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Chaque flacon compte pour protéger les enfants

En Afrique de l’Ouest et du Centre, la gestion des vaccins joue un rôle essentiel dans les campagnes de vaccination contre la poliomyélite

UNICEF
Un vaccin oral administré à un bébé
UNICEF/UN0901354/Félix Vigné
23 octobre 2026

Pour une famille, la vaccination contre la poliomyélite, plus communément appelée polio, ne prend que quelques secondes. Un vaccinateur administre quelques gouttes à un enfant avant de poursuivre sa tournée. 

Derrière ce geste très simple se cache pourtant toute une chaîne d’approvisionnement, de conservation et de suivi des vaccins. 

Pendant les quelques jours que dure une campagne, il faut prévoir suffisamment de doses, les acheminer jusqu’aux équipes de vaccination, les conserver à la bonne température et suivre leur utilisation au fur et à mesure. 

Les campagnes de vaccination contre la polio se déroulent généralement sur trois jours, souvent suivis de deux jours de ratissage pour retrouver les enfants qui n’ont pas pu être vaccinés lors du premier passage. Dans un calendrier aussi serré, une rupture de vaccins, même temporaire, peut ralentir les équipes et laisser certains enfants sans vaccination.

Des vaccins placés dans un porte vaccins
UNICEF/UN0888562/Condé
Un briefing avant le lancement d'une journée de vaccination
UNICEF/UN0888554/Condé

Chaque journée de campagne commence bien avant l’arrivée des vaccinateurs auprès des familles. 

Le matin, les équipes récupèrent les flacons dont elles auront besoin avant de les placer dans des porte-vaccins ou des glacières, afin de les conserver à la température requise pendant leurs déplacements. 

Cette chaîne du froid doit être maintenue depuis le stockage des vaccins jusqu’à leur utilisation. Chambres froides, réfrigérateurs, glacières, porte-vaccins, blocs réfrigérants et dispositifs de contrôle de la température permettent de préserver leur efficacité tout au long de leur parcours. 

Les vaccinateurs peuvent alors partir à la rencontre des familles, de maison en maison, dans les quartiers et les villages, en parcourant parfois de longues distances pour atteindre les communautés les plus éloignées. 

Mais pour que les vaccins soient disponibles au bon endroit et au bon moment, le travail a commencé bien plus tôt. 

Aux côtés des gouvernements et des partenaires de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, l’UNICEF contribue à estimer les besoins, à assurer l’approvisionnement en vaccins et à organiser leur distribution jusqu’aux zones où ils seront utilisés.

Une équipe de vaccination qui traverse un petit pont en bois
UNICEF/UN0907390/Benekire

Même avec une préparation minutieuse, les besoins peuvent évoluer une fois la campagne lancée. 

Une équipe peut rencontrer davantage d’enfants que prévu dans une zone, tandis qu’une autre utilise moins de doses. Les informations qui remontent du terrain permettent alors d’adapter rapidement la distribution. 

Lorsqu’une équipe commence à manquer de vaccins, des doses peuvent être acheminées depuis un autre point. Au niveau des districts, des régions et du pays, des outils de suivi permettent de suivre les stocks, les consommations et les éventuelles difficultés au fur et à mesure de la campagne afin d’organiser ces ajustements. 

Le suivi ne s’arrête pas lorsque les vaccinateurs terminent leur tournée. 

À leur retour, les flacons sont rapportés au point de distribution. Ceux qui n’ont pas été ouverts et qui peuvent encore être utilisés sont replacés dans les réfrigérateurs. Les flacons ouverts, partiellement utilisés ou devenus inutilisables sont conservés en attendant leur destruction à la fin de la campagne. 

L’objectif est de pouvoir suivre chaque flacon, depuis son arrivée à son utilisation. Savoir où se trouvent les vaccins, combien ont été utilisés et combien ont été rapportés permet de mieux gérer les stocks, de limiter les pertes et de garantir une utilisation rigoureuse de chaque dose.

Remise de vaccins dans un centre de santé
UNICEF/UN0908752/Keïta
Des sachets contenant des flacons de vaccin
UNICEF/UN0908745/Keïta

Dans la région de Mopti, au Mali, Fatoutama Néné Cissé participe directement à ce travail. 

Infirmière, elle a assuré le rôle de monitrice des flacons pendant la dernière campagne de vaccination en août 2026. 

Chaque soir, elle enregistre d’abord sur papier, puis dans une application sur son téléphone mobile, les flacons distribués aux vaccinateurs et ceux qu’ils rapportent après leur tournée. Pleins, entamés, vides ou abîmés : tous doivent être comptabilisés. 

« Le suivi des flacons permet de connaître avec précision le nombre de doses utilisées, d’éviter les pertes ou les ruptures de stock et de s’assurer que chaque vaccin est utilisé de manière appropriée », explique Fatoutama Néné Cissé. 

Ce travail de suivi permet aussi aux équipes de vaccination de disposer des vaccins dont elles ont besoin au bon moment. 

« Les équipes peuvent se concentrer davantage sur leur mission auprès des communautés. Pour les enfants, cela signifie une meilleure disponibilité des vaccins et une plus grande efficacité de la campagne », ajoute-t-elle.

Une vaccinatrice administre un vacicn oral à un enfant
NICEF/UNI787530/Mulala
Un flacon de vaccin
UNICEF/UNI787698/Mulala

Le travail réalisé par Fatoutama au Mali s’inscrit dans une chaîne beaucoup plus vaste.  

De 2024 à 2026, l’UNICEF a géré l’achat et la distribution d’environ 1,5 milliard de doses de vaccins contre la polio pour les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ce travail est rendu possible grâce au généreux soutien de donateurs engagés tels que le Canada, l’Allemagne, le KSrelief, le Japon, le Rotary, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (US CDC), ainsi que les partenaires de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite.

Lorsqu’une flambée de polio survient, cette organisation doit pouvoir se mettre en place rapidement pour permettre le lancement de campagnes à grande échelle.  

En République démocratique du Congo, plus de 10 000 moniteurs de flacons travaillent aux côtés de 500 superviseurs pendant les campagnes nationales, pour aider les équipes à suivre chaque flacon et à faire en sorte que les vaccins soient disponibles là où ils sont nécessaires. 

« Chaque goutte compte pour protéger les enfants », explique Madeleine, une vaccinatrice de la province du Tanganyika. 

Pour les familles, une vaccination contre la polio ne dure que quelques secondes. Mais avant que ces quelques gouttes atteignent un enfant, chaque flacon a déjà parcouru une longue chaîne. 

Une chaîne largement invisible, mais essentielle pour que les vaccins soient disponibles là où les enfants en ont besoin.