L’éducation, l’espoir qui transforme des larmes en sourires en Haïti

Après des années loin de l'école, Sofia retrouve le chemin de l'éducation grâce à l'UNICEF Haïti et son Ambassadeur de bonne volonté national.

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Herold Joseph
28 septembre 2024

À l'approche de la rentrée scolaire en Haïti, Sofia, une jeune fille de 16 ans, reçoit une nouvelle qui bouleverse son quotidien : cette année, elle pourra enfin retourner à l'école pour poursuivre ses études classiques. Contrairement à d'autres enfants de son âge, Sofia a été contrainte de quitter l'école à maintes reprises, en raison des difficultés financières de sa famille et de l’insécurité omniprésente dans le pays. Ces six longues années d'absence du système scolaire ont profondément marqué Sofia, la plongeant dans un sentiment d'abandon.

« J'aimerais retourner à l'école. Sans éducation, je ne serai rien dans la vie. Ma vie est en train de se gâcher. Si j'avais pu continuer mes études sans interruption, cette année je serais en NS3 », confiait-elle, les larmes aux yeux.

Elle ajoutait, dans un moment de grande tristesse : « Dès qu'il y a classe, je me sens seule, sans amis. Les autres enfants du quartier vont à l'école, moi, je reste à la maison. Je dois attendre qu'ils rentrent pour pouvoir jouer », pleurait Sofia, les larmes aux yeux.

Une jeune fille parle a 2 autres personnes
UNICEF/Herold Sofia shares her story with UNICEF Haiti's Goodwill Ambassador, Jean Jean Roosevelt.

En juin 2024, grâce à l'engagement proactif des partenaires de l'UNICEF sur le terrain, plusieurs jeunes filles déplacées et déscolarisées, comme Sofia, ont été identifiées. Fuyant les violences récurrentes de son quartier à Port-au-Prince en janvier 2024, Sofia a vu son espoir de retourner à l'école s'éteindre en arrivant dans le sud du pays. Déjà en marge du système éducatif dans la capitale, elle se sentait abandonnée.

C’est cette histoire poignante, celle de Sofia et de ses camarades, qui a touché Jean Jean Roosevelt, l’Ambassadeur national de l'UNICEF. Lors d'une visite dans le sud du pays, en pleine campagne pour la promotion des droits de l’enfant, il a tenu à rencontrer ces jeunes filles. Profondément ému par leur situation, il leur a promis qu'elles retourneraient à l’école dès le 1er octobre 2024, rappelant que l'accès à l'éducation est un droit fondamental.

« Cette année, l'UNICEF et moi ferons tout pour que vous retourniez à l'école. Je te le promets, Sofia, en octobre prochain, tu seras sur les bancs de l'école, » affirmait Jean Jean Roosevelt à Sofia et à ses amies.

6 persons took a group picture
UNICEF/Herold Jean Jean Roosevelt, UNICEF Haiti's National Ambassador, takes a souvenir photo with Sofia and her friends.

Des milliers d’enfants haïtiens, comme Sofia, sont exclus du système scolaire, souvent depuis plus d'un an, en raison des déplacements forcés provoqués par la violence. Dans de nombreuses communes, ces enfants déplacés manquent de documents essentiels, tels que des actes de naissance ou des relevés scolaires, rendant leur inscription difficile. Par ailleurs, le manque de places disponibles dans les établissements scolaires constitue un obstacle supplémentaire à leur réintégration.

Face à cette crise, le gouvernement haïtien, l'UNICEF et ses partenaires, notamment le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), redoublent d’efforts pour rétablir le droit à l'éducation de ces enfants et faire du retour à l’école une priorité nationale.

Infographie priorité du gouvernement haïtien
Primature Haiti Infographie publiée par le Premier Ministre d'Haïti, Garry Conille – https://x.com/conillegarry/status/1826042001579716714?s=46&t=_hzR9xrdwdxjgIHitxvsmA

Pour soutenir les plus démunis, le gouvernement haïtien a réaménagé ses ressources à travers la Loi de Finances modifiée pour 2023-2024, allouant un montant total de 12,1 milliards HTG au secteur social. Parmi les principales initiatives :

  • 8,1 milliards HTG pour des transferts d’argent destinés aux familles en difficulté,
  • 1 milliard HTG pour lutter contre la faim grâce à des restaurants communautaires et des paniers de solidarité,
  • 2,2 milliards HTG pour renforcer le système de protection sociale,
  • 790,8 millions HTG pour l’accompagnement des personnes déplacées.

