🏆 Tamby, championne des Sakafo maroloko

Tamby, 26 ans est agent communautaire de nutrition dans la commune rurale d’Ambanitsena. Les menus sains, variés et diversifiés n'ont aucun secret pour elle

Abela RALAIVITA
Tamby, montrant les aliments qui composent son repas quotidien
UNICEF/UN0294301/Ralaivita

14 mai 2019

Razoeliarinala Tamby, 26 ans est agent communautaire de nutrition dans la commune rurale d’Ambanitsena, à 20km de la capitale Antananarivo (Région Analamanga). Enceinte de 8 mois, elle habite avec son mari et vit du commerce de différentes sortes de légumes et de fruits au bord de la route nationale 2. Depuis qu’elle a reçu une formation sur la malnutrition chronique, Tamby essaie de manger quotidiennement des aliments sains, variés et diversifiés comme les légumes verts, la viande, les produits laitiers, les fruits. 

« Etre agent communautaire m’a permis d’acquérir certaines connaissances à propos de la nutrition et manger ces aliments va garantir le bon développement et la bonne croissance de mon enfant », explique Tamby avec certitude.  

Dans la région d’Analamanga, les agents communautaires et les agents de santé travaillent main dans la main pour offrir aux mères et aux enfants les conseils et les services adéquats en santé et en nutrition. De ce fait, 5042 agents communautaires ont reçu la formation sur la malnutrition chronique dans cette région grâce à l’appui de l’UNICEF et le financement de Takeda.  

A Madagascar, environ un enfant sur deux (47%) est atteint de malnutrition chronique (ou retard de croissance) qui se traduit par une taille faible par rapport à l’âge.  Le retard de croissance n’est pas juste un enfant qui est trop petit pour son âge, c’est un enfant qui a plus de risque de tomber malade et plus de risque de mourir. C’est un enfant qui souffrira d’une réduction irréversible du développement cognitif et souffrira d’une réduction de la performance scolaire.

Tamby, montrant les aliments qui composent son repas quotidien
UNICEF/UN0294299/Ralaivita

Servir la communauté pour lutter contre la malnutrition chronique  

Tamby ne garde pas ses connaissances en nutrition que pour elle. Malgré le fait qu’elle soit jeune, Tamby assume parfaitement ses responsabilités en tant que future mère et leader de sa communauté. Elle organise régulièrement avec son binôme des séances de sensibilisation au niveau du centre de nutrition d’Ambanitsena, mis en place par le gouvernement. Ce centre qui est présent au niveau communautaire est un point de rassemblement pour les mères de famille. Il existe plusieurs activités au niveau du centre à savoir des sessions de sensibilisation sur la nutrition et la santé, les démonstrations culinaires mais aussi le dépistage de la malnutrition. 

« Nous utilisons différentes couleurs pour catégoriser les différents types d’aliments à consommer quotidiennement. Pour assurer une bonne croissance de l’enfant, il faut manger au moins des aliments présents dans cinq des sept catégories de couleur », précise Tamby.  

La période comprise entre le début de la grossesse et les 24 premiers mois de la vie d’un enfant constitue une fenêtre d’opportunité unique dans le cycle de vie pour lutter efficacement contre la malnutrition à court et à long terme. Après l’âge de 2 ans, le retard de croissance ne peut plus être rattrapé. Les bonnes pratiques d’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE) et la bonne nutrition de la mère sont essentielles pour réduire le fardeau des maladies et des décès des nourrissons et des jeunes enfants.   

Le meilleur moyen de parvenir à lutter contre le fléau de malnutrition chronique consiste à adopter une approche multisectorielle avec des interventions incluant la santé, la nutrition, l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH) et le développement de la petite enfance dans le créneau essentiel des 1000 premiers jours de vie.  

Grâce à Tamby et aux autres agents communautaires, plusieurs mères de famille essaient de suivre les différents conseils et les bonnes pratiques en nutrition. « Les mères qui viennent au centre de nutrition commencent maintenant à mettre nos conseils en pratiques parce qu’elles sont conscientes que cela sera bénéfique pour leurs enfants et toute la communauté », témoigne Tamby.