Le camp national U-Report, l’expérience des demandeurs d’asile

Les demandeurs d’asile ont pu sortir de leur zone de confort et vivre l’expérience U-Report.

Moise Nawa Tuo
Les U-Reporters, les jeunes demandeurs d’Asile et les ambassadeurs de la paix.
UNICEF / 2025 / Daniella Coulibaly
09 septembre 2025

Plus de 600 adolescents et jeunes U-Reporters venus de toute la Côte d’Ivoire se sont retrouvés à Man pour la 4e édition du camp national U-Report Côte d’Ivoire du 2 au 12 août 2025. Parmi eux, dix jeunes demandeurs d’asile, originaires des camps de Nioronigué à Ouangolodougou et de Timalah à Bouna, ont pris part à cette rencontre. Durant ces dix jours d’activités intenses, ils ne sont pas restés en marge, bien au contraire : ils se sont engagés avec enthousiasme aux côtés des autres participants.

Bien qu’étant à sa première participation, Barry Alidou, demandeur d’asile de Timalah, a bien voulu donner son ressenti :

« Je trouve le camp U-Report génial ! Je suis très timide de nature, j’avoue qu’au début, je me sentais un peu perturbé. Mais après la première journée, j’ai trouvé que tout le monde était sympa et cela m’a permis de m’intégrer facilement dans les activités et d’échanger avec les autres participants. » Alidou Barry  
 

Alidou Barry, demandeur d’asile participant au camp U-Report.
UNICEF / 2025 / Daniella Coulibaly

Dans ma communauté, j’arrive à peine à m’exprimer, bien que j’aie des idées, ma timidité me freine. Pourtant, ici, j’ai réussi à m’ouvrir, participer aux débats et à surmonter ma peur du regard des autres. Je pense désormais pouvoir porter les causes de ma communauté.

Alidou

Tout comme Alidou, Tall Ousseini a su dépasser sa timidité et s’est pleinement investi dans toutes les activités proposées. À l’image d’un vrai chef d’équipe, il parvenait à motiver ses camarades tout en se fondant naturellement dans le groupe.  
« J’ai la chance de visiter la Côte d’Ivoire à travers les différentes communautés représentées et j’en ai bien profité. J’ai appris sur la culture des autres et je leur ai aussi partagé la mienne. Être avec tous ces jeunes pendant 10 jours m’a donné une nouvelle énergie, celle de m’engager davantage pour ma communauté. » Tall Ousseini

Après Alidou et Tall, c’est au tour d’une jeune fille de faire entendre sa voix. Oriatou Bolly, demandeuse d’asile au camp de Nioronigué. Elle a participé activement à la 4e édition du camp national U-Report Côte d’Ivoire. Elle nous dit :  Oriatou  

Au début, ce n’était pas évident, car je me retrouvais dans un environnement totalement nouveau. Mais grâce à l’accueil chaleureux des autres participants, j’ai réussi à m’intégrer et à communiquer facilement avec tout le monde. J’ai trouvé le camp vraiment génial.

Oriatou
Oriatou Bolly, demandeuse d’asile participant au camp U-Report.
UNICEF / 2025 / Kra Aurel

Oriatou se dit aujourd’hui encore plus motivée à impulser du changement dans sa communauté. Pour elle, comme pour tous les autres participants, cette aventure est une découverte qui lui a permis d’apprendre énormément auprès des jeunes venus de toute l’étendue du territoire ivoirien. 

Pour nos jeunes amis demandeurs d’asile, participer à ce camp a été une véritable thérapie, leur offrant l’occasion de révéler leur potentiel et leurs talents cachés.

Abdoulaye Barry, du camp de Nioronigué, a insisté sur le fait que : 
« Ce camp a été le moment le plus passionnant depuis que nous avons mis les pieds en Côte d’Ivoire. » 

Les U-Reporters en pleine rénovation de la peinture d’une école.
UNICEF / 2025 / Daniella Coulibaly
Les U-Reporters en pleine rénovation de la peinture d’une école.
UNICEF / 2025 / Daniella Coulibaly

À l’unanimité, les jeunes demandeurs d’asile ont exprimé leur souhait d’être davantage impliqués dans les initiatives communautaires. Ils y voient une occasion précieuse de développer leurs compétences, d’apprendre au contact d’autres jeunes et de renforcer leur confiance en eux.

En facilitant la participation des jeunes demandeurs d’asile des camps de Timalah et de Nioronigué à la 4ᵉ édition du camp national U-Report Côte d’Ivoire grâce au soutien financier du PBF Ghana, l’UNICEF a semé en chacun d’eux une graine d’espoir. L’espoir d’un avenir meilleur, éloigné des crises et de la vulnérabilité. L’espoir d’un futur où ces jeunes demandeurs d’asile deviendront de véritables moteurs de changement au sein de leurs communautés et au-delà.