"Redonner le sourire à un enfant est notre meilleure récompense"
Le soutien du Royaume-Uni a permis à l'UNICEF de traiter près de 72 000 enfants malnutris au cours du premier semestre au Niger
GUIDAN ROUMDJI (Maradi, Niger), 12 août 2021 - Des mères et leurs enfants souffrant d'émaciation font la queue au centre de récupération nutritionnelle de l'hôpital Guidan Roumdji dans le centre du Niger. Ils venaient des villages environnants, certains d'entre eux parcouraient des kilomètres pour amener leurs enfants aux soins immédiats.
"Mon enfant a commencé à arrêter de manger. Elle a eu la diarrhée. Son état s'est rapidement détérioré. C'est pourquoi nous sommes venus ici. Elle a déjà reçu des soins et prend des aliments thérapeutiques" raconte Saadatou, maman d'Hasana, 2 ans et demi. "Son état s'est amélioré depuis. Heureusement, nous sommes arrivés ici à temps".
Souleymane Hamani Zada est le superviseur du centre de récupération nutritionnelle de l'hôpital de district de Guidan Roumdji.
"Le nombre d'enfants souffrant de malnutrition aiguë a considérablement augmenté. Comme chaque année, nous entrons à nouveau dans la saison des pics, couplée à la période du paludisme. De nombreux enfants, déjà souffrant d'émaciation, arrivent ici avec d'autres maladies", raconte-t-il.
"Heureusement, nos équipes ont été renforcées pour que les enfants souffrant d'émaciation sévère avec complications médicales reçoivent des soins de qualité. Nous sommes plus d'une vingtaine de médecins et d'infirmières dans ce centre à travailler - jour et nuit - pour aider ces familles", explique-t-il.
Grâce au soutien du Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth (FCDO) du Royaume-Uni et de l'aide humanitaire de l'Union européenne (ECHO), l'hôpital de district de Guidan Roumdji fait partie de ceux de la région où les capacités en ressources humaines ont été renforcées.
"Nous disposons désormais des intrants nutritionnels nécessaires - qu'il s'agisse d'aliments thérapeutiques prêts à l'emploi ou de lait thérapeutique - et le personnel a été formé à la prise en charge des enfants depuis l'admission jusqu'à leur sortie", explique-t-il. "Comparé aux années précédentes, le système de soins s'est considérablement amélioré et je peux dire que nous sommes prêts à affronter la période de pic".
Au cours du seul premier semestre de cette année (janvier à juin 2021), un total de 179 222 enfants souffrant d'émaciation sévère ont été admis pour traitement au Niger, dont 20 745 avec complications médicales.
"Presque tous les enfants qui ont été admis dans cet hôpital ont pu se rétablir. C'est ce qui nous rend fiers. Redonner le sourire à un enfant est notre meilleure récompense", a déclaré Souleymane.
À l'échelle nationale, le programme de traitement a continué à bien fonctionner, dépassant les normes mondiales en matière de taux de récupération (>75 %), de décès (<10 %) et d'abandon (<15 %). Le taux de récupération était de 92,2 %, le taux de décès de 0,8 % et le taux de défaillance de 4,7 %.
Pour remédier aux goulots d'étranglement associés à la gestion de la chaîne d'approvisionnement en nutrition, l'UNICEF a renforcé les capacités de ses homologues gouvernementaux, formé 432 membres du personnel du gouvernement à la gestion des stocks et assuré une augmentation de la capacité des stocks, ainsi que la fourniture d'un soutien logistique aux directions régionales pour soutenir la supervision et le transport des fournitures vers les établissements de santé dans tout le pays.
Le soutien du Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth du Royaume-Uni a permis à l'UNICEF de traiter près de 72 000 enfants souffrant d'émaciation sévère au cours du premier semestre, ce qui représente 40 % du nombre total d'enfants admis pour traitement dans tout le pays.