À Gangaré, Nadia retrouve du temps pour apprendre, grâce à l'eau potable

À 12 ans, Nadia Amadou partageait ses journées entre l'école et la corvée d'eau. Dans son village de la région de Tahoua, un nouveau système d'approvisionnement en eau potable lui permet aujourd'hui de consacrer davantage de temps à ses études.

Par Matti Dan Mallam
UNICEF
UNICEF NIGER/Matti
29 octobre 2026

« Le jour où l'eau a coulé pour la première fois, c'était comme une fête au village. Les hommes, les femmes et les enfants étaient tous présents. Chacun exprimait sa joie à sa manière devant cette eau propre et claire. »

À Gangaré, dans la région de Tahoua, Nadia Amadou, 12 ans, se souvient encore de ce moment particulier. Pour les familles de son village, l'arrivée de l'eau potable représentait un changement longtemps attendu.

Pour cette élève de sixième au CEG de Tsaouna, situé à environ trois kilomètres de chez elle, ce changement allait aussi faciliter son quotidien scolaire.

Quand la recherche d'eau empiétait sur l'école

Chaque matin et chaque après-midi, Nadia et les autres filles du village devaient marcher près de 30 minutes pour aller chercher de l'eau au puits, avant de revenir poursuivre leurs activités. « Le temps passé à chercher de l'eau nous faisait arriver régulièrement en retard à l'école », se souvient Nadia.

À cette contrainte s'ajoutait la mauvaise qualité de l'eau disponible. Selon la jeune fille, les maux de ventre et les diarrhées étaient fréquents dans le village. Le manque d'eau compliquait également les gestes d'hygiène quotidiens.

UNICEF
UNICEF NIGER/Matti

De l'eau plus proche, du temps retrouvé

Depuis la mise en service de la mini-adduction d'eau potable (mini-AEP), les familles disposent d'un point d'approvisionnement plus accessible.

Même si le service est payant, Nadia explique que ses parents en apprécient les avantages.

« Même si l'eau n'est pas gratuite, nos parents sont satisfaits de payer ce service, car il facilite la vie des ménages », souligne-t-elle.

Son père, Amadou Seïdi, constate également les bénéfices de ce nouvel accès à l'eau. « Depuis la mise en place de cette mini-AEP, nos enfants n'ont plus à subir la longue et pénible corvée du puits. Le temps ainsi gagné, ils peuvent le consacrer à leurs études. »

Il observe aussi une diminution des dépenses de santé dans sa famille, qu'il associe à l'amélioration de la qualité de l'eau consommée.

« Nous, les parents, y trouvons aussi notre compte : nous dépensons moins en produits pharmaceutiques, car les problèmes gastriques et les diarrhées, provoqués en grande partie par l'eau insalubre du puits, nous coûtaient cher. »

L'amélioration est également perceptible à l'école, où les élèves disposent désormais d'eau sur place. « Auparavant, chaque enfant devait apporter son eau dans un récipient, et celui qui l'oubliait était obligé de rentrer à la maison pour aller la chercher », explique Amadou.

Mais c'est peut-être Nadia qui résume le mieux ce que ce changement représente pour les enfants de son village : « Depuis l'arrivée de la mini-AEP, tout a changé : l'eau propre arrive en un tour de bras et est suffisamment disponible pour nous permettre de nous laver à volonté. Le temps ainsi gagné, nous le consacrons à nos études, à nos jeux et aux longues causeries entre filles. »

Un investissement au service de cinq villages

L'amélioration de l'accès à l'eau potable à Gangaré s'inscrit dans le cadre du Programme Partenariat pour la Résilience au Sahel (SRP), mis en œuvre en appui aux priorités du Gouvernement du Niger, grâce au financement du Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ).

Ce programme repose sur un partenariat entre la GIZ, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'UNICEF, qui conjuguent leurs expertises en collaboration avec les autorités nationales et locales pour renforcer la résilience des communautés et leur accès aux services essentiels.

Réalisée à Tacha Adoua, dans la commune de Tabalak, département d'Abalak, la mini-AEP multivillages dessert aujourd'hui 7 603 habitants de cinq villages : Gangaré, Tacha Adoua, Tacha Agali, Tetis et Tourouf, à travers 16 bornes-fontaines.

Elle approvisionne également cinq écoles accueillant 165 élèves, dont 63 filles, ainsi que le Centre de Santé Intégré de Tourouf, contribuant ainsi à améliorer les conditions d'apprentissage et de prise en charge sanitaire.

En complément, l'approche d'assainissement total piloté par la communauté a encouragé la construction de latrines familiales et contribué à l'abandon de la défécation à l'air libre.

Du temps pour apprendre et un rêve pour l'avenir

Lorsqu'on demande à Nadia ce qu'elle souhaite devenir plus tard, sa réponse révèle une ambition qui dépasse son propre avenir.

« Mon rêve est de poursuivre mes études pour devenir agente de santé et prendre soin des femmes de nos villages. Beaucoup d'entre elles préfèrent être consultées par une femme plutôt que par un homme, mais dans nos contrées, les agents de santé féminins sont malheureusement très rares », explique-t-elle.

À Gangaré, l'arrivée de l'eau potable ne représente donc pas seulement un changement dans les habitudes des familles. Pour Nadia, elle signifie aussi davantage de temps pour apprendre et poursuivre un rêve qui pourrait, un jour, contribuer au bien-être des femmes de sa communauté.