Comité participatif des adolescent.e.s et des jeunes

Une expérience marocaine réussie

Aniss Maghri
CPAJ
UNICEFMaroc
23 avril 2024
CPAJ

« Une expérience unique ». Cette expression à elle seule résume profondément le vécu des jeunes de la première cohorte 2021 - 2023 du Comité Participatif des Adolescent.e.s et Jeunes (CPAJ) auprès de l’UNICEF au Maroc. 

Unique, elle l’est sur tous les plans ! D’une part, cette expérience se distingue par sa singularité au niveau de la région MENA, le Maroc étant l’unique pays du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord à avoir initié et mis en place une telle initiative. D’autre part, l’expérience du CPAJ est particulière grâce à la valeur ajoutée qu’elle apporte à la fois à ces jeunes et à l’UNICEF. Le témoignage de Mouna, jeune élève de 17 ans originaire de de la commune de ElKbab, région de Beni Mellal-Khenifra dans le centre du Maroc, le confirme. « Être membre du CPAJ a joué un grand rôle dans ma vie et celles de mes pairs. J’ai par exemple développé mes compétences en communication et en plaidoyer via différentes opportunités. Et j’ai été en mesure de prendre part à différents programmes où j’ai eu l’occasion de m’exprimer, faire entendre ma voix et influencer des décisions ». Ce n’est pas Walid de Martil, son collègue dans ce comité, qui en dira le contraire. Ayant rejoint la première cohorte en 2021, avec 19 autres membres du CPAJ de différentes régions du pays, de niveaux éducatifs et milieu socio-économique diversifiés, ils ont été aux premiers rangs deux années durant, servant de modèle réussi pour l’engagement des adolescent.e.s et des jeunes. Leur bilan d’action  en témoigne. Après un cycle de renforcement de capacités dans différents domaines tels que le plaidoyer, la gouvernance territoriale, la recherche-action participative et l’expression via l’art…, les jeunes avaient été partie-prenante à l’évaluation du programme de l’UNICEF au Maroc, sa conception et ont accompagné sa mise en œuvre. Ils ont également initié ou cocréé six initiatives de plaidoyer autour de priorités identifiées dans le programme de coopération entre le Royaume du Maroc et l’UNICEF dont le droit à l’éducation de la jeune fille, la santé mentale des jeunes, la violence en milieu scolaire et le changement climatique. Une autre réalisation dont ils sont aussi particulièrement fiers : avoir encadré les travaux de création du guide de l’hygiène menstruelle qu’ils sont baptisé « DOUDOU ».

 Une étape qui leur a permis de conduire des campagnes de sensibilisation auprès des enfants, adolescent.e.s et parents au sujet de de la compréhension et de la prise en charge de l’hygiène menstruelle considérée comme facteur d’abandon scolaire chez la jeune fille. 
« En écoutant les jeunes et en co-créant avec eux, l'UNICEF peut soutenir le développement de cette génération dynamique et à travers elle toute la société ». 

« Pourquoi ce comité ? parce que cette génération est un moteur actif du changement. En les écoutant et en co-créant avec eux, l'UNICEF peut soutenir le développement de cette génération dynamique et à travers elle toute la société. Nous sommes convaincus qu’en investissant dans les jeunes en tant que citoyens actifs et défenseurs des droits des enfants, l'UNICEF aidera les jeunes à atteindre leur plein potentiel et, en même temps, à réaliser nos priorités organisationnelles stratégiques de manière plus efficace et durable. Cela explique pleinement pourquoi l’engagement des enfants, adolescent.e.s et jeunes constitue une stratégie capitale de notre programme de coopération avec le Royaume du Maroc pour la période 2023 -2027 » indique Dr Speciose Hakizimana, Représentante de l’UNICEF au Maroc. Cette considération stratégique du rôle que peuvent jouer les jeunes est dans l’ADN de l’organisation. La stratégie mondiale de l’UNICEF pour l’engagement des adolescent.e.s et des jeunes indique bel et bien que c’est un « must ». Pourquoi ?  Parce que les enfants et les jeunes ont le droit de participer aux questions qui les concernent, parce qu’ils sont des experts d'expérience sur les questions liées à l'enfance et l’adolescence et parce que leur voix est authentique. D’ailleurs l’UNICEF dans son plan stratégique 2022-2025 a précisé que l’organisation considère « l’engagement des enfants et des jeunes comme une fin en soi et en même temps un moyen pour améliorer les politiques et la programmation au profit des enfants».

Embedded video follows

Un engagement fort et un rayonnement international

L’engagement des membres du CPAJ ne s’est pas limité uniquement au niveau national. Les jeunes ont pris part à différentes manifestations internationales où ils ont servi de vrais ambassadeurs de la jeunesse marocaine. Forum des Femmes à Paris, Arab girl's summit, le dialogue régional avec la Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations-Unis autour de la violence à l'égard des enfants dans l'environnement digital, ont été autant d’occasions où ils ont brillé par leur participation. Une matérialisation parfaite de la déclinaison de ce droit central de la Convention des Droits de l’Enfant. Cette expérience a par ailleurs inspiré d’autres pays comme la France dont le Comité de l’UNICEF avait exprimé, après sa rencontre avec les jeunes et adolescent.e.s marocains du CPAJ, son souhait de répliquer cette expérience et créer son propre comité.

Comment alors rejoindre le CPAJ ? Pour faire partie de ce comité, il faut le désirer et prendre action. Les jeunes qui ont le souhait d’en faire partie ont répondu à une annonce du bureau de l’UNICEF au Maroc au mois de décembre 2023. Critères de sélection : être marocain.e ou résident.e au Maroc, âgé.e entre 14 et 21 ans, engagé.e dans sa communauté (clubs scolaires, association, ou individuellement) et intéressé.e par la promotion des droits des enfants. Après un processus méticuleux d’adhésion, les jeunes bénéficieront de renforcement de leurs capacités dans différents domaines, tout au long de leur mandat. Durant le mois de mars 2024, la première cohorte du CPAJ au Maroc a passé le flambeau aux nouveaux membres. 

Deux années d’apprentissage, de mobilisation, d’échange, de partage et d’engagement sont en perspective. Le nouveau comité composé de 25 filles et garçons représentants toutes les régions du pays, est tout autant motivé. « En tant que nouvelle membre du CPAJ, avec mes pairs, nous allons continuer l’effort entamé par nos prédécesseurs. Nous allons nous mobiliser et atteindre nos objectifs », déclare la jeune Islam, la voix pleine de conviction.