Les familles survivent dans des conditions précaires dans le sud de Madagascar.

Selon les estimations, au moins un demi-million d'enfants de moins de cinq ans vont souffrir de malnutrition aiguë, dont 110 000 dans un état grave, dans le Sud de Madagascar touchés par la sécheresse.

Abela Ralaivita
Enfants mangeant les figues de barbarie
© UNICEF/UN0496488/Andrianantenaina
04 août 2021
Quelques ustensiles de cuisine
UNICEF/UN0496501/Andrianantenaina

Quelques ustensiles de cuisine, c’est tout ce qui leur reste au niveau du foyer car ils étaient obligés de vendre tous leurs biens pour survivre ! Cette famille fait partie des populations dont l’accès à la nourriture a été coupé à cause de quatre années consécutives de sécheresse détruisant toutes les récoltes dans le sud de Madagascar.

Au coin du feu
UNICEF/UN0496500/Andrianantenaina

Vaha Soagnaveree, 26 ans, vit dans la commune d’Ambohimalaza, dans le district d’Ambovombe. Elle est mariée et a six enfants. Deux d’entre eux sont atteints de malnutrition aigüe sévère due à la mauvaise consommation alimentaire, l’accès insuffisant à l’eau et à l’assainissement mais aussi aux soins inadéquats aux enfants.  

Sur un attelage tiré par les zébus
UNICEF/UN0496498/Andrianantenaina

Vaha Soagnaveree est agricultrice mais sa famille a dû s’adapter face à la sècheresse.  Elle gagne sa vie en vendant du bois qu’elle transporte à Ambovombe grâce à cette charrette qu’elle loue à une autre personne vivant dans son village. Vaha et sa famille est parmi les milliers de personnes victimes de cette crise alimentaire et nutritionnelle qui affecte la population du sud de Madagascar.

Figues de barbarie
UNICEF/UN0496463/Andrianantenaina

Le « cactus rouge » qu’ils cueillent à côté du village est la seule nourriture qu’il leur reste. À l'approche de la période de soudure, période de l'année où les stocks alimentaires sont faibles, cette crise devrait s'accentuer considérablement. Plus de 1,14 million de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire dans le Sud de Madagascar et le nombre de personnes en situation « catastrophique » (Phase 5 de l'IPC) risque de doubler pour atteindre 28 000 d'ici octobre.

En famille
UNICEF/UN0496478/Andrianantenaina

A 5km de là, nous rencontrons Sorognasae avec ses sept enfants, dont deux sont aussi atteints de malnutrition aigüe sévère. Vivant dans des conditions précaires, elle est épaulée par son fils ainé Laha Tsimatahotse, 14ans, qui semble tenir le rôle de pilier dans la famille.

Travailler le sisal
UNICEF/UN0496570/Andrianantenaina

Laha utilise ses heures perdues à aider sa mère dans les tâches de la vie quotidienne : il collecte l’eau dans les troncs de baobab, il s’occupe des zébus et il prépare le sisal et le bois que la famille vend à Ambovombe pour gagner un peu d’argent.

Marche à pied
UNICEF/UN0496479/Andrianantenaina

Ce jour, Sorognasae et deux de ses enfants reviennent du marché d’Ambovombe avec quelques patates douces et un peu de riz. Ils ont réussi à vendre du bois et ont eu un peu d’argent pour acheter ces vivres qui tiendront deux jours.

La main d'un enfant souffrant de malnutrition
UNICEF/UN0496476/Andrianantenaina

« Cette situation est difficile à vivre pour moi et mes enfants mais nous devons y faire face », nous confie Vaha en tenant la main de son fils. Ces ménages ont tous les deux des enfants malnutris subissant des dommages irréversibles à leur croissance et à leur développement.

Surveiller les poids des enfants
UNICEF/UN0496509/Andrianantenaina

Ces enfants bénéficient d’une prise en charge au centre de santé d’Ambohimalaza. Ils y sont pesés, mesurés et reçoivent le traitement adéquat. Le district d'Ambovombe-Androy le plus touché, où les taux de malnutrition aiguë globale ont atteint un taux alarmant de 27 pour cent, est menacé de famine à moins que des mesures urgentes ne soient prises pour empêcher une nouvelle détérioration.     

Mise en place pour la remise des ATPE
UNICEF/UN0496544/Andrianantenaina

Trois infirmières/sages-femmes bénévoles s’activent dans ce centre de santé. « Nous prenons en charge en ce moment plus de 200 cas de malnutrition aiguë sévère», explique l’une d’entre elles.   

Surveiller le périmètre brachial des enfants qui suivent les traitements
UNICEF/UN0496522/Andrianantenaina

Asaaze Angeline prend les commandes et enchaine les contrôles pendant toute la journée.  Après le pesage et la mesure du périmètre brachial, Mara (36 mois) qui est le petit frère de Laha est guéri ce jour-là, mais le suivi de son état nutritionnel continuera dans sa communauté.

Remise d'ATPE
UNICEF/UN0496550/Andrianantenaina

Quant à Vaha, elle est ravie de recevoir les aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE) qu’elle donnera à ces deux enfants comme traitement tout en espérant qu’ils guérissent au plus vite. Ces ATPE sont fournis par l’UNICEF grâce au financement des donateurs comme ECHO, USAID, le Gouvernement Britanique, Ambatovy…

Point d'eau potable
UNICEF/UN0496515/Andrianantenaina

Ces familles bénéficient aussi de deux bidons d’eau de vingt litres par jour. Une réponse intégrée s'attaquant à toutes les causes de la malnutrition s’avère nécessaire. Le traitement de la malnutrition doit aller de pair avec un plan de prévention et de réponse multisectoriel solide en collaboration avec tous les partenaires et les autorités nationales.

Remise de bulletin scolaire
UNICEF/UN0496485/Andrianantenaina

Pendant ce temps, le courageux Laha finit 2ème de sa classe sous le regard très fière de sa mère Sorognasae.

Puiser de l'eau à la rivière
UNICEF/UN0496548/Andrianantenaina

Malgré la pluie qui est tombée en mi-juillet dans le district, l’accès à l’eau potable demeure un problème majeur. Les réponses en cours comprennent entre autres une assistance alimentaire, un renforcement de l’accès aux soins et à l’eau potable. Cependant, si ces réponses multisectorielles ne sont pas renforcées et mises à l’échelle, de nombreuses vies seront en danger car le nombre d'enfants souffrant de la malnutrition aiguë continuera d’augmenter.