 2.000 enfants (1.000 filles) dans les communautés affectées par le conflit.