L'importance de lois fortes et de partisans masculins

Au Niger, la Journée nationale de la femme nigérienne, célébrée le 13 mai, a son propre statut à côté de la Journée internationale de la femme.

UNICEF Niger
Ramatou Hassan in her home in Tahoua, Niger.
Islamane Abdou Soumaila
08 mars 2022

Le 13 mai 1991, des femmes de tous horizons sont descendues dans les rues de Niamey et ont lutté pour leurs droits politiques et leur inclusion. Un an plus tard, le 13 mai a été déclaré fête nationale. Cette date est considérée par beaucoup comme un tournant dans la participation à la vie publique des femmes au Niger et dans la modernisation des lois en leur faveur.

« Des lois fortes sont importantes, ainsi que leur application », a expliqué Ramatou Hassan, une fonctionnaire à la retraite de la région de Tahoua, au Niger, qui se rappelle comment elle et ses amies ont suivi de près les événements dans la capitale nigérienne et comment la marche des femmes a eu des répercussions dans tout le pays.

Mme Hassan organise régulièrement des séances dans les écoles, où elle sensibilise les élèves à leurs droits et aux différentes formes de violence à l'encontre des enfants, en s'appuyant sur ses années d'expérience au sein de la direction régionale de l'éducation de Tahoua.

« Nous devons profiter de journées comme la Journée internationale de la femme et la Journée nationale de la femme nigérienne pour nous rassembler et faire connaître nos droits !  »

Ramatou Hassan

« Une fois que les lois et leur application sont en vigueur, nous devons sensibiliser les jeunes et les moins jeunes pour qu'ils connaissent la loi et brisent le silence. S'ils ne savent pas qu'un certain comportement est un crime, ils ne peuvent pas le dénoncer et protéger les enfants », a-t-elle déclaré.

Ms. Hassan with a leaflet stands in front of group of women sitting on the ground during a sensitization session in front of her her home.
Islamane Abdou Soumaila

Mme Hassan est bien connue dans son quartier. Une douzaine de femmes sont assises sous un arbre à l'entrée de sa maison, attendant l'une de ses séances de sensibilisation sur la nutrition saine de l'enfant, l'hygiène, la gestion de la santé menstruelle ou les droits de l'enfant, qu'elle organise régulièrement le samedi.

Empêcher un mariage d'enfant d'avoir lieu

Toutes les filles et tous les garçons ont droit à une enfance où ils peuvent jouer, se reposer et être protégés du danger, des abus et de l'exploitation. Mais pour des milliers d'enfants au Niger, l'enfance est écourtée par le mariage. L'UNICEF estime qu'environ 3 jeunes filles sur 4 ont été mariées avant l'âge de 18 ans, et 1 sur 4 avant l'âge de 15 ans.

Le code civil du pays fixe l'âge minimum du mariage à 16 ans pour les femmes et à 18 ans pour les hommes. Cependant, les mariages à des âges inférieurs restent fréquents, la plupart du temps avec une fille mineure.

« Ces exemples montrent que nous, les femmes, ne sommes pas seules à agir : nous avons avec nous des hommes qui nous soutiennent ! »

« Mes propres enfants m'ont dit qu'une fille de 12 ans de leur école devait être mariée », se souvient Mme Hassan. Elle est allée parler au chef de quartier, un homme, qui a immédiatement essayé de vérifier la rumeur qui s'est avérée vraie.

« Le père de la fille a alors été convoqué par un officier de police, également un homme, qui lui a expliqué que le mariage des enfants est interdit et qu'il irait en prison, s'il mariait sa fille à cet âge. Le mariage a été annulé. »

Mme Hassan ajoute : « Ces exemples montrent que nous, les femmes, ne sommes pas seules à agir : nous avons avec nous des hommes qui nous soutiennent ! Nous devons profiter de journées comme la Journée internationale de la femme du 8 mars et la Journée nationale de la femme nigérienne du 13 mai pour nous rassembler et faire connaître nos droits ! »