VIH/Sida : Lutte contre la stigmatisation et dépistage précoce

Le gouvernement guinéen, l'ONUSIDA et l'UNICEF s'engagent dans la lutte contre la transmission du VIH de la mère à l'enfant.

UNICEF Guinée
Dr. Kadiatou Baldé, médecin généraliste au centre de santé de Ratoma, à Conakry en Guinée assure la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida.
UNICEF/A.Bah
28 octobre 2024
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UNICEF

En 2023, on estime que 128 259 personnes vivent avec le VIH en Guinée, dont 88 132 (environ 69 %) sous traitement antirétroviral. La prévalence générale du VIH dans la population est de 1,5 %, selon l'enquête démographique et de santé de 2018. Ce taux est plus élevé chez les femmes (1,6 %) que chez les hommes (1,3 %), avec les femmes représentant 52 % des adultes vivant avec le VIH.

La lutte contre le VIH/Sida en Guinée demeure un enjeu crucial pour la santé publique. Malgré les avancées réalisées grâce au Programme National de Lutte contre le VIH/Sida et aux efforts des associations locales, des défis importants persistent. La stigmatisation, un faible taux de dépistage et un accès limité aux soins freinent les efforts pour endiguer la propagation du virus.

Dr. Kadiatou Baldé, médecin généraliste au centre de santé de Ratoma à Conakry, souligne l'importance d'une sensibilisation accrue au VIH. Elle indique que la population n'est pas suffisamment informée sur la maladie, ce qui alimente les craintes de se faire dépister. « Les obstacles liés à l'accès aux soins incluent d'abord le faible niveau de dépistage de la population, la stigmatisation. La population n'est pas suffisamment informée sur le VIH et beaucoup craignent de se faire dépister, craignant d'être rejetés. Ces facteurs influencent fortement la prise en charge des personnes vivant avec le VIH », explique-t-elle. Pour répondre à ce problème, le système de santé guinéen avec le soutien de l’UNICEF a mis en place des stratégies qui incluent le dépistage systématique lors des consultations prénatales, permettant ainsi de réduire le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant. Dr. Saidou, médecin responsable de la prise en charge des enfants vivant avec le VIH, insiste sur les défis de la prise en charge pédiatrique : 

« Nous avons affaire à des enfants qui ne peuvent pas toujours exprimer ce dont ils souffrent, ni comprendre l’importance du traitement. Un enfant porteur du VIH a du mal à suivre correctement son traitement, ce qui est différent de la prise en charge des adultes. Il est crucial que ces jeunes patients bénéficient d’un soutien adapté à leurs besoins spécifiques. »

Les traitements antirétroviraux sont désormais accessibles gratuitement, ce qui a eu un impact significatif sur la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH. « La prise en charge des patients commence immédiatement après le dépistage. Désormais, dès qu'un patient est confirmé séropositif, il a accès aux soins », déclare Dr. Kadiatou.

Parallèlement, la lutte contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH/Sida est au cœur des initiatives de sensibilisation. Dr. Kadiatou mentionne que 

« la stigmatisation a considérablement diminué grâce à la multiplication des associations de personnes vivant avec le VIH/Sida. Ces groupes jouent un rôle essentiel en montrant que ces personnes ne sont pas seules et qu'elles peuvent mener une vie normale. »

Il est également crucial d’impliquer les communautés dans la sensibilisation au VIH. Cela se fait en collaboration avec des agents psychosociaux et des chefs de quartier. Dr. Kadiatou met l'accent sur l'importance de cette approche : « Le manque d’information et les préjugés poussent de nombreuses personnes à éviter les tests, par peur de la stigmatisation. En renforçant l'accès à l'information et au dépistage, il est possible d'améliorer l'adhésion au traitement et de réduire la transmission du virus.”

Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est un virus qui attaque le système immunitaire du corps. L'infection par le VIH est une affection chronique maîtrisable. Grâce au traitement, les personnes vivant avec le VIH peuvent vivre longtemps et en bonne santé. Cependant, si elle n'est pas traitée, elle peut affaiblir le système immunitaire ou évoluer vers le syndrome d'immunodéficience acquise (sida).

Le VIH se transmet principalement par des rapports sexuels non protégés, par le sang (utilisation d'aiguilles contaminées, à travers des transfusions sanguines non sécurisées, etc.) et d'une mère à son enfant pendant la grossesse, à l'accouchement ou par l'allaitement.

Grâce aux efforts du gouvernement guinéen et du soutien de l'ONUSIDA et des fonds thématiques de l'UNICEF, des progrès significatifs ont été réalisés dans la lutte contre la transmission du VIH de la mère à l'enfant. Dr. Kadiatou conclut en soulignant que « un dépistage précoce, associé à un traitement approprié, permet aujourd'hui de vivre une vie longue et en bonne santé. » 

Dr. Baldé Saidou, médecin responsable de la prise en charge des enfants vivant avec le VIH/Sida au centre de santé de Ratoma, à Conakry en Guinée.
UNICEF/A.Bah Dr. Baldé Saidou, médecin responsable de la prise en charge des enfants vivant avec le VIH/Sida au centre de santé de Ratoma, à Conakry en Guinée.
Dr. Kadiatou Baldé, médecin généraliste au centre de santé de Ratoma, à Conakry en Guinée assure la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida.
UNICEF/A.Bah Dr. Kadiatou Baldé, médecin généraliste au centre de santé de Ratoma, à Conakry en Guinée assure la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida.
L'Acriptega, un médicament antirétroviral utilisé pour traiter le VIH, combine trois molécules en un seul comprimé pour lutter contre la réplication du virus.
UNICEF/A.Bah L'Acriptega, un médicament antirétroviral utilisé pour traiter le VIH, combine trois molécules en un seul comprimé pour lutter contre la réplication du virus.