Couple résilient, famille épanouie

Cet article met en lumière comment un jeune couple déploie sa force grâce au soutien multisectoriel apporté à leur communauté par les acteurs locaux et les organisations internationales de développement.

Abela Ralaivita
Portrait de la famille Notsimbininiavo devant leur maison, accompagnée de leur charrette.
UNICEF – PAM Madagascar/2025/Andriantsoarana
15 septembre 2025

Le vent frais de l’hiver souffle encore sur le village de Terabovo, dans la commune de Sihanamaro, au sud de Madagascar. Au cœur du calme, des messages sur les bonnes pratiques en nutrition résonnent en boucle à travers un haut-parleur installé dans la cour de Notsimbininiavo L-Adina, un agriculteur de 31 ans.

« Je collabore avec une ONG locale, ils ont installé ce point d’écoute chez moi », raconte-t-il, tout en gardant un œil sur sa fille de cinq ans, Hortense, qui joue à la dînette avec ses amies. Sa femme, Cynthia, s’affaire en cuisine : au menu du jour, un bon ragoût de légumes variés, accompagné de riz et de lentilles, préparé avec les produits qu’elle a cueillis le matin même dans le jardin communautaire. Cynthia a pris le temps de bien laver ses légumes avec de l’eau de Javel diluée, comme elle l’a appris lors des séances de sensibilisation. Elle n’hésite pas à utiliser l’eau nécessaire, d’autant plus que le point d’eau est tout proche grâce à une adduction d’eau potable réalisée par l’UNICEF et ses partenaires.

Le couple, qui a deux enfants – Hortense et Urbain, âgé de sept mois – vit principalement de l’agriculture. Depuis 2021, ils participent activement à un jardin potager communautaire, qui regroupe 25 ménages. Ensemble, ils cultivent des courgettes, des betteraves, des brèdes, des carottes, des potirons, des tomates, des oignons, des poivrons et des piments. Au moment du semis, tout le monde s’entraide. Les familles se relaient par petits groupes pour l’arrosage. Les récoltes sont partagées entre les membres, et le surplus est vendu pour financer l’achat de nouvelles semences, en complément de celles déjà fournies par une autre ONG qui met en œuvre cette activité initiée par le PAM. 

« Avant, nous ne mangions que du manioc à tous les repas. Depuis que nous participons au fonctionnement du jardin potager communautaire, nous cultivons une grande variété de légumes. En parallèle, nous louons un terrain pour y planter du manioc, de la patate douce, du maïs et des lentilles », 

confie L-adina, les yeux tournés vers sa femme qui profite d’un moment pour allaiter leur bébé.
Cynthia récolte des légumes cultivés dans le champ communautaire.
UNICEF – PAM Madagascar/2025/Andriantsoarana Cynthia récolte des légumes cultivés dans le champ communautaire.
Cynthia s’approvisionne en eau au point d’eu construit par l’UNICEF dans le village.
UNICEF – PAM Madagascar/2025/Andriantsoarana Cynthia s’approvisionne en eau au point d’eu construit par l’UNICEF dans le village.

Résilience communautaire

Avant de prendre part à cette initiative de jardin potager communautaire, la famille a suivi des formations dans des champs écoles paysans, où elle a appris les bases de l’agriculture. Tema Colette, une femme leader, anime ces formations sur le terrain. En parallèle, l’UNICEF à travers l’un de ses partenaires leur a également dispensé des formations sur les techniques agricoles permettant d’améliorer les rendements.

L’heure du déjeuner a sonné. Toute la famille se rassemble autour du bon repas préparé par maman. Même le petit Urbain, après avoir reçu sa ration de lait maternel, participe à ce moment convivial. « Il est important que mes enfants mangent des aliments variés et diversifiés, car cela contribue à leur bon développement », explique Cynthia. 

« J’ai appris toutes ces pratiques grâce aux acteurs de sensibilisation, et surtout au groupe de soutien où nous échangeons et apprenons ensemble. Grâce à ces appuis, mes enfants n’ont jamais souffert de malnutrition. »

Cynthia

Dans des régions souvent touchées par la sécheresse, toutes ces actions ont pu être réalisées grâce au projet de renforcement de la résilience pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle à Madagascar, financé par la BMZ via la KfW Banque de Développement. Ce projet est mis en œuvre conjointement par le PAM et l’UNICEF dans les communes d’Itampolo (district d’Ampanihy), de Sihanamaro (district d’Ambovombe) et de Tsivory et d’Ifotaka (district d’Amboasary). Il s’étend sur une durée de 60 mois, de décembre 2022 à décembre 2027, et bénéficie à 105 650 personnes, dont la famille Notsimbininiavo.

Miza, cheffe du groupe de soutien, montre comment adopter une alimentation variée et diversifiée.
UNICEF – PAM Madagascar/2025/Andriantsoarana Miza, cheffe du groupe de soutien, montre comment adopter une alimentation variée et diversifiée.
Portrait de Cynthia et de son fils Urbain, chez eux, pendant le repas.
UNICEF – PAM Madagascar/2025/Andriantsoarana Portrait de Cynthia et de son fils Urbain, chez eux, pendant le repas.

Une famille épanouie

Cette famille illustre une belle dynamique de résilience et d’autonomie. Cynthia, est également membre active d’un groupe d’épargne communautaire. Grâce au crédit obtenu via ce groupe, elle a pu lancer un petit commerce, acheter des ustensiles ménagers, ainsi que des zébus et des charrettes qu’ils louent pour compléter leurs revenus. La famille bénéficie de conditions sanitaires satisfaisantes : ils disposent d’une latrine, leurs enfants ont toujours été bien nourris et ont suivi à jour leurs vaccinations. Cynthia a accouché dans un centre de santé, garantissant ainsi une prise en charge adaptée.

Après le déjeuner, le couple emmène ses enfants à l’ « espace Mandady », mis en place par l’UNICEF, une aire de jeu spécialement conçue pour assurer l’éveil et la sécurité des jeunes enfants du village. Dans ce site, Masy Sahazesoa, agent communautaire, anime des sessions de stimulation précoce et fait jouer les enfants avec des jouets fabriqués par des scouts à partir d’objets récupérés, nettoyés et recyclés, donnant une seconde vie à ces matériaux.

 « Il est important que les enfants jouent et s’épanouissent pleinement, car le jeu est essentiel à leur développement physique et mental », 

explique Cynthia, soulignant l’importance de ces espaces dans la vie de leurs enfants.