"Nous n’avions pas le choix" : Des réfugiées soudanaises à Adré témoignent des violences sexuelles
Des réfugiées soudanaises à Adré témoignent des violences sexuelles
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Lors de la visite de Son Altesse Royale la Duchesse d'Édimbourg ce 13 octobre à la frontière entre le Tchad et le Soudan, Dr Sophie Léonard Représentante Adjointe de l’UNICEF Tchad a rencontré des femmes refugiées survivantes de violences sexuelles liées au conflit au Soudan. Au cours d’un entretien confidentiel, ces femmes ont partagé leurs histoires de vie dans le de but porter à l’attention de la communauté internationale les atrocités qu’elles ont vu et vécu et qui se passent encore aujourd’hui au Soudan.
« Nous voulons que les gens sachent ce que nous avons vécu ; les hommes armés sont entrés dans El Geneina, ils nous ont tout pris, ils ont séparé les hommes et les jeunes garçons et nous ne savons pas où ils les ont emmenés. Nous les femmes, ils nous ont violé et frappé celles qui refusaient de se soumettre ; tout cela devant nos filles, et même nos petites filles aussi ont été violées »
a exprimé avec colère une femme refugiée venue trouver refuge dans la ville de Adré. Une autre femme, la tête basse ajoute que dans la ville d’El Geneina, celles qui sortent pour chercher à manger doivent se soumettre (sexuellement) à ces hommes :
« Nous étions obligées de sortir pour pouvoir nourrir nos enfants qui étaient enfermés à la maison, nous n’avions pas le choix ». Une autre femme prend la parole et dit « Nous avons fui El Geneina il y a 8 mois et, sur la route, nous avons été arrêtés par des hommes armés, ils ont dit aux femmes et aux enfants de sauter dans la rivière et ceux qui levaient la tête pour respirer, ils leur tiraient dessus » Sa voisine la complète : « Moi j’ai vu des corps empilés sur la route ».
Ces femmes victimes ou témoins d’enlèvements, de viols, d’agressions et d’exploitation sexuelle, et autres formes de violence au Soudan et au cours de leur voyage sont des survivantes. La plupart de ces femmes sont venues seules avec leurs enfants, chercher refuge à Adré, la première ville à la frontière en venant d'El Geneina. Elles ne savent pas où sont leurs maris et leurs garçons, toutes ont perdu des membres de leur famille et racontent que des familles entières ont été décimées.
« Chaque jour en moyenne 400 réfugiés, avec des pics jusqu’à 1.000 personnes par jour, traversent la frontière et arrivent à Adré », explique Dr Sophie Léonard.
« Les réfugiés venus du Soudan se regroupent ici à Adré dans des abris de fortune. Ils sont actuellement plus de 200.000 en attente d’une relocalisation vers un camp. Jusqu’à présent la réponse de l’UNICEF s’était concentrée sur des interventions « life saving » ; l’eau, la prise en charge des cas de malnutrition, la réunification familiales, etc. A présent nous sommes fiers d’avoir pu ouvrir au sein de l’hôpital de district d’Adré, un centre intégré de prise en charge des violences basées sur le genre où les femmes peuvent bénéficier d’une prise en charge médicale, psychologique, sociale et juridique ».
C’est dans ce Centre Intégré de Services Multi-Sectoriels (CISM) au sein de l’hôpital district d’Adré que les survivantes ont partagé leur témoignage. Ce centre, qui a fait partie de la visite de la Duchesse d'Édimbourg, a été réhabilité et équipé par l’UNICEF et permet la prise en charge holistique des survivants de Violences Basées sur le Genre - VBG. Le CISM représente l’effort conjoint du Ministère de la Femme et de la Petite Enfance et des agences de Nations Unies (UNICEF, UNFPA, PNUD, OMS) pour la prise en charge holistique des survivantes/s de VBG dans une zone de crise humanitaire.