Diniho Paulette sert sa communauté pour protéger chaque enfant par la vaccination

Elle s’engage pour que les enfants dans les fokontany (quartiers) d'Antananarivo soient vaccinés

Clemence Andrianaivoson
Diniho Paulette prend le temps d’expliquer, de rassurer et de répondre aux inquiétudes des parents en poursuivant son travail de recensement des enfants de moins de 5 ans.
UNICEF Madagascar/2026/Clemence Andrianaivoson
26 mai 2026

Dans les ruelles du fokontany Andafiavaratra, Diniho Paulette frappe à sa dixième porte de la matinée. Carnet en main, elle est venue mettre à jour le registre des enfants de moins de cinq ans — mais ce qu'elle trouve derrière chaque seuil dépasse souvent le simple recensement : une mère qui vient d'accoucher, un nouveau-né pas encore enregistré, une famille qui hésite encore à vacciner.

À 43 ans, cheffe de secteur dans le second arrondissement d'Antananarivo Ville et mère de sept enfants, Paulette connaît ces ruelles par cœur. Elle les sillonne avec la patience de quelqu'un qui sait que la confiance se construit porte après porte.

Au total, Paulette devait visiter 65 ménages. Une descente de terrain qui, malgré les difficultés rencontrées, lui a permis de constater une réalité encourageante : les familles sont de plus en plus conscientes de l’importance de protéger leurs enfants contre les maladies.

Chaque porte à laquelle elle frappe représente une nouvelle rencontre, une nouvelle histoire, parfois même une urgence à traiter. Certaines mères viennent tout juste d’accoucher, d’autres attendent encore leur bébé. Grâce à cette visite de proximité, plusieurs nouveau-nés qui n’étaient pas encore inscrits dans le registre ont pu être identifiés et pris en compte.

Pour Paulette, cette mission va bien au-delà d’un simple recensement administratif. C’est avant tout un travail humain, fondé sur l’écoute, la confiance et la sensibilisation.

« Malgré les défis et les problèmes rencontrés pendant les visites, c’était vraiment important de faire cette descente. Il faut même qu’on le fasse plus souvent. Cela nous a permis de rencontrer des mères qui ont récemment accouché et d’identifier des nouveau-nés qui n’étaient pas encore inscrits dans le registre. Il y a aussi encore des femmes enceintes, et je dois suivre de près la naissance de leurs bébés afin de pouvoir les enregistrer et mettre à jour le registre », explique-t-elle.

Sur le terrain, tout n’est pourtant pas toujours facile. Certaines familles hésitent encore face à la vaccination. Mais Paulette ne baisse jamais les bras. Avec calme et bienveillance, elle prend le temps d’expliquer, de rassurer et de répondre aux inquiétudes des parents.

Heureusement, parmi les 65 foyers visités, un seul a refusé que ses enfants soient vaccinés. Une situation qui n’a pas découragé Paulette, bien au contraire. Elle continue inlassablement son travail de sensibilisation auprès de chaque ménage rencontré.

« Dans les foyers que j’ai visités, un seul a refusé la vaccination de ses enfants. Mais cela ne m’empêche pas de continuer la sensibilisation, car le vaccin est bon pour la santé des enfants. Ce qui m’a aussi beaucoup marquée, c’est que plusieurs parents demandaient s’il y aurait bientôt une campagne de vaccination. Ils veulent que leurs enfants soient protégés. Quand je leur pose la question, ils me répondent qu’avec toutes les maladies qui circulent actuellement, il est important que les petits soient vaccinés le plus rapidement possible », raconte-t-elle avec conviction.

Diniho Paulette échange avec un père de famille et recueille les informations sur les enfants de moins de cinq ans.
UNICEF Madagascar/2026/Clemence Andrianaivoson Diniho Paulette échange avec un père de famille et recueille les informations sur les enfants de moins de cinq ans.
Diniho Paulette poursuit son travail de sensibilisation auprès d’une mère de famille, en expliquant l’importance de la vaccination pour les enfants.
UNICEF Madagascar/2026/Clemence Andrianaivoson Diniho Paulette poursuit son travail de sensibilisation auprès d’une mère de famille, en expliquant l’importance de la vaccination pour les enfants.

Au fil de ses visites, Paulette ressent un réel changement dans les mentalités. Les échanges avec les familles deviennent plus ouverts, les parents posent davantage de questions et montrent un intérêt grandissant pour la santé de leurs enfants. Pour elle, cette proximité est essentielle afin de bâtir une relation de confiance durable entre les agents de santé et la communauté.

Toujours animée par la volonté de servir sa communauté, Paulette espère que ces descentes de terrain pourront être organisées plus régulièrement. Selon elle, cela permettrait non seulement de faciliter le recensement des enfants de moins de cinq ans, mais aussi d’habituer les parents à recevoir les agents de santé et à échanger avec eux sur les bienfaits de la vaccination.

Cette activité a été menée dans les six arrondissements d’Antananarivo Ville dans le cadre de la compétition inter-fokontany pour la vaccination, mise en œuvre par le ministère de la Santé Publique avec l’appui de l’UNICEF. Cette initiative a pour objectif de renforcer la motivation des Agents Communautaires (AC), à travers des incitations non financières, tout en les accompagnant dans l’exercice de leurs responsabilités liées à la vaccination. Elle vise également à accroître l’implication et l’engagement des Chefs Fokontany et des Chefs de Secteur dans la promotion de la vaccination des enfants au sein de leurs communautés.

Cette initiative bénéficie également du soutien de Gavi, L’Alliance du Vaccin et de la Fondation Gates , qui soutiennent les efforts visant à améliorer la couverture vaccinale et à protéger les enfants contre les maladies évitables par la vaccination. Grâce à cette dynamique, les acteurs communautaires se mobilisent davantage afin de rapprocher les services de vaccination des familles et d’assurer un meilleur suivi des enfants.

Avec son engagement, son courage et sa proximité avec les familles, Diniho Paulette incarne ces femmes de terrain qui, chaque jour, contribuent discrètement mais puissamment à protéger l’avenir des enfants.