Awa, Alima, Zenabou : au service de la protection de l’enfant à Matamèye

Afin d’assurer la protection des enfants dans leur communauté, elle se déploient sur le terrain et font du porte-à-porte pour sensibiliser et engager les populations.

Salomon Beguel
Awa, Alima et Zenabou, relais communautaires, font partie du Comité villageois de protection de l’enfant de Matamèye
UNICEF/BEGUEL/2023
29 janvier 2024

Les différentes communautés dans la région de Zinder font face à divers défis liés à la protection de l’enfant. Les déplacements internes et la migration continuent d’entraîner la séparation des enfants de leur famille ou de leurs proches, de les exposer à la violence basée sur le genre (VBG) ainsi qu’aux risques de détention, d’absence ou de perte de documents civils avec un risque important d’apatridie et de mariage des enfants.

Pour faire face à cette situation, les Comités villageois de protection de l’enfant, créés conformément au décret présidentiel de 2019, se trouvent en première ligne des dispositifs de prévention et de prise en charge. Mis en place avec l’appui de l’UNICEF, ils sont composés du chef de village ou quartier, de l’imam, du directeur de l’école du village, du responsable du centre de santé, des relais communautaires, des femmes, ainsi que des adolescentes et jeunes. Pour les aider à remplir leurs missions, l’UNICEF a appuyé la formation des membres des Comités sur les questions des droits de l’enfant, les pratiques qui constituent une violation de ces droits, la gestion des cas et les voies de recours. Leur rôle consiste à veiller au respect des droits des enfants du village à travers l’identification des cas à la prise en charge et référencement aux services dont l’enfant a besoin, la lutte pour l’élimination des VBG, du mariage des enfants, mener des campagnes de sensibilisation de proximité et de masse sur des thématiques identifiées par les assises communautaires, ainsi que des initiatives communautaires pour des travaux d’intérêt général.

Awa, Alima et Zenabou sont des relais communautaires et font partie du Comité villageois de protection de l’enfant de Matamèye. C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’elles parlent du travail bénévole qu’elles font pour la protection des enfants de leur communauté. « Nous organisons des causeries-débats pour sensibiliser les populations sur les risques liés à la migration, la scolarisation des enfants, surtout des filles, les dangers du mariage des enfants, l’enregistrement des enfants à la naissance, mais nous évoquons aussi d’autres sujets liés à la salubrité, l’importance des consultations prénatales et post-natales, l'importance d'accoucher au centre de santé », explique Awa.

Le travail des trois femmes est bénévole.
UNICEF/BEGUEL/2023

« En plus des causeries-débats, nous gérons les cas de protection des enfants orphelins sans soutien, des enfants égarés, des violences conjugales, des filles menacées de mariage d’enfants et forcés », renchérit Alima,

« Grâce aux actions de sensibilisation que nous menons en porte-à-porte, nous avons convaincu beaucoup de parents d'envoyer leurs enfants à l’école, filles, garçons ou enfants vivant avec handicap. Beaucoup d’enfants sont maintenant scolarisés et le phénomène du travail des enfants tend à disparaître. Chaque enfant a le droit d’aller à l’école », souligne Zenabou.

Le travail de ces trois femmes n’est pourtant pas aisé. Sans moyens de transport, il leur faut parfois parcourir de longues distances pour atteindre certains ménages. Malgré ces défis, Awa, Alima, Zenabou continuent de travailler bénévolement avec volonté et dévouement pour la protection des enfants et des jeunes de leur communauté.

« Protéger les enfants est la responsabilité de chacun. Nous sommes fières de contribuer au bien-être de notre communautés », conclut Awa.