Au centre SAFIA, Minetou trouve sa voie dans la nutrition
À 15 ans, Minetou a dû interrompre sa scolarité. Quelques mois plus tard, au Centre SAFIA, elle retrouve le goût d’apprendre, la confiance en elle et un projet pour son avenir.
Quand l’école s’arrête, une nouvelle voie s’ouvre
À 15 ans, Minetou doit interrompre sa scolarité en 2024, alors qu’elle est en classe de 6e, pour des raisons familiales. Elle reste alors à la maison et participe aux tâches du quotidien.
« Quand je voyais d’autres filles aller à l’école ou travailler, cela me rendait parfois triste. Mais je comprenais aussi la situation de ma famille », raconte-t-elle.
L’envie d’apprendre reste pourtant présente. À la fin de l’année 2025, une nouvelle possibilité se présente : intégrer le Centre SAFIA.
« Au début, je ne parlais presque à personne. J’étais très timide. »
Puis, progressivement, elle commence à prendre sa place. Elle échange avec les autres filles, participe davantage et ose s’exprimer.
La nutrition, un choix qui lui ressemble
Parmi les formations proposées, Minetou choisit la nutrition. Un choix qui touche à ce qui lui tient à cœur : la santé, sa famille et son intérêt pour la terre et les aliments qu’elle produit.
« Pour moi, la nutrition est la meilleure amie de la personne. »
Au Centre SAFIA, elle apprend les bases de la nutrition et commence à les mettre en pratique. Mais ses nouvelles connaissances ne restent pas entre les murs du centre.
À la maison, elle les partage avec sa famille, notamment avec ses petits frères et sœurs.
« Je leur explique ce que j’ai appris et je les sensibilise à la bonne alimentation et au fait qu’une bonne nutrition permet aux enfants de bien grandir », décrit-elle.
Apprendre pour soi, transmettre aux autres
Au Centre SAFIA, la formation en nutrition répond aussi à un important besoin de sensibilisation, mais elle va au-delà. Elle vise également à professionnaliser progressivement l’approche et à donner aux filles des compétences pratiques qu’elles pourront utiliser dans leur vie quotidienne et, pour certaines, transformer en activité économique.
« Beaucoup pensent qu’il faut avoir beaucoup de moyens pour bien manger. Pourtant, il existe des aliments nutritifs et accessibles », explique Ramla, formatrice au Centre SAFIA depuis plus de cinq ans.
En charge de la filière nutrition, elle accompagne les filles dans l’apprentissage des bases de la nutrition et leur mise en pratique.
« L’objectif est qu’elles apprennent, qu’elles pratiquent et qu’elles puissent ensuite utiliser ces compétences pour construire leur propre avenir, mais aussi sensibiliser leurs familles et leurs communautés aux bonnes pratiques en matière de nutrition. Nous voulons aussi renforcer la dimension pratique et professionnalisante de la formation, pour qu’elles puissent mieux valoriser les produits disponibles localement, contribuer à l’autonomie alimentaire de leurs familles et, pour certaines, développer leur propre activité. »
Dans les prochains mois, certaines participantes pourront notamment s’orienter vers la production de farines enrichies ou développer des activités liées à la production et à la valorisation des fruits et légumes.
La formation comprend également des notions d’entrepreneuriat pour aider les filles à développer leurs compétences, structurer leurs projets et devenir progressivement autonomes.
Un avenir qu’elle commence déjà à imaginer
Pour Minetou, cette nouvelle étape lui permet surtout de regarder plus loin.
Avec le sourire, Minetou partage déjà ses rêves pour demain :
« Plus tard, j’aimerais développer un projet qui combine l’agriculture et la nutrition. Je voudrais aussi devenir experte ou conseillère en nutrition. »
Son chemin est encore long. Mais lorsqu’elle parle de son avenir, elle ne parle plus seulement de ce qu’elle a dû abandonner. Elle parle de ce qu’elle veut construire.
Grâce au soutien financier de l’AG Funds, l’UNICEF appuie les formations en nutrition au sein des centres SAFIA. Près de 1 000 filles sont concernées par ces formations entre le Guidimakha, l’Assaba, le Hodh Chargui et Dar Naim. Elles y renforcent leurs connaissances en nutrition, développent des compétences pratiques et découvrent également des perspectives d’autonomie alimentaire et d’insertion économique.
Pour Minetou, cette histoire a commencé par une école qu’elle a dû quitter. Elle se poursuit désormais par une nouvelle envie d’apprendre, de transmettre et de devenir celle qu’elle rêve d’être.