Soigner sous les bâches : les cliniques mobiles au cœur du déplacement
Grâce au soutien de Gavi, l’Alliance du Vaccin, et de l’UNICEF, des séances de vaccination et de consultation médicale sont organisées pour les enfants et les femmes vivant sur les sites de déplacés
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Port-au-Prince, Haïti — Assise à l’ombre d’un drap tendu entre deux poteaux, Michelle-Ange tient contre elle sa petite Cherbie, deux ans. Il y a six mois, elle a abandonné sa maison dans la commune de Tabarre lorsque des groupes armés ont attaqué son quartier. Depuis, elle vit avec son enfant dans le site de déplacés de Jean Marie César, à la périphérie de Port-au-Prince. Comme beaucoup d’autres familles ici, elle a tout perdu ; son foyer, ses repères, son accès aux soins.
La vie dans un site de déplacés est difficile, confie-t-elle. Comme elle, des milliers de familles ont fui la violence et vivent aujourd’hui dans des sites pour les personnes déplacées dans des conditions très précaires, souvent sans eau potable, sans latrines et sans accès aux soins. Ici, la moindre fièvre, la moindre toux, peut devenir dangereuse.
« Depuis qu’on a fui, je n’ai pas dormi tranquille une seule nuit. Je craignais que ma fille tombe malade. Mais aujourd’hui, quelque chose change. Une clinique mobile est arrivée, » dit-elle.
Une équipe de Médecins du Monde, en partenariat avec l’UNICEF et grâce au soutien de Gavi, l’Alliance du Vaccin, était arrivée sur le site pour fournir des soins de santé afin de protéger les enfants et les femmes contre les maladies évitables. « Cherbie a enfin vu un médecin et reçu ses vaccins. Ça me soulage, » ajoute Michelle-Ange.
Un accès enfin possible aux soins essentiels
Dans un contexte d’insécurité extrême, où les structures de santé sont souvent inaccessibles, cette intervention permet de répondre à des besoins médicaux urgents tout en rétablissant un lien essentiel entre les familles et le système de santé.
Plus de 350 personnes ont reçu des soins ce jour-là. Des vaccins contre la rougeole, la diphtérie, la polio ou encore le tétanos, des consultations pour les femmes enceintes, et des conseils simples pour prévenir les maladies ont été offertes gratuitement. Des kits d’hygiène et des médicaments ont aussi été distribués.
L’équipe mobile ne se contente pas de soigner les malades. « Ici, les gens ont tout perdu », explique Wilson, un agent de terrain qui travaille avec le partenaire de l’UNICEF. « Je parle aux enfants pour les rassurer pendant les soins. Nous voulons qu’ils se sentent un peu en sécurité, même si c’est temporaire ».
Un soutien critique dans une crise prolongée
À ses côtés, Dr Valérie Chadic, spécialiste en immunisation à l’UNICEF, insiste sur l’importance de vacciner les enfants, même en contexte d’urgence : « C’est une question de santé publique, mais aussi de justice. Chaque enfant a droit à la prévention, où qu’il se trouve. »
« Pour beaucoup de familles, cette clinique mobile est le premier contact avec un professionnel de santé depuis des mois. Cela peut sembler peu, mais dans ce contexte, chaque consultation, chaque vaccin, chaque mot rassurant compte, » affirme-t-elle.
En 2025, à travers ses partenaires de mise en œuvre, l’UNICEF a déployé 76 cliniques mobiles au niveau de la zone métropolitaines de Port-au-Prince. Grâce au soutien de Gavi, l’Alliance du Vaccin, nous pourrons continuer à intervenir pour que les enfants déplacés reçoivent les soins dont ils ont besoin. Dans un pays où l’insécurité rend l’accès aux services de base très difficile, ces cliniques mobiles sont essentielles.