La section Santé et Nutrition de l’UNICEF au Maroc

Agir pour garantir le droit à la santé à chaque enfant

Aya Kamime
الصحة
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04 septembre 2025

La santé est la porte d’entrée d’une enfance digne. Un enfant en bonne santé est un enfant capable d’exercer pleinement ses autres droits : apprendre, jouer, s’épanouir. Amal Benmoussa, responsable de la section « Santé et Nutrition », explique comment l’UNICEF au Maroc œuvre chaque jour pour que ce droit fondamental soit respecté pour chaque enfant, quels que soient son lieu de naissance, son statut social ou le niveau de revenu de sa famille.

« Notre rôle est d’accompagner les familles et de renforcer les capacités des institutions pour que ce droit fondamental soit respecté partout au Maroc », explique Amal.

Dans cette optique, et en partenariat avec le ministère de la Santé et de la Protection Sociale ainsi qu’avec d’autres institutions nationales, l’UNICEF soutient la mise en œuvre de politiques et d’actions concrètes. Celles-ci visent notamment à améliorer l’accès et l’utilisation des soins de santé primaires, à renforcer les capacités institutionnelles aux niveaux décentralisés, et à promouvoir l’adoption de pratiques familiales positives en matière de santé. Une attention particulière est portée aux enfants et à leurs familles vivant dans les zones les plus vulnérables.

« Je suis heureux de bénéficier d’un suivi médical et d’un accès aux services de santé après l’expérience difficile du séisme et un accès limité aux services de santé. Je suis reconnaissant au personnel de la clinique mobile et aux jeunes de la communauté qui nous aident beaucoup », témoigne Hussein, habitant du village de Targa et bénéficiaire d’une clinique mobile mise en place dans le cadre de coopération avec l’UNICEF pour soutenir les communautés touchées par le séisme de 2023 au Maroc.

Vaccination: une action profonde à plusieurs niveaux

Parmi les priorités du programme au Maroc, figure le renforcement de la chaine de vaccination. En appui au Programme national d’immunisation, l’UNICEF a facilité en 2024 l’acquisition de 9 vaccins de routine ainsi que de micronutriments essentiels, pour un montant total de 9,6 millions de dollars USD. En parallèle, 350 réfrigérateurs conformes aux normes internationales PQS (Performance, Qualité et Sécurité) ont été installés dans 101 établissements de santé, garantissant ainsi une conservation optimale des vaccins. Cette initiative a été accompagnée de la formation de 73 professionnels de santé à la gestion des vaccins et à la chaîne du froid, assurant la pérennité du système de vaccination.

Au-delà de l’appui logistique, l’UNICEF au Maroc mène un important travail de sensibilisation. Des campagnes ont été déployées pour lutter contre la désinformation autour de la vaccination et encourager des comportements familiaux favorables à la santé et à la nutrition. Dans ce cadre l’initiative des « 1000 premiers jours », conduite par l’ Initiative Nationale pour le Développement Humain et le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale avec l’appui de l’UNICEF et de la Banque mondiale, souligne l’importance d’une alimentation saine et adaptée, de la grossesse jusqu’aux deux ans de l’enfant. Grâce à ces efforts, les messages de la campagne ont touché en 2024 13,5 millions de personnes, dont 1,2 million directement engagées lors de plus de 36 000 séances de sensibilisation à l’échelle nationale.

Dans le prolongement de ces actions, la section joue également un rôle clé dans l’amélioration des conditions d’hygiène au sein des centres de santé. À ce titre, elle soutient l’élaboration et la mise en œuvre de référentiels nationaux pour la gestion de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (EAH). Ce chantier, amorcé par une évaluation approfondie des services en 2022, vise à encadrer progressivement l’amélioration des infrastructures sanitaires. L’objectif est de garantir un environnement sain et sécurisé pour les enfants, les mères et le personnel soignant, en partant de standards minimaux pour évoluer vers des niveaux intermédiaires puis avancés.

Focus sur la mortalité néonatale

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Focus sur la mortalité néonatale

Malgré les progrès significatifs réalisés par le Maroc dans la réduction de la mortalité infantile; définie comme le décès d’un enfant avant son premier anniversaire, la mortalité néonatale, c’est-à-dire les décès survenant durant le premier mois de vie, reste particulièrement élevée. En effet, environ 70 % des décès infantiles surviennent durant cette période critique. Autrement dit, lorsqu’un enfant décède avant l’âge d’un an, il y a 70 % de chances que ce décès intervienne dans les 28 premiers jours, et seulement 30 % après ce délai.

Cette prédominance de la mortalité néonatale invite à mieux comprendre ses causes spécifiques. Parmi les facteurs clés figure le suivi insuffisant de la grossesse par les mères, notamment le non-respect des consultations prénatales et postnatales recommandées. « Une mère qui respecte correctement le calendrier de ces visites médicales, avant et après l’accouchement, réduit considérablement les risques pour elle-même et pour son nouveau-né », explique Amal. Une bonne surveillance permet d’identifier et de gérer à temps d’éventuelles complications, assurant ainsi que l’enfant naisse en bonne santé.

