Les missions clés de la section Inclusion Sociale de l’UNICEF au Maroc
Favoriser l'égalité des chances et l'intégration de tous les enfants au Maroc
- Français
- العربية
Chaque enfant a le droit de vivre au sein d’un foyer disposant d’un revenu suffisant pour accéder aux services essentiels, grandir dans la dignité et réaliser son plein potentiel. À l’UNICEF, l’équipe « Inclusion Sociale » travaille chaque jour pour contribuer à réduire la pauvreté, les vulnérabilités et iniquités touchant les enfants au Maroc.
Karima Kessaba, responsable de la section, nous explique comment l’UNICEF et ses partenaires agissent sur le terrain pour faire de cet objectif une réalité.
« Notre but est simple: garantir que chaque enfant, où qu'il vive, ait accès aux mêmes droits et aux mêmes chances de réussir », explique Karima. Pour y arriver, notre action s'organise autour de quatre grands chantiers.
Comprendre la pauvreté pour mieux agir
Pour appuyer efficacement, il faut d’abord comprendre. La pauvreté d’un enfant ne se mesure pas seulement avec le niveau de revenu de son foyer. Un enfant peut vivre dans une famille qui ne rencontre pas de difficultés financières, mais être tout de même privé de son droit à l’éducation, à la santé, à la protection, etc. « Il peut arriver qu’un enfant vivant dans un foyer plutôt aisé soit privé de scolarisation, non pas pour des raisons financières, mais pour des raisons induites soit par des normes sociales, des contraintes économiques ou de difficultés d’accès aux services. » souligne Karima. C'est pourquoi il est essentiel d’analyser toutes les dimensions de la vie d'un enfant : va-t-il à l'école ? A-t-il accès aux services de santé? Vit-il dans un logement décent ? Cette approche permet donc d’identifier avec précision les privations réelles que vivent les enfants, et de proposer des solutions adaptées.
Pour disposer de données fiables, l’UNICEF au Maroc a accompagné des opérations majeures de mesure de la pauvreté, monétaire et multidimensionnelle des enfants et de collecte statistique menées par les principaux acteurs statistiques du Maroc, le Haut-Commissariat au Plan, l’Observatoire Nationale de Développement Humain et le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale. À titre d’exemple la mesure la plus récente de la pauvreté monétaire menée avec le HCP a démontré que plus de quatre enfants pauvres sur cinq vivent en zone rurale. L’UNICEF a également appuyé la modernisation numérique du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2024, mené par le Haut-Commissariat au Plan et l’intégration de 102 migrants et réfugiés comme agents relais communautaires, ainsi que l’inclusion de questions sur la couverture sociale, dans le but d’améliorer la qualité des données recueillies.
Un autre chantier en cours est la préparation de l’enquête MICS7 (Multiple Indicator Cluster Survey), en partenariat avec le ministère de la Santé et de la Protection Sociale. La section a participé à la formation des équipes, à l’élaboration du questionnaire, et à sa traduction dans plusieurs dialectes locaux, afin de garantir sa compréhension par toutes les franges de la population. Les résultats de cette enquête, attendus prochainement, permettront de renseigner près de 40% des indicateurs liés aux Objectifs de Développement Durable (ODD), renforçant ainsi la base de données nécessaire à l’amélioration de la situation des enfants au Maroc.
Une fois ces données mesurées, la section s’attache à les diffuser largement auprès des décideurs publics, afin d’orienter les politiques sociales selon les spécificités territoriales et les formes de privations les plus marquées. Ce travail repose aussi sur une collaboration étroite avec les autres sections, éducation, santé, protection de l’enfance pour garantir une action coordonnée et cohérente, permettant à chaque enfant de grandir dans des conditions dignes, conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant.
Soutenir directement les familles
En collaboration avec l’Agence Nationale de Soutien Social, la section appui aujourd’hui le chantier national de généralisation de la protection sociale notamment, le programme d’allocations familiales assistancielles « Aides Sociales Directes ». Ce programme offre une allocation familiale mensuelle, pour permettre aux parents, en situation de pauvreté et sans emploi « formel » à assurer un niveau de vie adéquat à leurs enfants. À ce jour, ce programme, en complément des allocations familiales contributives, a permis d’élargir la couverture sociale à environ 80 % des enfants, ce qui représente un progrès notable pour le pays. Ce dispositif flexible s’adapte aux évolutions familiales telles que la naissance d’un enfant, un handicap, ou un décès. Une attention particulière est portée à l’inclusion sociale, notamment pour les enfants vulnérables susceptibles d’être marginalisés, comme ceux nés hors mariage ou issus de familles isolées, ainsi qu’aux défis liés à la fracture numérique dans les zones rurales, afin d’éviter toute forme d’exclusion.
Le programme d'Aide Sociale Directe (ASD) est une formidable avancée. En un an et demi, il a permis à des millions de familles de recevoir un soutien financier vital. La digitalisation a beaucoup aidé : grâce à des plateformes en ligne, les démarches sont plus simples et plus rapides pour de nombreuses personnes. Cependant, cette avancée crée un nouveau défi. "La digitalisation a apporté de nombreux progrès, mais il est essentiel de prévoir des solutions alternatives pour les personnes qui n’ont pas encore accès au numérique", note Karima. Dans les zones rurales ou pour les familles très précaires, l'accès à un smartphone ou à internet n'est pas toujours garanti. De plus, un écran ne remplacera jamais un contact humain. La présence de travailleurs sociaux sur le terrain reste indispensable pour écouter, accompagner les familles dans des situations complexes et offrir un soutien personnalisé. L'avenir d'une protection sociale efficace repose sur un équilibre juste : utiliser la technologie pour être plus efficace, tout en renforçant les services humains pour être plus proche des gens.
S'assurer que l'argent public aide vraiment les enfants
Les engagements politiques doivent se transformer en actions concrètes. La section travaille avec le Ministère de l’Économie et des Finances pour analyser comment l'argent public est dépensé. La question est simple : est-ce que les budgets pour l'éducation, la santé, la protection sociale ou la protection de l'enfance sont suffisants ? Sont-ils déployés avec efficience ? Permettent-ils d’atteindre les objectifs ciblés ? Les ressources parviennent-elles effectivement aux enfants qui en ont le plus besoin, y compris dans les zones les plus reculées ?
« À l’UNICEF, nous sommes convaincus, que les solutions les plus efficaces et durables viennent du terrain. » confie Karima. C'est pourquoi l’ensemble des actions visent à renforcer les capacités des acteurs locaux, qu'il s'agisse des communautés, des élus, des administrations ou des organisations de la société civile. L’UNICEF outille ces acteurs pour que la collection des données sensibles aux enfants soit plus fiable pour analyser les besoins spécifiques de leur territoire et les réponses dédiées.
Le dernier axe de la section « Inclusion Sociale », fondé sur le principe de subsidiarité, valorise les savoirs locaux, la concertation et coordination territoriales et favorise l'émergence de solutions innovantes, bien plus adaptées aux réalités du terrain que des politiques uniformes décidées au niveau central. En parallèle, encourager l'implication des citoyens, des enfants, des familles et des communautés est au cœur de cette approche.
‘Lorsque les habitants participent activement aux décisions qui les concernent, nous renforçons non seulement la démocratie locale mais aussi la redevabilité sociale. L'objectif final est de s'assurer que les politiques publiques répondent efficacement aux défis de chaque région, réduisent les inégalités territoriales et que personne ne soit laissé-pour-compte.’ Explique Karima Kessaba