Mariam : de l'ombre du conflit à l'espoir d'une nouvelle vie
Derrière chaque enfant associé aux groupes armés se cache un parcours de souffrance, mais aussi un immense potentiel lorsqu'une seconde chance lui est offerte.
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À seulement 17 ans, Mariam porte déjà les séquelles d’une enfance marquée par la violence, la perte et la privation. Ayant récemment quitté un groupe armé, elle voit son avenir comme un nouveau départ.
« Je veux juste retrouver une vie normale, apprendre un métier et ne plus jamais avoir à vivre la guerre »
Originaire du village de Pehouri, situé à une vingtaine de kilomètres de Baboua, dans la préfecture de la Nana-Mambéré en République centrafricaine, Mariam a vu son destin basculer très tôt. En 2014, alors qu'elle n'avait que cinq ans, son village a été attaqué par des hommes armés, comme elle raconte : « Je me souviens que ma vie a changé lorsque mes parents sont morts. Je ne comprenais pas pourquoi ils avaient été tués. Après cela, je suis restée avec ma grand-mère, qui a fait tout ce qu’elle pouvait pour prendre soin de moi. » elle a dû grandir dans un environnement où l'insécurité est devenue le quotidien.
Pehouri est une localité principalement tournée vers l'élevage. Depuis plusieurs années, les populations vivent sous la menace permanente des groupes armés, des coupeurs de route et des ravisseurs qui convoitent les troupeaux de bétail. Les conséquences de cette insécurité sont considérables : l'école du village a été entièrement détruite lors des violences de 2014 et n'a jamais été reconstruite. Aujourd'hui encore, les habitants ne disposent ni d'établissement scolaire ni d'accès à l'eau potable.
Malgré ces conditions extrêmement difficiles, la grand-mère de Mariam s'est battue pour préserver l'avenir de sa petite-fille. Après leur déplacement vers un site situé à environ cinq kilomètres de Baboua, elle est parvenue, avec de très faibles moyens, à l'inscrire à l'école en 2015.
Pendant plusieurs années, Mariam a poursuivi sa scolarité avec détermination : « J’aimais aller à l’école, mais après sa destruction, il fallait aller très loin pour étudier. Ma grand-mère n’avait plus les moyens de continuer à payer mes besoins scolaires. J’ai dû arrêter alors que je voulais encore apprendre. » Mais la pauvreté et l'âge avancé de sa grand-mère ont progressivement rendu impossible la prise en charge de ses besoins scolaires. En 2019, alors qu'elle était en classe de CM1, Mariam a été contrainte d'abandonner définitivement l'école.
Privée d'éducation, sans ressources et vivant dans une région fortement affectée par le conflit, Mariam est devenue particulièrement vulnérable au recrutement par les groupes armés. À l'âge de seize ans, elle a été associée à un groupe armé.
« A mon âge, je n’avais pas les moyens de décider de ma vie. Lorsque je me suis retrouvée avec le groupe arme, j’ai dû faire des choses que je ne voulais pas faire. Je voulais seulement pouvoir être en sécurité et retrouver ma famille, mais je n’avais pas le choix. »
Pendant le temps qu’elle est restée avec le groupe armé, elle était utilisée comme cuisinière et contrainte de vivre comme épouse du commandant. « Un jour, je me suis rendu compte que je suis tombée enceinte. La grossesse et l’accouchement ont été très difficiles pour mois. Après la naissance, mon bebe est décédé une semaine plus tard faute d’un suivi médicale régulier Cette perte m’a profondément affectée. »
Operations de désarmement et réintégration
Aujourd'hui, grâce aux opérations de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR) qu’elle a suivi, une nouvelle page s'ouvre pour Mariam. Les équipes de l'UNICEF, en collaboration avec la Direction Régionale de la Promotion du Genre, un bureau gouvernemental, ont procédé à son identification, à sa libération et à sa réunification avec sa famille.
Elle bénéficiera désormais d'un accompagnement complet comprenant un soutien psychosocial, une prise en charge sanitaire, un appui à la réunification familiale, des activités de réintégration socio-économique ainsi que des possibilités de retour à l'éducation ou de formation professionnelle, selon ses aspirations : « Je voudrais retourner à l’école ou apprendre un métier. Je veux pouvoir travailler, aider ma famille et vivre en paix. Je ne veux plus retourner dans la vie que j’ai connue avec le groupe armé. »
En 2025, l'UNICEF en République centrafricaine, en collaboration avec ses partenaires et grâce au soutien financier du Comité espagnol pour l'UNICEF, a réintégré 880 enfants libérés de groupes armés.
« Des enfants comme Mariam illustrent à quel point les enfants ont été les plus durement touchés par le conflit civil en République centrafricaine », dit Adele Rutsobe, responsable de la protection de l’enfance à l’UNICEF en RCA. « Aucun enfant ne devrait connaître une telle enfance, et en mettant en place ces programmes, nous leur donnons une chance de croire à nouveau en un avenir meilleur. »
Mariam est sur la bonne route vers une nouvelle vie.
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*Le nom de la protagoniste a été changé, par des raisons de protection.