Par ailleurs, la formation des professionnels de santé constitue un autre enjeu majeur. Tous ne disposent pas toujours des compétences nécessaires pour prendre en charge efficacement un nouveau-né en danger. Dans ce cadre, l’UNICEF au Maroc soutient la formation spécialisée des professionnels, notamment en collaboration avec l’École nationale de santé publique, afin de renforcer leurs compétences dans la prise en charge des nouveau-nés à risque. Des audits de décès néonatals sont également menés dans certaines régions pour mieux comprendre les causes de ces décès et adapter les interventions en conséquence.

Un appui spécifique est prévu dans la région de Béni Mellal-Khénifra, où la situation est particulièrement préoccupante. Cette région enregistre également un retard de croissance chez les enfants, ainsi que des taux des plus faibles en matière d’accès aux services de santé. À cela s’ajoutent des difficultés liées à d’autres déterminants essentiels du bien-être. C’est pourquoi l’UNICEF a mis en place un programme de convergence intégrant plusieurs composantes : santé, éducation, inclusion sociale, changement de comportement et protection de l’enfance. L’objectif est de concentrer les efforts dans cette région afin de mesurer l’impact global de ces interventions.

Faire face aux multiples défis sanitaires

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UNICEF/UNI627359/Mrigua, Hardlight Taroudant, Targa Ntahmit : L’initiative de la clinique mobile a permis aux habitants des villages touchés par le séisme de septembre 2023 d’accéder à des services de santé nécessaires

Le manque de professionnels de santé, notamment dans les zones rurales ou reculées, constitue un défi structurel majeur pour le Maroc. Cette situation limite considérablement l’accès équitable aux soins, freine la qualité des services de santé de première ligne, et accentue les inégalités territoriales. Elle devient d’autant plus problématique dans un contexte où les besoins sanitaires évoluent rapidement et se complexifient. Pour pallier ce déficit en ressources humaines, le développement de la santé communautaire s’impose comme un levier incontournable. Cette approche repose sur la mobilisation d’agents de santé issus des communautés locales, formés pour assurer des activités de prévention, de sensibilisation et des soins de base. Avec cette approche, le système de santé peut mieux répondre aux besoins croissants tout en allégeant la charge pesant sur les professionnels médicaux. Néanmoins, pour garantir l’efficacité et la pérennité de cette solution, il est essentiel que le statut de ces agents soit reconnu, d’investir dans leur formation continue et d’améliorer leurs conditions d’exercice.

D’autres défis anciens et émergents

La santé mentale, un domaine encore peu développé, nécessite une attention particulière. Le nombre de spécialistes, notamment en pédopsychiatrie, demeure insuffisant face à une demande croissante, en particulier chez les enfants et les adolescents en situation de vulnérabilité. Cette fragilité psychologique, souvent exacerbée par des contextes socio-économiques difficiles, reste encore peu prise en charge, faute de moyens humains et techniques adaptés. Dans ce cadre, le programme Santé et Nutrition a apporté un appui ciblé à l'École Nationale de Santé Publique afin d’initier une dynamique de réflexion et de plaidoyer. Cet appui s’est concrétisé par une étude sur la santé mentale des adolescents dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, permettant de générer des données probantes sur une problématique encore peu explorée, ainsi que par l’élaboration d’un Policy Brief destiné à sensibiliser et orienter les décideurs. Ces contributions constituent une première étape structurante vers un meilleur ancrage de la santé mentale dans les priorités nationales de santé publique.

À ces défis humains et sociaux s’ajoutent les menaces environnementales liées au changement climatique. La pollution de l’air, l’augmentation des températures, les sécheresses prolongées ou encore la raréfaction des ressources en eau affectent directement la santé des enfants. Ces conditions extrêmes aggravent les risques de maladies respiratoires, de malnutrition ou encore de stress thermique, notamment parmi les populations les plus vulnérables. Face à ces enjeux multiples, la réponse sanitaire doit être repensée et mieux adaptée. Une étude sur la santé environnementale a ainsi été conduite pour documenter les risques liés aux pollutions et au changement climatique, tandis qu’un plaidoyer actif contre l’empoisonnement au plomb visant à mobiliser les décideurs et susciter une réponse multisectorielle à cette menace silencieuse pour la santé des enfants est engagé. En parallèle, à travers le projet Global Health Security, l’UNICEF appuie le ministère de la Santé et de la Protection Sociale afin de renforcer la prévention et le contrôle des infections, sécuriser la chaîne d’approvisionnement et du froid pour les vaccins, et déployer l’outil WASH FIT adapté au contexte national. Cet outil permet de garantir un accès durable à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène dans les établissements de santé, tout en renforçant leur résilience face aux chocs climatiques.`