Solidarité et espoir : comment un village bâtit son avenir
Dans le village d’Aloalo II, au cœur de la région d’Anosy, des familles unissent leurs forces pour offrir un avenir meilleur à leurs enfants.
En cette matinée lumineuse, la chaleur du soleil se fait de plus en plus sentir, annonçant la fin de l’hiver. Dans le village d’Aloalo II, situé à deux kilomètres du chef-lieu de la commune d’Ifotaka, dans la région d’Androy, au sud de Madagascar, les 25 membres du groupe d’épargne communautaire tiennent leur réunion hebdomadaire. Le silence est de rigueur : ici, on parle d’argent avec sérieux.
Parmi les participantes, Haovasoa, 40 ans, mère de 11 enfants — dont trois paires de jumeaux et une paire de jumelles — suit la réunion avec attention. Mariée à Mahasolo, elle est membre de ce groupe d’épargne depuis plusieurs années.
« J’ai rejoint ce groupe car il me permet d’épargner et d’emprunter quand j’en ai besoin. Cela m’aide beaucoup à faire vivre ma famille et à progresser petit à petit »,
Grâce à ses crédits et à l’appui financier du programme de transfert monétaire appelé Zara Mira, Haovasoa a pu développer un petit commerce, améliorer ses cultures dans le champ communautaire et acheter trois chèvres — qui ont déjà donné naissance à six chevreaux.
Ce jour-là, cinq femmes vêtues de gilets bleus marqués des logos du programme et de ses partenaires sont présentes. Ce sont les parents leaders, des membres engagés qui accompagnent les familles dans leur parcours vers la résilience. Mary Florine est l’une d’entre elles et elle est également chargée de la prise de notes lors des réunions du groupe.
« Les parents modèles sensibilisent aux bonnes pratiques en matière de nutrition, de santé, d’éducation, d‘eau, d’hygiène et assainissement, d'égalité de genre, de citoyenneté, du droit. Ils travaillent aussi sur l’inclusion financière et productive au sein de l’espace de bien-être, afin de renforcer l’autonomie des ménages », témoigne-t-elle. De plus, dans les espaces de bien-être, ces femmes profitent d’un accompagnement comprenant la promotion des Pratiques Familiales Essentielles (PFE), ainsi que des activités de stimulation des enfants à travers le jeu et les interactions parent-enfant.
Un programme multisectoriel continu
Conformément aux critères d’éligibilité définis par le programme qui cible les enfants de moins de 15 ans, les femmes enceintes et les personnes en situation de handicap, quatre de leurs enfants bénéficient chaque mois d’une allocation dans le cadre du programme Zara Mira.
Bien que le programme de transfert monétaire soit terminé, le guichet social mis en place continue de fonctionner. C’est justement là que Haovasoa et sa famille se sont rendus, munis des copies de l’acte de naissance et d’autres documents administratifs, pour déclarer leur plus jeune enfant, Tanjona, âgé de neuf mois. Par ailleurs, une stratégie de sortie, élaborée avec les bénéficiaires par le ministère de la Population et le Fonds d’Intervention pour le Développement, favorise l’autonomisation des familles.
Au niveau du guichet social, les agents assurent la gestion des plaintes et le suivi des cas, enregistrent les ménages bénéficiaires, et organisent également des sessions de sensibilisation sur diverses thématiques.
À Madagascar, environ 500 000 enfants sont couverts par un programme de protection sociale.
Les programmes de protection sociale, comme Zara Mira, offrent bien plus qu’une simple aide financière. Ils permettent aux familles d’accéder à un accompagnement global à savoir : la bonne pratique parentale, l’adoption de cuissons adaptées à la nutrition des enfants, la promotion de l’épargne communautaire, l’éducation financière, l’accompagnement des familles dans les activités génératrices de revenus, et bien d’autres domaines. Cet appui renforce leur capacité à planifier l’avenir et à faire face aux défis quotidiens. Grâce à ce soutien multisectoriel, les parents peuvent envisager un meilleur futur pour leurs enfants, tout en renforçant la cohésion de leur communauté.
Note : ces actions ont pu être réalisées grâce au projet de renforcement de la résilience pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle à Madagascar, financé par la BMZ via la KfW Banque de Développement. Ce projet est mis en œuvre conjointement par le PAM et l’UNICEF dans les communes d’Itampolo (district d’Ampanihy), de Sihanamaro (district d’Ambovombe) et de Tsivory et d’Ifotaka (district d’Amboasary). Il s’étend sur une durée de 60 mois, de décembre 2022 à décembre 2027, et bénéficie à 105 650 personnes, dont la famille Notsimbininiavo.