L’allaitement maternel est-il un choix ?

L’allaitement maternel exclusif est faiblement pratiqué par les femmes modernes, pourtant, il est une condition essentielle à la bonne nutrition et la croissance des enfants.

Lydia Kouadio
Allaitement maternel
UNICEF / 2024 / Frank Dejongh
02 octobre 2024

Dans notre contexte moderne, l’allaitement est considéré comme un choix pour les mères. Seulement 34% de femmes pratiquent l’allaitement exclusif. Pourtant, l’allaitement exclusif est un droit pour chaque enfant de 0 à 6 mois. Grâce au lait maternel, l’enfant est mieux nourri, il développe son lien avec sa mère, ses capacités cognitives et donc son identité. Ce droit détermine implicitement un devoir pour chaque parent, en l’occurrence les mères. Le lait dans le sein de la femme est produit lorsque la femme donne la vie à son bébé mais surtout quand l’enfant tète régulièrement le sein. En effet, lorsque l’enfant tète le sein de sa mère, le cerveau produit des hormones à savoir, l’ocytocine et la prolactine qui servent à booster la production de lait suffisant pour les besoins de bébé. Plus l’enfant tète le sein de sa mère, plus elle aura du lait pour le nourrir. 

La femme est la seule de façon directe à pouvoir honorer le devoir que représente l’allaitement exclusif pour l’enfant de 0 à 6 mois. Ensuite à partir de 6 mois, elle poursuit l’allaitement avec l’apport des aliments de complément. 

Pourtant nous remarquons que de plus en plus de femmes n’allaitent pas surtout dans le contexte urbain. Certaines semblent vivre un inconfort lorsqu’elles allaitent : les morsures du bébé, le fait de devoir se dénuder lorsqu’elles allaitent en public, le temps que l’allaitement exclusif exige et l’incapacité de maintenir l’allaitement parce qu’elles doivent reprendre le travail généralement trois mois après leur accouchement alors que l’allaitement exclusif doit se faire dès la naissance et jusqu’à six mois, etc. Tandis que d‘autres ne souhaitent tout simplement pas le faire parce qu’elles ont d’autres options sur le marché, à savoir les substituts du lait maternel.  

Allaitement maternel
UNICEF / 2024 / Frank Dejongh

Les substituts du lait maternel 

Justus von Liebig, chimiste allemand ayant étudié à Paris, a écrit et publié en 1865 un article sur un substitut du lait maternel : une farine lactée à base de malt. Ce premier substitut du lait maternel a été commercialisé à Munich et à Londres et a connu un énorme succès. À la suite de cet article, plusieurs chercheurs ont proposé eux aussi des substituts du lait maternel. Il s’agit par exemple de Henri Nestlé, Maurice Guigoz, grâce à qui le premier lait en poudre pour bébé a été commercialisé. C’est en 1874 que le premier lait en poudre pour enfant voyait le jour. En effet, cette invention avait pour intention de soutenir l’alimentation des nouveau-nés en l’absence de lait maternel, dans le cas où la mère décédait durant ou après l’accouchement ou que des circonstances médicales l’empêchaient d’assurer l’allaitement au sein. Puis plusieurs marques de lait artificiel sont arrivées sur le marché. 100 ans plus tard, en 1974, un grand déclin au niveau mondial de la pratique de l’allaitement maternel a été décrié lors de la Vingt-Septième Assemblée mondiale de la Santé. Le lait artificiel ou maternisé avait déjà commencé à prendre ses marques dans les mœurs… En 2024, le sujet est toujours d’actualité. 

 

Le problème du lait artificiel

Le lait artificiel tel qu’on le connait aujourd’hui est un substitut du lait maternel fabriqué principalement avec du lait de vache. Le lait de vache est destiné aux veaux mais il a toujours été consommé par les humains surtout par les familles de bergers. Il est également utilisé pour former d’autres produits dérivés comme le fromage, le yaourt, le beurre, etc. Le lait artificiel ou maternisé est composé de nutriments comme les protéines, le fer, le sodium et les lipides, dont les teneurs sont lourdes pour le nourrisson. De plus leurs vertus protectrices contre les maladies restent faibles par rapport au lait maternel et les risques liés à leur consommation régulière par le nouveau-né sont élevés. Selon l’OMS et l’UNICEF, les substituts du lait maternel représentent un risque non négligeable pour la digestion de l’enfant car ils favorisent généralement des infections mortelles pour l’enfant. Les maladies diarrhéiques, les coliques, les affections respiratoires, le diabète mais aussi l’obésité, sont très fréquents chez les enfants n’ayant pas été allaité au sein. Pourtant les substituts du lait maternel existent bel et bien et prennent plus de place que le lait maternel de la mère. C’est pourquoi, en 1981, l’Assemblée mondiale de la Santé a mis un point d’honneur sur la règlementation de la promotion des substituts du lait maternel sur le marché et dans les publicités en adoptant le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, dans le but de rehausser le taux d’allaitement au sein, qui est une condition pour la bonne nutrition de chaque enfant.  

nourrisson initiative UNICEF
UNICEF / 2024 / Guy Achy

Lorsque le lait maternel coule à flot pour chaque enfant 

Akissi Brigitte, 30 ans est une mère de trois enfants dont Sarah Précieuse qui a deux mois. Akissi a toujours nourri ses enfants au lait maternel uniquement. 

 Dans toutes mes maternités j’ai toujours donné le sein, je n’ai jamais donné de substitut du lait maternel. Pour moi, c’était important de donner mon lait à mes enfants. De plus, j’ai assez de lait ainsi, ma Précieuse est bien nourrie. 

Akissi

Akissi est un modèle car elle a toujours choisi de pratiquer l’allaitement maternel uniquement et jamais elle ne l’a regretté, au contraire, ses enfants sont en pleine santé et grandissent en maintenant le lien qu’ils ont tissé depuis le sein de leur maman. 

À l’occasion de la journée mondiale de l’allaitement maternel, dont le thème est « Soutien à l’allaitement maternel pour toutes », l’UNICEF et ses partenaires encouragent les mères à opter pour l’allaitement maternel pour leur santé et celle de leur bébé.