« Ici, je me sens bien et en sécurité » à Belladère, des enfants déplacés retrouvent leurs repères.

À Belladère, des espaces amis des enfants et des mécanismes communautaires renforcent la protection des familles déplacées.

Gallardo Honoré
Une séance d'activités psychosociales se déroule sur un site de déplacés.
UNICEF Haïti/2026 Honore
15 septembre 2026

BELLADÈRE, Centre – Le jour où l’insécurité s’est aggravée à Mirebalais, Samantha a dû partir avec ses trois enfants, laissant derrière elle sa maison et la vie qu’elle y avait construite. Comme des centaines d’autres familles déplacées par la violence, elle a trouvé refuge à Belladère, sur le site de déplacés de Club Hôtel. 

 « Quand nous sommes arrivés, j'avais peur pour mes enfants, » confie Samantha. « Mais avec le temps, grâce aux activités de protection, nous ne sommes plus seuls. C'est un soulagement immense de voir mon fils Hamsen participer à des jeux avec d'autres enfants. Ces espaces nous redonnent un sentiment de sécurité, même si mitigé. » À travers ces activités, les enfants accueillis trouvent un espace pour jouer et participer à des activités adaptées notamment des jeux collectifs, des séances de dessin, et des ateliers d’expression, tout en bénéficiant, selon leurs besoins, d’un suivi psychosocial personnalisé animé par des encadreurs communautaires.

Samantha, déplacée originaire de Mirebalais.
UNICEF Haïti/2026 Honore Samantha, déplacée originaire de Mirebalais.
Wilky anime une activité récréative et éducative avec un groupe d'enfants sur le site
UNICEF Haïti/2026 Honore Wilky anime une activité récréative et éducative avec un groupe d'enfants sur le site

Sur le terrain, cet accompagnement repose sur des équipes mobilisées au quotidien auprès des enfants. Parmi elles, Wilky, coordonnateur régional et travailleur social de la Fondation Zanmi Timoun, partenaire de l’UNICEF, sillonne le site. Pour lui, les activités récréatives et les séances d'accompagnement sont devenues bien plus qu'un simple soutien mais plutôt un véritable espace de reconstruction émotionnelle où les enfants peuvent s’exprimer, créer des liens et retrouver progressivement un sentiment de stabilité.

Eltive, chargé de protection pour la Fondation Zanmi Timoun, partenaire de l’UNICEF, forme et sensibilise les jeunes.
UNICEF Haïti/2026 Honore Eltive, chargé de protection pour la Fondation Zanmi Timoun, partenaire de l’UNICEF, forme et sensibilise les jeunes.

Réapprendre à sourire et rêver

Au cœur du site, l'Espace Ami des Enfants est devenu le symbole de ce répit. Là, la peur laisse peu à peu la place au calme et aux éclats de rire. Entre juin et août 2026, plus de 200 enfants ont bénéficié de cet accompagnement psychosocial adapté à leur âge, à leur niveau de vulnérabilité et à leurs besoins spécifiques au centre de transit, 24 parmi eux, ont bénéficié d’un suivi psychosocial focalisé.

Hamsen, 5 ans, souriant après sa participation à des activités de jeux récréatifs.
UNICEF Haïti/2026 Honore Hamsen, 5 ans, souriant après sa participation à des activités de jeux récréatifs.

La joie se voit désormais sur le visage des plus petits, à l'image du fils de Samantha, Hamsen, 5 ans, qui retrouve peu à peu son insouciance :

« Quand je joue ici, je n’ai pas peur, » confie le petit garçon originaire de Mirebalais. « Plus tard, je veux devenir ingénieur pour construire des maisons très fortes. »

Comme Hamsen, d’autres enfants commencent aussi à se projeter dans l’avenir :

« Ici, je m'amuse enfin avec mes amis. Mon grand rêve, c'est de devenir avocate pour défendre les gens, » affirme haut et fort Lovenika, 10 ans.

Lovenicka, 10 ans, participe à des jeux récréatifs organisés sur le site de déplacés de Ferme Le Blanc.
UNICEF Haïti/2026 Honore Lovenicka, 10 ans, participe à des jeux récréatifs organisés sur le site de déplacés de Ferme Le Blanc.

La communauté comme bouclier 

La protection ne vient pas seulement des institutions, elle naît au cœur même de la communauté. Entre juin et août 2026, plus de 110 adultes ont été sensibilisés à la protection de l'enfance et à la prévention des violences basées sur le genre (VBG), 80 personnes ont suivi des formations ciblées, et 21 membres de comités locaux et gestionnaires d'espaces se sont mobilisés.

Jude, lui-même déplacé de Mirebalais, est devenu l'un de ces piliers :

« Je ne me contente pas d'apprendre. Je vais vers les autres pour protéger nos enfants ».

Jude, déplacé originaire de Mirebalais, participe activement à une formation sur la protection.
UNICEF Haïti/2026 Honore Jude, déplacé originaire de Mirebalais, participe activement à une formation sur la protection.

Au-delà du soutien quotidien, les équipes travaillent également à rétablir les liens familiaux rompus par la violence et les déplacements. Plus de 200 enfants non accompagnés et adolescents séparés de leurs parents ont été identifiés, pris en charge et accompagnés jusqu'à leur réunification familiale.

Comme Samantha et ses enfants, de nombreuses familles déplacées bénéficient de ces interventions, financées par le Fonds humanitaire régional pour l'Amérique latine et les Caraïbes (RHPF LAC) et mises en œuvre par l’Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR), l’UNICEF et leurs partenaires, pour renforcer leur protection face aux conséquences du déplacement et permettre aux enfants de se projeter à nouveau dans l’avenir.