« Une école où l’élève sort le Bac dans le sac, et un métier dans les mains »
Grâce aux fonds japonais, 26 collèges d’enseignement général et de formation technique et professionnelle ont été construits et équipés depuis 2022, pour accueillir plus de 50 000 apprenants en 15 ans.
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« Avant, il y’avait un vrai problème.
Beaucoup de nos parents, grands frères et sœurs
sortaient avec le BEPC ou le Bac, mais restaient assis au quartier sans travail.
Ils avaient les idées dans la tête mais leurs mains ne savaient rien fabriquer.
En même temps, le pays cherchait des maçons, des électriciens,
des personnes pour réparer les motos, et ils n’en trouvaient pas.
Alors, on a dit Stop !
Il faut une école où l’élève sort avec deux forces :
Il a le Bac dans son sac et un métier dans ses mains.
Il peut choisir d’aller à l’université ou d’ouvrir son atelier.
La porte n’est jamais fermée. »
Elle est pleine de sens la partie du slam qu’a déclamée Astride Sam Ketsia avec ses deux camarades lors de l’inauguration des huit collèges d’enseignement général et de formation technique et professionnelle. L’école d’Astride, l’un des nouveaux collèges, a accueilli la cérémonie officielle.
Astride Sam Ketsia,12 ans, a déjà fait son choix de vie : devenir médecin pour soigner des malades. Elle est également heureuse que ces amies puissent, elles aussi, suivre des filières souvent réservées aux hommes.
« J’aime les maths, SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) parce que je veux devenir docteur pour aider les personnes malades. Mais j’ai des amies qui veulent faire la mécanique parce qu’il n’y a pas beaucoup de femmes qui font la mécanique. Elles veulent faire l’électricité aussi » dit-elle, souriante.
Astride va à au collège Koumdagnonré dans les périphéries de Ouagadougou la capitale burkinabè. Elle a visité la salle informatique nouvellement installée, avec des ordinateurs flambant neufs. La salle est propre, climatisée, optimisant les conditions de travail. Seul une trentaine de filles et garçons y suivront les cours. Son rêve d’une école qui prépare à des métiers d’avenir est devenue réalité.
« L’école de Koumdagnonré est une bonne école. Les enseignements sont bons. C’est une école où les élèves ont la chance de faire la technique. Les élèves peuvent apprendre à manipuler les ordinateurs, faire l’électricité, la mécanique, à construire des bâtiments », souligne-t-elle, déterminée.
Le gouvernement du Burkina Faso, l’UNICEF et l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) ont inauguré le 19 mai 2026, cinq collèges d’enseignement général et trois collèges polyvalents d’enseignement général et de formation techniques et professionnels. Les huit collèges pourront servir environ 10 000 élèves les 15 prochaines années. Deux des collèges se situent dans les communes de Ouagadougou et de Koubri dans la région de Kadiogo et les six autres, dans les communes de Bingo, Ramongo et Koudougou, dans la région de Nando.
Au Burkina Faso, quelque 42% des enfants d’âge scolaire ne sont pas à l’école, et plus de 60% des enfants n’achèvent pas le post primaire à cause, entre autres, du manque d’infrastructures éducatives et d’équipements. Les huit nouveaux collèges inaugurés en 2026 s’ajoutent aux 18 établissements déjà achevés en 2023 dans les régions du Kadiogo et du Nazinon, le tout sur un financement du Japon de plus de 21,6 millions de dollars US (3,4 milliards de yens japonais).
« Ces investissements représentent l’un des grains de sable essentiels à l’amélioration de l’offre éducative et à la création d’un environnement d’apprentissage sécurisé, inclusif et stimulant. L’éducation est un pilier important de la coopération avec le Burkina Faso et je puis vous assurer de la disponibilité du Japon à accompagner le Burkina Faso dans ses efforts de développement », a déclaré Son Excellence NAGASHIMA Jun, ambassadeur du Japon au Burkina Faso.
Les infrastructures éducatives sont équipées de matériel moderne de formation, de mobilier scolaire adéquat et de salles informatiques. Elles sont également dotées de postes d’eau autonomes (PEA), d’ouvrages d’assainissement inclusifs, séparés pour filles et garçons. Tous les collèges sont implantés dans les enceintes d’écoles primaires, facilitant ainsi le passage des apprenants du primaire vers le post primaire.
La construction de collèges modernes répond à des critères d’optimisation de l’éducation post-primaire fixés par le gouvernement. Au Burkina Faso, seul cinq pour cent des jeunes âgés de 16 à 35 ans bénéficient de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. L’ambition nationale est de porter la proportion à 60 pour cent d’ici à 2050.
Dans son discours inaugural, Emile Zerbo, Ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale, a rappelé la vision stratégique du gouvernement : « Cette offre éducative n'est plus une alternative, mais une nécessité absolue pour la consolidation de notre croissance et de notre souveraineté économique. »
Les 26 collèges comprennent 26 blocs administratifs, 152 salles de classe, 114 latrines, 8 postes d’eau autonomes (PEA) et 19 terrains de sport aménagés, et permettront à 50 000 enfants, dont 50 % de filles, d’en bénéficier au cours des 15 prochaines années.
Le collège Koumdagnonré abrite la filière de génie civil, alors que d’autres collèges portent le génie électrique ou mécanique. Avec les collèges dotés en matériel de laboratoire, d’équipements informatiques et techniques, les adolescents et les jeunes ont la possibilité de suivre des filières débouchant sur des métiers d’avenir.
« Dans un contexte marqué par l’insuffisance d’infrastructures scolaires, la pression démographique et les effets de la crise sécuritaire, investir dans l’éducation est non seulement une nécessité, mais une urgence. Je remercie le peuple japonais pour le financement de ces collèges d’enseignement général, et de formation technique et professionnelle au profit de milliers d’enfants et d’adolescents au Burkina Faso », déclare Abdoulaye Seye, Représentant adjoint de l’UNICEF.
Au total, 234 enseignants et 780 membres des communautés ont été formés à l’utilisation des équipements techniques, à la gestion participative et à l’adaptation au changement climatique, pour une éducation de qualité pour les enfants du Burkina Faso.