De plus, 270 000 parents recevront une aide pour la rentrée scolaire, tandis que 2 millions d’élèves bénéficieront de manuels scolaires gratuits pour l'année 2024-2025.

Les efforts de l'UNICEF pour la rentrée scolaire se concentrent principalement sur les zones les plus touchées, comme l’Ouest, Léogâne, l'Artibonite, la Grand'Anse, les Nippes et le Sud, où Sofia a trouvé refuge après avoir fui les violences à Port-au-Prince. 

8 persons took a group picture
UNICEF/Herold Jean Jean Roosevelt, accompanied by UNICEF Representative in Haiti, Bruno Maes, visited Sofia and her classmates.
3 children with their school bag
UNICEF/Herold The children receive their UNICEF school kits.
7 person discussing together
UNICEF/Herold The UNICEF Representative and the Ambassador took the opportunity to show the children their new school and introduce them to their principal.
Embedded video follows
UNICEF

Le 10 septembre 2024, Sofia a reçu une nouvelle qui a transformé ses larmes en un sourire plein d'espoir. Ce jour-là, Jean Jean Roosevelt, accompagné du Représentant de l'UNICEF, Bruno Maes, a rendu visite aux enfants pour leur annoncer qu'elles retourneraient à l'école à partir du 1er octobre. Cette annonce a ravivé l'espoir de Sofia et de ses amies, leur ouvrant à nouveau la porte vers un avenir meilleur, grâce à l'accès à l'éducation.

« L'histoire de Sofia m'interpelle en tant qu'ambassadeur de l'UNICEF et citoyen haïtien. Je lance un appel à la solidarité, à la mobilisation et à la prise de conscience, afin que nous comprenions que l'éducation est la base de toute société. Nous devons accorder une place primordiale à l'éducation des enfants dans toutes les décisions pour le pays, a déclaré Jean Jean Roosevelt.

Sofia et ses amies ont également reçu des kits scolaires fournis par l'UNICEF, ainsi que du matériel éducatif supplémentaire offert par l’Ambassadeur. Accompagné du Représentant de l'UNICEF, l’Ambassadeur a profité de cette occasion pour leur faire découvrir leur nouvel établissement scolaire et les présenter à leur directrice. Sofia, rayonnante, a exploré les lieux avec enthousiasme, son sourire ne quittant plus son visage.

2 girls receiving their school kits
UNICEF/Herold Sofia receives and looks at her school kit.
Une fille touche ses cheveux en souriant
UNICEF/Herold All smiles, Sofia visits her new school.

« Je suis très heureuse. Je veux apprendre beaucoup de choses pour aider mon pays. Mon rêve est de devenir policière », a confié Sofia avec joie.

4 smiling girls walk together
UNICEF/Herold Sofia and her classmates joyfully visit their school.

S'alignant sur les priorités du gouvernement, l'UNICEF a mis en œuvre plusieurs initiatives visant à soutenir les enfants déplacés. Parmi ces mesures, 25 460 enfants ont été intégrés dans des écoles d'accueil, 35 000 kits scolaires ont été distribués, et 11 000 enfants déplacés ont bénéficié de transferts monétaires pour alléger leurs frais scolaires. De plus, 10 établissements scolaires ont été réhabilités afin de garantir un environnement d'apprentissage sûr et adapté à ces élèves vulnérables.

Malgré la mobilisation totale de l'UNICEF et de ses partenaires en Haïti, l'organisation se heurte à un manque de ressources essentielles pour garantir une rentrée véritablement équitable. Bien que toute l'équipe soit pleinement engagée à offrir un soutien infaillible aux enfants, parents et enseignants dans le besoin, les moyens disponibles restent insuffisants.

Le Représentant de l'UNICEF, Bruno Maes, a souligné cette urgence en déclarant :

« Aucun enfant ne doit être laissé de côté. Nous appelons à la solidarité internationale pour mobiliser davantage de ressources afin que chaque enfant puisse retrouver les bancs de l'école. »

L'histoire de Sofia incarne ce défi et nous rappelle que des milliers d'enfants haïtiens sont privés de leur droit fondamental à l'éducation. Chacun de nous a un rôle à jouer pour éclairer l'avenir de ces enfants, qui connaissent leurs droits mais souffrent de ne pas pouvoir en bénéficier.