L’UNICEF lance un appel de fonds à finalité humanitaire
Click to close the emergency alert banner.

De déplacée à première de la classe : le parcours inspirant d’Adjara

Adjara, une fille déplacée de 11 ans, a reçu un kit scolaire à Dédougou, au Burkina Faso.

Ndiaga Seck
11-year-old displaced girl Adjara has received a school kit ibn Dedougou, Burkina Faso.
UNICEF/2025/Adamo
08 juin 2026

Adjara a affiché un large sourire qui lui a mangé tout le visage quand on lui a présenté le kit scolaire. La fillette de 11 ans n’a pas pu cacher tout le bonheur qu’elle a ressenti. Elle s’est enfin dit qu’elle a maintenant tout ce qu’il lui faut pour entamer l’année scolaire.

« J’ai reçu un kit contenant des cahiers, des stylos, du matériel de géométrie, un paquet de crayons.  Je suis très contente de l’UNICEF », dit-elle.

A son jeune âge, Adjara a déjà traversé des jours insupportables. Elle n’avait que huit ans quand son père a été tué lors d’une attaque armée contre son village natal de Bladi, situé à dans le sud-ouest de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Elle et ses trois frères et sœurs ont fait 20 kilomètres pour rejoindre Dédougou, la capitale régionale de Bankui où vit son oncle paternel. 

Edmondine Rakotoherisoa, spécialiste de l'éducation de l'UNICEF, examine le nouveau sac d’ Adjara à Dédougou, Burkina Faso.
UNICEF/2025/Adamou Edmondine Rakotoherisoa, spécialiste de l'éducation de l'UNICEF, examine le nouveau sac d’ Adjara à Dédougou, Burkina Faso.

« En 2023, j’ai reçu sept enfants, trois enfants de mon grand frère, et quatre enfants de ma petite sœur. Souvent, on n’a pas assez à manger. Parfois tu sors depuis le matin et tu rentres à 20 heures et si les enfants n’ont pas mangé, tu dois ressortir. Ce n’est pas simple mais le ministère de l’Action humanitaire nous aide avec des sacs de riz », relate Oumarou Sidibé, l’oncle de Adjara.

Selon les chiffres de mars 2023, plus de 2 millions de personnes sont déplacées au Burkina Faso, dont plus 50% d’enfants. La commune de Dédougou a accueilli plus de 22.000 personnes déplacées, et les besoins des enfants sont énormes. En plus des besoins en nourriture, Sidibé doit trouver une place dans une des écoles primaires de la ville pour Adjara et les autres enfants.

 « Quand Adjara est arrivée, je suis allée à l’école Camp A, il n’y a pas de place. Je suis allé à l’Ecole Mondassou A, et le directeur me dit qu’il n’y a pas de place. Je lui dis qu’il faut essuyer mes larmes. J’ai quatre enfants à caser. Finalement, on l’a acceptée dans une classe de 128 élèves », rappelle Sidibé.

Adjara, une fille déplacée de 11 ans, montre son kit scolaire à son oncle Oumarou Sidibe à Dédougou, Burkina Faso.
UNICEF/2025/Adamou Adjara, une fille déplacée de 11 ans, montre son kit scolaire à son oncle Oumarou Sidibe à Dédougou, Burkina Faso.

Maintenant, Oncle Sidibé doit trouver des fournitures scolaires. Alors, le kit qu’a reçu Adjara a l’école est une bouffée pour lui car il est déjà submergé par les dépenses en ce début d’année scolaire. « Quand elle m’a montré le kit scolaire, c’était un ouf de soulagement. Je dois payer des kits scolaires à huit enfants. Pas plus tard qu’hier soir, j’ai dépensé plus de 42.000 CFA (environ 75 USD) pour ses grandes sœurs, sans compter ses petits frères ».

La crise sécuritaire a fortement affecté l’éducation au Burkina Faso. En 2025, l’UNICEF a distribué 123 000 kits scolaires aux enfants déplacés et vulnérables dans neuf des régions du Burkina Faso les plus affectées par les défis sécuritaires, grâce au financement de Education sans délai, et d’autres importants donateurs.

« Avec la campagne de la rentrée scolaire, l’UNICEF accompagne le ministère de l’Education en distribuant des kits scolaires, en sensibilisant les communautés pour le retour des enfants à l’école, mais surtout pour donner le sourire aux enfants qui sont en difficulté dans les zones en situation d’urgence », souligne Edmondine Rakotoherisoa, Spécialiste de l’éducation à l’UNICEF.

Adjara, une fille déplacée de 11 ans, rentre de l’école à vélo à Dédougou, Burkina Faso
UNICEF/2025/Adamou Adjara, une fille déplacée de 11 ans, rentre de l’école à vélo à Dédougou, Burkina Faso

Alors qu’elle est une enfant déplacée, Adjara est sortie première de sa classe l’année dernière. Cette année, avec l’appui que l’UNICEF lui a donné pour bien poursuivre son éducation, elle pourra empocher son premier diplôme, celui de fin d’études primaires.  Car Adjara a déjà en tête un rêve qui lui est cher et elle ne ménage aucun effort à son jeune âge pour le réaliser.

« Je veux devenir enseignante pour aider les enfants à lire et à écrire. Quand je vais en classe, je suis au tableau et j’écoute bien ce que dit le maitre.  A mon retour à la maison, je salue maman et papa, et je prends mes cahiers pour apprendre mes leçons ». 

La jeune fille déplacée Adjara, 11 ans, fait ses devoirs chez son oncle à Dédoudou, Burkina Faso.
UNICEF/2025/Adamou La jeune fille déplacée Adjara, 11 ans, fait ses devoirs chez son oncle à Dédoudou, Burkina Faso.

En 2024, plus de 635 000 enfants, dont 255 000 filles, ont bénéficié d'activités d'éducation d'urgence au Burkina Faso. Plus de 196 000 enfants, dont 43 % de filles scolarisées en préscolaire, primaire et post-primaire, ont reçu des kits scolaires et 167 000, dont 87 000 filles en âge scolaire, ont été inscrits dans des Écoles Amies des Enfants de Qualité (EQAmE) afin d'améliorer l'accès et la rétention des enfants à l'école.

Afin d’aider des enfants comme Adjara réalisent leur rêve, l’UNICEF a besoin d’appui au Burkina Faso. La crise perdure, les besoins augmentent alors que les ressources s’amenuisent. Des milliers d’enfants sont affectés et leurs droits à l’éducation, à la protection ou à la sante sont bafoués. Une prise en charge holistique et conséquente est nécessaire afin de permettre aux enfants de surmonter l’urgence et prétendre à un avenir radieux.