Tout ce que vous devez savoir sur la pneumonie chez l’enfant

La pneumonie tue plus d’enfants que toute autre maladie infectieuse.

UNICEF
Une vaccin contre la pneumonie, Mali, 2018,
UNICEF/UN0198282/Njiokiktjien VII Photo
28 janvier 2020

Souvent associée aux personnes âgées, la pneumonie est pourtant la maladie infectieuse la plus meurtrière pour les enfants à l’échelle mondiale. Elle tue plus de 800 000 enfants de moins de 5 ans chaque année, dont plus de 153 000 nouveau-nés, qui courent un risque particulièrement élevé d’infection.

Un enfant meurt des suites d’une pneumonie toutes les 39 secondes alors que la quasi-totalité de ces décès sont évitables.

Quelles sont les causes de la pneumonie ?

La pneumonie est une infection respiratoire aiguë qui touche les poumons. Elle n’a pas de cause unique – elle peut être provoquée par des bactéries, des virus ou des champignons présents dans l’air. Les poumons d’un enfant infecté se remplissent de liquide, ce qui l’empêche de respirer correctement. Les enfants qui ont un système immunitaire immature (les nourrissons) ou affaibli par la dénutrition ou des maladies comme le VIH, par exemple, sont plus susceptibles de contracter une pneumonie.

Quels sont les symptômes de la pneumonie ?

La pneumonie est une infection des poumons. Elle se manifeste généralement par de la toux, des difficultés à respirer et de la fièvre. Les enfants qui souffrent de pneumonie respirent souvent rapidement. Il se peut également que leur paroi thoracique inférieure se replie ou se rétracte lorsqu’ils inspirent (alors que chez une personne en bonne santé, celle-ci a tendance à s’élargir).

La pneumonie est-elle contagieuse ?

La pneumonie est contagieuse. Elle peut se propager au moyen de particules suspendues dans l’air (toux ou éternuements), de liquides (tels que le sang durant l’accouchement) ou de surfaces contaminées.

Comment diagnostique-t-on la pneumonie chez l’enfant ?

Les agents de santé peuvent diagnostiquer la pneumonie en procédant à un examen physique, notamment en vérifiant la présence de schémas respiratoires anormaux et en écoutant les poumons de l’enfant. Le diagnostic peut également être établi à l’aide d’une radiographie pulmonaire ou d’une analyse de sang.

Dans les pays qui ne sont pas dotés d’un système de santé efficace (manque de médecins, de possibilités de réaliser des radiographies pulmonaires et de laboratoires), les agents de santé n’ont souvent pas d’autres moyens que de compter le nombre de respirations de l’enfant par minute pour diagnostiquer la pneumonie. Par exemple, un enfant de 5 mois enregistrant 50 respirations par minute respire trop vite, ce qui indique qu’il pourrait souffrir de pneumonie. Le nombre de respirations correspondant à une « respiration rapide » dépend de l’âge de l’enfant – généralement, les enfants plus jeunes respirent plus rapidement que les enfants plus âgés.

Comment traite-t-on la pneumonie ?

Le traitement dépend de l’origine de la pneumonie. Dans les pays en développement, beaucoup de cas de pneumonie sont provoqués par des bactéries et peuvent être traités avec des antibiotiques bon marché. Pourtant, seul un tiers des enfants atteints de pneumonie reçoivent les antibiotiques dont ils ont besoin parce qu’ils n’ont pas accès à des soins de santé de qualité. Des traitements différents doivent être appliqués lorsque la pneumonie est provoquée par un virus ou des mycobactéries, comme dans le cas de la tuberculose, qui reste souvent non diagnostiquée.

Les enfants atteints de pneumonie aiguë ont souvent besoin d’oxygène, l’inflammation de leurs poumons empêchant l’oxygène d’affluer en quantité suffisante dans leur système sanguin. Cependant, dans de nombreux pays dépourvus d’un système de santé efficace, l’oxygénothérapie est uniquement disponible dans les structures de santé et les hôpitaux de niveau supérieur.

La pneumonie est-elle évitable ?

