Groupe de soins à Madagascar : Les leaders communautaires s’engagent pour la vaccination

Lors du lancement du projet « Groupe de soins » dans la région Androy, les autorités communautaires et sanitaires se sont engagées à œuvrer ensemble pour rattraper les enfants zéro dose et sous-vaccinés.

Domoina Ratovozanany
Un agent de santé vaccine un enfant lors d’une consultation médicale et d’une séance de vaccination menée par l’équipe locale.
UNICEF/UN0508149/Ramasomanana
12 septembre 2025

Madagascar met en œuvre pour la première fois l’approche « Groupe de soins », avec l’appui de Gavi, l’Alliance du Vaccin, à travers l’UNICEF et ses partenaires, dans la région de l’Androy, au sud du pays. Ce projet a pour objectif d’aider les mères hésitantes d’enfants « zéro dose » et/ou sous-vaccinés de moins de 5 ans à surmonter les barrières à la vaccination et à recourir davantage aux soins de santé primaires.

Plus de 1 300 agents communautaires – des mères et des pères d’enfants complètement vaccinés – sont en cours de formation et de mobilisation. Leur rôle est de renforcer la communication interpersonnelle, en s’appuyant sur le partage de leurs propres expériences de la vaccination.

Une étude de référence préalable, menée par l’ONG Vonjy IV en mai 2025, a permis de poser les bases de la mise en œuvre. Les résultats ont été restitués lors d’un atelier organisé le 21 juillet 2025 au matin à Ambovombe, suivi, par l’atelier de lancement régional du projet coordonné par les ONG SAHA et Tokontany Iraisana.

L’infirmière Olivia prépare des doses de vaccins pour la vaccination d’un enfant.
UNICEF/UNI640907/Andrianantenaina Centre de santé de Nikoly, district de Tsihombe, région Androy : l’infirmière Olivia prépare des doses de vaccins pour la vaccination d’un enfant.

Les autorités sanitaires et politico-administratives ont reconnu que les résultats de l’étude de référence reflètent la réalité dans la région Androy. Elles ont participé activement à l’identification de solutions pour aider les parents et les agents de santé et communautaires à résoudre efficacement et durablement les barrières à la vaccination des enfants.

Ainsi, Emmanuel Tody, Chef adjoint du district de Beloha, a recommandé le renforcement de l’engagement des leaders communautaires : « Tout ce que je souhaite, c’est que tous les enfants dans la région Androy soient complètement vaccinés. J’ai confiance que l’approche Groupe de soins renforcera la coordination entre les parties prenantes et des actions concrètes de la part des leaders communautaires ».

Foliantsoa Damy, Maire de la commune de Bekily Central a proposé le renforcement de la collaboration multisectorielle : « A cause de la pauvreté, les parents priorisent l’éducation des enfants et les dons de protection sociale avant les soins de santé. Les croyances et les pratiques traditionnelles tiennent encore une place capitale. Nous gagnerons beaucoup à travailler avec les ministères de l’éducation nationale et de la population, les leaders traditionnels et les chefs de fokontany (village)».

Les responsables sanitaires ont préconisé la mobilisation des personnes influentes et l’intégration des services de santé. Selon Mary Tahina, Chef par intérim du centre de santé de Behabobo dans le district de Beloha : « Il sera indispensable de collaborer avec les tradipraticiens et les matrones pour la référence des enfants à rattraper, comme les familles tendent à venir vers eux en premiers en cas de maladie ».

Vaviniriako Ange Tiana Rasendrasoa, deuxième agent du centre de santé Anjana Nord dans le district sanitaire de Bekily, a ajouté : « Les mères sont plus motivées à surmonter la peur des effets indésirables après la vaccination et à amener leurs enfants se faire vacciner quand elles peuvent bénéficier d’autres services de santé pendant leur visite au centre de santé. Nous devons renforcer l’intégration des services ».