Un dessin, un projet de vie!

Histoires vécues

UNICEF
violence
mohamed Amine/UNICEF/Maroc

10 septembre 2016

«  Je suis très heureux parce que mon dessin a été primé. Pour moi cela signifie que ma voix a été entendue ». C’est en ces termes que Mohamed Amine a partagé avec nous son bonheur et sa fierté d’avoir participé à l’appel aux créatifs lancé par l’UNICEF. « Ma famille était heureuse surtout ma grand-mère que j’adore. C’est vrai elle n’a rien compris à mon dessin, mais elle était contente quand je lui ai dit que j’irai à Casablanca pour recevoir mon prix et surtout quand elle a vu mon dessin affiché sur les panneaux publicitaires dans la ville de Oujda »

L’Appel aux créatifs auquel a pris part Mohamed Amine a été lancé par le bureau de l’UNICEF au Maroc dans le cadre de la campagne End violence, rendons l’invisible visible. Cette initiative avait permis aux enfants, aux jeunes et au grand public d’exprimer leur engagement pour la protection des droits de l’enfant à travers des œuvres artistiques. Un Jury présidé par Hanane El Fadili, Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF avait examiné les œuvres reçues. Le dessin de Mohamed Amine avait alors reçu le premier prix dans sa catégorie. Les œuvres primées avaient par la suite servi à une campagne de communication publique à travers une opération d’affichage urbain dans plusieurs villes du Royaume.

La naissance du changement

Pour notre jeune artiste, cette expérience a beaucoup changé sa vie. « Pour moi c’est une réussite et cela a transformé ma vie. Depuis mon retour de Casablanca, je m’intéresse de plus en plus  aux cours de dessins. J’arrive maintenant à exprimer mes idées et mes sentiments avec aisance », nous raconte-t-il.

Jawad, le professeur des arts plastiques au collège Guenfouda où Mohamed Amine poursuit ses études, nous explique que «l’effet le plus significatif produit par ce projet a été le renforcement de l’estime de soi chez son élève. «  Mohamed Amine était un élève timide. Aujourd’hui il est vraiment transformé : il a confiance en lui, il participe aux activités parascolaires de l’établissement et il est devenu très assidu. Le plus important pour moi est que Mohamed Amine arrive aujourd’hui à parler avec aisance de ses attentes, de ses rêves… Il a même commencé à tracé le chemin de son avenir». Un changement que nous confirme Mohamed Amine qui a développé son propre projet personnel pour son avenir : « je veux réussir cette année et accéder au lycée technique de Oujda pour pouvoir étudier les arts plastiques. Je fais tout pour améliorer mon niveau en langues étrangères parce que Jawad, mon professeur, m’a informé que ces études requièrent une ouverture sur les autres cultures et sur les valeurs universelles».

Un défenseur des droits de l’enfant voit le jour

Outre cette transformation, Mohamed Amine « est devenu aujourd’hui un grand défenseur des droits de l’enfant et surtout des droit à l’expression et à la protection » nous explique, le sourire au visage, son enseignant.

 «  Les enfants, selon Mohamed Amine, qui vivent dans le milieu rural sont privés de leur droit d’expression. C’est un peu culturel et quand les grands parlent les plus jeunes se taisent et je trouve cette règle frustrante ». Et d’ajouter que « grâce à cette expérience j’ai découvert que la couleur peut être plus forte que les mots pour exprimer les sentiments et réclamer les droits. Je demande à l’UNICEF de continuer à défendre les droits de l’enfant et à plaider pour la création de lieux de distraction pour les enfants vulnérables. Dans le milieu rural il n’y a aucun espace pour l’épanouissement des enfants et des jeunes. Quand on quitte l’école on va dans la rue !! »

 

violence
Mohamed Amine /UNICEF/Maroc