On peut éviter la pneumonie en augmentant les mesures de protection (par exemple, une bonne nutrition), en réduisant les facteurs de risque, tels que la pollution atmosphérique (qui accroît la vulnérabilité des poumons aux infections), et en adoptant de bonnes pratiques d’hygiène. En effet, des études ont montré que le fait de se laver correctement les mains avec du savon diminue l’exposition aux bactéries et réduit ainsi les risques de pneumonie de 50 %.

Existe-t-il un vaccin contre la pneumonie ?

Les pneumonies causées par des bactéries sont facilement évitables par la vaccination. Pourtant, en 2018, 71 millions d’enfants n’avaient pas reçu les trois doses recommandées du vaccin primaire contre la pneumonie (PCV). Un nouveau vaccin contre l’une des principales causes virales de la pneumonie est en cours de développement.

Où enregistre-t-on le plus grand nombre de décès d’enfants imputables à la pneumonie ?

Les pays qui enregistrent le plus grand nombre de décès imputables à la pneumonie chez les enfants, tels que l’Éthiopie, l’Inde, le Nigéria, le Pakistan et la République du Congo, se trouvent en Afrique subsaharienne et en Asie. Pris ensemble, ces cinq pays enregistrent plus de la moitié de tous les décès dus à la pneumonie chez les enfants de moins de 5 ans.

Les décès d’enfants imputables à la pneumonie sont concentrés dans les pays les plus pauvres du monde, où les premières victimes sont les enfants les plus démunis et les plus marginalisés. Ces derniers ont souvent un accès limité, voire inexistant, aux services de santé de base et sont plus vulnérables aux autres menaces qui pèsent sur leur santé, telles que la malnutrition, les maladies infectieuses et la pollution atmosphérique. La plupart vivent dans des contextes fragiles ou de crise humanitaire, propices à l’augmentation des facteurs de risque et à l’effondrement des systèmes de santé.

Quel est le lien entre la pollution atmosphérique et la pneumonie ?

La pollution atmosphérique peut considérablement augmenter les risques d’infection respiratoire, dont les risques de pneumonie. Près de la moitié des décès d’enfants imputables à la pneumonie sont liés à la pollution de l’air.

La pollution atmosphérique extérieure constitue un risque pour les enfants, d’autant que les taux d’urbanisation ne cessent de croître dans les pays fortement touchés par la pneumonie. Cependant, la pollution atmosphérique intérieure, générée par l’utilisation de combustibles de mauvaise qualité pour la cuisine et le chauffage, constitue une menace encore plus importante dans le monde. Ce type de pollution est responsable de 62 % des décès d’enfants imputables à une pneumonie liée à la pollution de l’air.

Comment éradiquer la pneumonie ?

Pour éradiquer la pneumonie, nous devons mettre en place des mesures visant à réduire les facteurs de risque, à protéger le système immunitaire des enfants et à garantir que tous les enfants ont accès à des soins de santé de qualité, gratuits sur le lieu de soin et dispensés par des agents de santé disposant de la formation et du matériel nécessaires.

La pneumonie est évitable à condition que les nouveau-nés et les jeunes enfants soient rapidement nourris au sein, reçoivent les vaccins nécessaires, aient accès à une eau salubre et à une alimentation adaptée, et ne soient pas trop exposés à la pollution atmosphérique.

Si l’on veut traiter la pneumonie, les familles doivent pouvoir consulter facilement des agents de santé formés qui disposent des médicaments et des outils de diagnostic adéquats.

Tant la prévention que le traitement requièrent la fourniture de soins de santé primaires de qualité ainsi que l’engagement et l’autonomisation des communautés. Cependant, à l’échelle mondiale, seuls 68 % des enfants présentant des symptômes de la pneumonie voient un professionnel de la santé.

La pneumonie tue un enfant toutes les 39 secondes. Nous devons prendre des mesures immédiates si nous voulons mettre un terme à ces décès évitables. La présence d’agents de santé formés et équipés du matériel nécessaire pour prévenir et traiter la pneumonie peut influencer l’évolution de cette maladie et donner à chaque enfant une chance de vivre.