Du cash pour soutenir l’éducation des filles dans un contexte de crise

Mabrouka est l’une des heureuses bénéficiaires du cash transfert dans le cadre du Projet REVE, REduire la Vulnérabilité du système Educatif.

Islamane Abdou
Mabrouka
UNICEF Niger/Islamane
11 septembre 2023

Dans une chambre aux équipements rudimentaires, Mabarouka range ses habits sur une table qui leur sert de placard avec sa petite sœur, les deux filles d’une famille de huit enfants. Orpheline de père, la situation précaire de Mabarouka ne l’empêche pourtant pas d’exceller à l’école. Elle est la première de sa classe de sixième, au CEG 2 de Mayayi, cette commune rurale située à une heure et demie de route de Maradi. « Mon papa est décédé il y a un an de cela, c’est ma maman qui s’occupe de nous et elle n’a pas toujours les moyens pour m’acheter les fournitures scolaires et la ténue, mais j’obtiens toujours les meilleures notes. J’ai eu une moyenne de 18,5/20 aux dernières compositions, faisant de moi la première de ma classe » nous dit la petite avec fierté.

Du cash pour soutenir l’éducation des filles dans un contexte de crise
UNICEF Niger/Islamane

Mabrouka est l’une des heureuses bénéficiaires du cash transfert dans le cadre du Projet REVE, REduire la Vulnérabilité du système Educatif. C’est un projet conduit par l’UNICEF avec l’appui financier du Partenariat Mondial pour Education (PME). A cet effet, 3000 jeunes filles de la première année du secondaire général ont bénéficié d’un appui financier de 20 000 Fcfa par mois, soit 180 000 Fcfa couvrant les 9 mois de l’année académique.

 « C’est grâce à cet argent que ma maman a pu m’acheter des fournitures scolaires supplémentaires, me coudre la tenue scolaire et même à me donner un peu d’argent pour la récréation » affirme-t-elle fièrement.

 Du cash pour soutenir l’éducation des filles dans un contexte de crise
Du cash pour soutenir l’éducation des filles dans un contexte de crise

Pour Ousseina, mère de huit enfants, devenue par la force des choses, cheffe du foyer, les choses n’ont pas été toujours aussi difficiles : « Lorsque leur papa était en vie, il subvenait à nos besoins. Depuis son décès, nous peinons même à trouver de quoi manger. Cet argent m’a beaucoup soulagé en m’aidant à subvenir aux besoins scolaires de Mabrouka. », confie la maman de Mabarouka, pour qui l’école est le meilleur moyen de sortir de la pauvreté. « Sept de mes enfants vont à l’école et je compte m’investir pour qu’ils poursuivent leurs études, réussir et nous soutenir ».

Mabrouka est l’une des heureuses bénéficiaires du cash transfert dans le cadre du Projet REVE, REduire la Vulnérabilité du système Educatif.
UNICEF Niger/Islamane

Interrogé sur la pertinence du cash transfert, Monsieur Moussa Amani, Directeur du CEG 2 de Mayahi déclare ceci « Cet argent a contribué à maintenir beaucoup de filles à l’école. Elles peuvent s’acheter à manger, des fournitures et subvenir à certains de leurs besoins. C’est une grande motivation pour elles pour venir chaque jour à l’école. Dans cette école, nous avons des élèves qui viennent des villages situés à cinq voire sept kilomètres d’ici.  Ce qui fait qu’en classe de sixième, beaucoup de filles abandonnent l’école avant la fin de l’année, faute de moyen financiers pour s’offrir le minimum. Dans une classe de 120 élèves en classe de sixième, au moins 15 filles arrêtent de venir à l’école avant la fin de l’année scolaire. Cette année, j’ai eu une classe de sixième avec 119 élèves à la rentrée et je n’ai enregistré aucun abandon, grâce à cet argent ».

CEG Mayahi
UNICEF Niger/Islamane
Mabrouka est l’une des heureuses bénéficiaires du cash transfert dans le cadre du Projet REVE, REduire la Vulnérabilité du système Educatif.
UNICEF Niger/Islamane

Dans la cour de leur maison, Mabarouka nettoie le hangar qui sert d’abri à des chèvres, « cette chèvre et sa chevrette m’appartiennent. C’est ma maman qui m’a offert la chèvre avec le restant de l’argent reçu à l’école. » dit-elle. Plein d’espoir, Mabrouka souhaiterait devenir enseignante pour dit-elle « apprendre le savoir aux enfants ».

« Je lui ai acheté cette chèvre pour ne pas que le restant de l’argent soit dépensé inutilement. Avec un peu de chance, si la chèvre a beaucoup de chevreaux, je pourrais revendre quelques-uns pour acheter aux enfants des fournitures scolaires et des tenues » conclut Ousseina.

Mabrouka
UNICEF Niger/Islamane

Cette initiative ne se contente pas seulement d'alléger le fardeau financier des familles fragiles, elle envoie également un message fort : celui de l'importance de l'éducation comme pilier fondamental du progrès social. En investissant dans la formation et dans le développement de ces jeunes filles, nous investissons dans la croissance durable de la communauté et dans la réduction des inégalités.

CEG Mayahi
UNICEF Niger/Islamane