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Détecter à temps pour sauver des vies

À Gamboma, la vigilance d'un agent de surveillance a permis de détecter rapidement les premiers cas de choléra

Andréa MOY
Martin Ossokoue_Responsable de la surveillance epidemiologique du district de Gamboma se désinfecte les mains
UNICEF/2026/Moy
01 octobre 2026

Martin Ossokoué se souvient encore du jour où une jeune femme d'une vingtaine d'années est arrivée à l'hôpital de Gamboma avec une diarrhée particulièrement sévère.

Pour beaucoup, cela aurait pu ressembler à un cas parmi d'autres. Mais pour cet agent chargé de la surveillance épidémiologique du district sanitaire, quelque chose semblait différent.

« Cela a attiré notre attention », raconte-t-il. En échangeant avec la jeune femme, Martin apprend qu'une autre personne de sa famille, une femme âgée, souffre des mêmes symptômes à domicile. Face à cette situation inhabituelle, lui et ses collègues décident d'approfondir leurs investigations.

Quelques semaines auparavant, dans le cadre de son soutien aux efforts du Gouvernement de la République du Congo pour prévenir et répondre au choléra dans le département de la Nkéni-Alima, l'UNICEF avait fourni au ministère de la Santé et de la Population plusieurs intrants essentiels, dont des tests de diagnostic rapide.

Boîte de test rapide cholera
UNICEF/2026/Moy

Ces tests vont permettre aux équipes sanitaires d'agir sans attendre.

Le premier résultat est positif. Un second test effectué au domicile familial confirme les soupçons. Les échantillons envoyés à Brazzaville valideront ensuite officiellement la présence du choléra.

Pour Martin, cette détection rapide marque le début d'une course contre la montre.

« Parmi les quatre personnes malades dans cette maison, deux étaient positives », explique-t-il.

Les patients bénéficient rapidement d'une prise en charge grâce aux médicaments et consommables déjà disponibles. Des espaces d'isolement sont mis en place et les équipes renforcent les mesures de prévention afin de limiter tout risque de propagation.

La femme âgée ne survivra malheureusement pas à la maladie. Sa fille et les autres membres de la famille se rétabliront.

“ Sans l'aide de l'État et des partenaires, ce serait une catastrophe.”

Martin OSSOKOUE

Dans une région où de nombreuses familles vivent loin des centres de santé et disposent de ressources limitées, Martin sait que chaque heure gagnée peut faire la différence.

« Sans l'aide de l'État et des partenaires, ce serait une catastrophe », affirme-t-il.

Au-delà des intrants médicaux, les structures sanitaires ont également reçu des équipements de protection individuelle. Grâce à ces mesures, aucun cas de contamination n'a été enregistré parmi le personnel soignant.

Aujourd'hui encore, Martin poursuit son travail de surveillance et de sensibilisation auprès des communautés. Même si aucun nouveau cas n'a été détecté récemment à Gamboma, le risque demeure dans certaines zones voisines.

« Nous faisons le nécessaire pour informer les populations et rappeler les mesures de prévention », explique-t-il.

Pour lui, cette expérience a confirmé une conviction essentielle : la préparation sauve des vies.

À Gamboma, les tests étaient disponibles avant même l'apparition des premiers cas. Les équipes étaient formées. Les intrants étaient déjà sur place.

Lorsque le choléra est apparu, il était déjà possible d'agir.