Zougouzoua : là où la communauté veille sur elle-même

Les membres du comité de veille formés pour devenir les yeux et les oreilles de la communauté.

Lydia Kouadio
Les membres du comité de veille de Zougouzoua en réunion
UNICEF / 2025 / Lydia Kouadio
23 février 2026

À Zougouzoua, comme partout ailleurs une conviction traverse les générations : « La santé n’a pas de prix. » C’est cette idée simple mais puissante qui a donné au comité de veille, une équipe composée de celles et ceux qui portent la vie du village sur leurs épaules.

Les membres ont été formés pour devenir les yeux et les oreilles de la communauté. Chaque membre veille, écoute et observe. Le moindre signe inhabituel : une maladie, une épidémie, une infection, un cas de violence basée sur le genre, un problème scolaire, doit être signalé immédiatement pour que la communauté puisse agir sans attendre. 
 

Le comité rassemble les figures clés du village : le chef, la présidente des femmes, les leaders religieux, l’ASC, le président de la communauté baoulé, le directeur d’école et l’infirmier du village. Le chef du village, Yves Richmond Gohoro, a accepté d’en devenir le président. Son engagement ne date pas d’hier. Avant même la création du comité, Zougouzoua avait traversé une épidémie de rougeole qui avait ciblé tout un campement. 
C’est lui qui avait insisté pour que la vaccination soit menée, maison par maison, dans tout le campement, puis dans tout le village de Zougouzoua. 

La formation m’a montré que je faisais déjà ce travail-là, dit-il avec humilité. Mais aujourd’hui, je sais que je dois aller plus loin. Nous sommes désormais engagés pour mener les activités ! 

Gohoro
Président du comité de veille de Zougouzoua
UNICEF / 2025 / Lydia Kouadio

À ses côtés, il y a Brigitte Domé, présidente des femmes depuis deux ans. En tant que présidente des femmes, son rôle est de communiquer avec les femmes, sur les sujets d’hygiène communautaire et de préparation des fêtes de fin d’année. En dehors de ce titre, Brigitte est agricultrice, elle cultive le riz, le manioc, le gombo… La formation du comité a élargi son champ d’action.

 
« J’ai appris beaucoup de choses concernant la santé des enfants et de la communauté. Maintenant, je peux intervenir au-delà de ma maison et surtout transmettre tout ce que j’apprends aux femmes. » Brigitte 
En effet, ce sont les femmes qui détectent plus tôt les premiers signes : un bébé qui ne mange plus, une fièvre qui persiste, une allergie, etc.

Grâce au comité de veille, cette observation est collective et organisée. L’ONG Sauvons 2 vies joue le rôle d’intermédiaire entre le comité et l’UNICEF dans le cadre du projet ENACTE, facilitant la coordination et le suivi des activités.