Champions pour les droits des enfants
Les influenceurs digitaux peuvent jouer un rôle essentiel en sensibilisant et en mobilisant leur audience pour promouvoir et défendre les droits des enfants à travers leurs plateformes en ligne
Niamey, Niger - Du 30 août au 1er Septembre 2023, pendant trois jours intenses, Niamey a été le point de rencontre de 24 influenceurs digitaux venus des quatre coins du Niger pour une formation dédiée à la création de contenu lié aux droits de l'enfant. L'événement, organisé par la plateforme Project Accelerator, soutenu par l’UNICEF, avait pour objectif le renforcement de la sensibilisation et la diffusion d'informations exactes sur les droits des enfants, tout en évitant la propagation de fausses rumeurs, particulièrement préjudiciables dans ce contexte.
L'importance de la vérification de l'information a été au cœur de cette formation. Hakilou Amadou, originaire de la région de Maradi et suivi par plus de 150 000 personnes sur les réseaux sociaux, a partagé son expérience : "J'ai trouvé cette formation très intéressante. Il y a certains sujets que nous traitons de façon banale sans vérifier les sources. Mais maintenant, on se rend compte de notre rôle et on sait qu'il faut faire très attention à ce que nous disons, surtout quand il s'agit de parler de l'enfant. On doit s'assurer d'avoir les bonnes données."
Il y a certains sujets que nous traitons de façon banale sans vérifier les sources. Mais maintenant, on se rend compte de notre rôle et on sait qu'il faut faire très attention à ce que nous disons, surtout quand il s'agit de parler de l'enfant.
Omi Moctar, coordinateur de Project Accelerator, la structure en charge de cette session de formation, a souligné l'importance de ces sessions d'information et de formation avec les influenceurs digitaux : "Il est aujourd'hui indéniable que ces créateurs de contenu sont des acteurs incontournables des nouveaux médias. Ils doivent donc avoir les bonnes informations et apprendre les techniques de vérification de l'information pour éviter la propagation des fausses rumeurs, surtout celles liées aux enfants, qui peuvent avoir des conséquences irréversibles."
Mariama Ousmane de la région de Zinder, également connue sous le pseudonyme "Une Zinderoise," et suivie par plus de 62 000 personnes sur ses pages, a été profondément marquée par les présentations sur la situation des enfants au Niger : "On a une idée de ce que vivent beaucoup d'enfants et de jeunes filles au Niger, mais personnellement je n'imaginais pas que c'était aussi alarmant dans certaines zones du pays. Désormais, je me suis engagée à promouvoir les droits des enfants, surtout ceux de la jeune fille, aussi bien sur les plateformes digitales que dans la vie de tous les jours, à chaque fois que l'occasion se présentera."
Rainatou Hamidou, une jeune étudiante de Tahoua, très présente sur X (ex-Twitter) avec plus de 24 000 followers, est quant à elle préoccupée par l’accès à l’eau potable et l’hygiène pour les enfants et les filles dans les zones touchées par l’insécurité : « les réseaux sociaux doivent être un outil pour la défense et la promotion des droits de l’enfant : chacun de nous doit tirer la sonnette d’alarme sur la situation que vivent les enfants et aussi promouvoir les bonnes pratiques. »
Les réseaux sociaux doivent être un outil pour la défense et la promotion des droits de l’enfant
Ibrahim, à la tête des pages "Affairages 227" cumulant plus de 220 000 abonnés sur Facebook et TikTok, a souligné la nécessité d'améliorer la représentation des enfants dans les contenus : "Parfois, nous faisons des publications qui ne respectent malheureusement pas les droits des enfants, en publiant par exemple des images qui ne présentent pas l'enfant sous son plus beau jour. À travers cette formation, on a appris à mieux comprendre les conditions de prise de vue et d'utilisation des images des enfants. Cette rencontre a aussi été l'occasion d'échanger entre nous, créateurs de contenu, et d'apprendre de nouvelles façons de faire pour améliorer nos contenus."
Parfois, nous faisons des publications qui ne respectent malheureusement pas les droits des enfants, en publiant par exemple des images qui ne présentent pas l'enfant sous son plus beau jour.
Une partie essentielle de la formation a été consacrée à la vérification des fausses offres d’emploi de l'UNICEF qui circulent de plus en plus sur les réseaux sociaux, avec certains faux sites demandant même de l'argent aux candidats. Abdoul Nasser Sahabi, connu sous le pseudo "Kapo 227" avec plus de 530 000 abonnés sur Facebook et TikTok, a partagé son expérience : "Il y a tellement de fausses offres d'emplois de l'UNICEF qui circulent, moi j'ai failli tomber dans le piège et il nous est tous arrivé de partager ces fausses offres. Mais à travers cette formation, je sais désormais comment reconnaître les bonnes offres et où aller chercher les offres UNICEF sur le site officiel de l'institution."
Le troisième jour de la formation a été dédié à la création de contenu. Les participants ont été répartis en trois groupes, chacun se concentrant sur une thématique spécifique : la prévention du paludisme, l'importance d'investir dans les 1000 premiers jours de la vie d'un enfant, et la sensibilisation sur les droits de la fille. Les participants ont été chargés de créer du contenu écrit et vidéo pour sensibiliser le public à ces questions cruciales.
Quelques heures après la diffusion des éléments, les participants ont mesuré, avec l'appui d'un des formateurs, l'audience générée par leurs publications. Pendant les trois jours de formation, près de six millions de personnes ont été touchées par les publications de ces influenceurs. Et c’est l’utilisation du hashtag #ChampionsPourLesEnfants, dans chacune des publications, qui a permis de mesurer cela. Lors des sessions animées par des experts, les participants ont saisi l'opportunité de partager des informations précises sur leurs réseaux sociaux, contribuant ainsi à sensibiliser davantage le public.
Au terme de la formation, les participants ont pris l'engagement solennel de promouvoir les droits des enfants sur leurs plateformes et de ne plus partager d'informations non vérifiées. Ils ont ensuite fait un plan d’action dans lequel ils prévoient des activités comme des campagnes digitales dédiées à la promotion des droits de l’enfant et à la sensibilisation contre les fausses informations.
Cette initiative marque un tournant significatif vers une meilleure sensibilisation et une promotion renforcée des droits de l'enfant au Niger.