Flomy, en première ligne contre le choléra à Mbamou
Sur l’île isolée de Mbamou, Flomy et son équipe luttent chaque jour contre le choléra pour protéger leur communauté
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Un combat dans l’isolement
Au cœur de l’île M’bamou se trouve le Centre de Santé Intégré (CSI) de Mbamou Centre, que dirige Flomy depuis février 2025. Sa zone d’action couvre trois villages – Moutou ya Ngombe, Likouala et Mbamou – où vivent plus de 3 000 personnes dépendant du centre pour leurs soins.
L’île, qui compte environ 15 000 habitants, est difficile d’accès. Elle n’est reliée ni au réseau électrique ni aux routes. Pour rejoindre Lissanga, le chef-lieu du district sanitaire, il faut naviguer une heure en pirogue motorisée, puis encore deux heures et demie avant d’arriver à Mbamou Centre.
« Ici, chaque acte médical est un défi », explique Flomy. Le centre fonctionne grâce à un unique panneau solaire, souvent en panne, et ne dispose que de trois lits, d’une salle de consultation, d’un bloc d’accouchement et d’une petite pharmacie.
Face à l’épidémie de choléra
Le 2 juillet 2025, le premier cas de choléra a été signalé sur l’île. Moins d’un mois plus tard, le Gouvernement a déclaré l’épidémie dans le district sanitaire. Depuis, Flomy et son équipe sont en première ligne.
« Nous avons pris en charge 173 cas, avec un seul décès qui n’était pas directement lié au choléra », raconte-t-il. « Nous observons une accalmie, mais le risque reste présent. »
Avec l’appui de l’ONG Eau et Assainissement pour l’Afrique (EAA) et de l’UNICEF, une zone du centre a été entièrement réaménagée pour accueillir les patients atteints du choléra. Des circuits sécurisés ont été mis en place pour la prise en charge, le lavage des mains et la désinfection du matériel.
La mobilisation communautaire, clé de la riposte
Les journées de Flomy commencent à l’aube. Avec ses collègues, ils assurent les soins, la surveillance épidémiologique et les activités de sensibilisation.
« Grâce à l’appui de l’EAA et de l’UNICEF, nous faisons du porte-à-porte pour informer la population », explique-t-il. « Partout où nous voyons des gens réunis, nous passons le message : se laver les mains, traiter l’eau, signaler les cas. »
Leur mission comporte aussi des risques.
« Mes mains étaient comme brûlées à force d’être plongées dans le chlore », confie Flomy. « Nous devons protéger les autres, mais aussi nous protéger nous-mêmes. Être un modèle pour la communauté, c’est essentiel. »
Une réponse coordonnée et durable
Grâce au financement de l’UNICEF (via le CERF et l’EPF), le partenaire EAA a renforcé la réponse à Mbamou et à Mossaka :
- 5 216 ménages ont reçu des kits d’hygiène et des comprimés de traitement de l’eau.
- 152 points d’eau ont été désinfectés et 9 forages réhabilités.
- 28 205 personnes ont été sensibilisées à l’hygiène et aux gestes préventifs.
- 60 relais communautaires ont été formés pour relayer l’information et recueillir les feedbacks.
- 6 focus groups ont permis d’exprimer les besoins des communautés, notamment le manque de latrines adaptées aux sols sableux.
Ces mécanismes communautaires favorisent une écoute directe des populations et une adaptation continue des interventions, essentielles à la durabilité de la riposte.
Le courage au service de la vie
Malgré l’isolement, le manque de moyens et la menace sanitaire, Flomy continue de servir avec détermination.
Son dévouement illustre le courage silencieux de centaines d’agents de santé congolais mobilisés contre le choléra.
« Nous ne pouvons pas baisser les bras », conclut-il.
« Tant qu’il y aura un risque, nous serons là pour protéger notre communauté. »
Grâce à l’engagement de Flomy, de son équipe et du soutien conjoint du Gouvernement, de l’UNICEF et de ses partenaires, des milliers de vies sont protégées sur l’île de Mbamou.