Djocinsky et Djocinson, l’espoir qui ne s’éteint jamais
Grâce au soutien de l’UNICEF, en partenariat avec le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle et le financement de SIDA, des enfants déplacés dans le Centre poursuivent leur scolarité et n'abandonnent pas leurs rêves.
- Français
- English
Hinche, Haïti — Dans la cour de l’École Nationale Fernand Hubert, deux frères jumeaux de neuf ans s’installent côte à côte, une règle et un casque d’ingénieur sur leur tête. Ils se regardent et sourient, complices, partageant un moment de calme au milieu d’un quotidien bouleversé.
Ces instants de jeu et de complicité sont devenus rares pour eux. La violence des groupes armées à Mirebalais a détruit leur maison, emporté leurs jouets et leurs souvenirs, et forcé leur famille à fuir.
Pourtant, malgré tout ce qu’ils ont perdu, les deux frères gardent leurs rêves vivants.
« Même si nous avons tout perdu, nous voulons devenir ingénieurs ! » confie Djocinsky, riant doucement et ajoute : « Ces objets, ma règle et mon casque, me rappellent ce que je veux être plus tard. Même après tout ce qui s’est passé, nous pouvons continuer à apprendre et à rêver. »
Une école, un refuge pour les familles déplacées
L’École Nationale Fernand Hubert joue désormais un double rôle. Située dans la localité de Citron à Hinche, elle accueille à la fois ses élèves réguliers et des familles déplacées venant de Mirebalais et de Saut-d ’Eau, fuyant les attaques des groupes armés. Dariana, la mère de Djocinsky partage son témoignage son émotion : « Voir mes fils apprendre et sourire malgré tout ce que nous avons perdu me donne de l’espoir. Même au milieu de la difficulté, ils peuvent rêver un avenir meilleur. »
Une éducation renforcée pour le Département du Centre.
Grâce au financement de L’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (Sida) et au partenariat avec le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), l’UNICEF a répondu aux besoins éducatifs des enfants déplacés dans le département du Centre. Pour l’année scolaire 2025-2026, plus de 700 kits scolaires ont été distribués, et plus de 100 bancs ont été fournis afin d’équiper les classes et d’améliorer les conditions d’apprentissage.
Pour accompagner les élèves confrontés aux traumatismes liés au déplacement et à la violence témoignée, un soutien essentiel a également été apporté au personnel éducatif. Ainsi, 333 enseignants du département du Centre ont été formés à l’appui psychosocial, leur permettant d’offrir un environnement plus sécurisant et bienveillant aux enfants. Parallèlement, 80 écoles ont reçu des matériels pédagogiques et didactiques afin de renforcer l’enseignement et d’aider les élèves à poursuivre leur apprentissage malgré les bouleversements qu’ils traversent.
C’est notamment le cas au lycée Charlemagne Péralte, où des centaines élèves déplacés poursuivent leur scolarité afin de ne pas perdre l’année.
Dans le cadre du programme de rattrapage scolaire, plus de 10 000 élèves, dont 4 000 déplacés ont pu se préparer aux examens officiels de 9ᵉ année et de S4.
Malgré les épreuves et les pertes qu’ils ont subies, Djocensky, Djocenso et des milliers d’autres enfants déplacés dans le département du Centre montrent que l’apprentissage peut être un refuge et une force. Grâce à l’accompagnement des enseignants, au soutien des familles et à l’action conjointe du MENFP, de l’UNICEF et du financement de Sida, les enfants ont pu poursuivre leur scolarité, accéder à du matériel scolaire et continuer à se préparer pour l’avenir. Ces interventions leur permettent non seulement de continuer à apprendre, mais aussi de garder l’espoir et d’imaginer un futur meilleur pour eux-mêmes et pour leur communauté.