Avant nous allions loin pour chercher de l’eau
Un projet d'eau et d'assainissement de l'UNICEF, financé par le fonds Bekou de l'UE, est en train de changer la vie de milliers de Centrafricains vivant dans des zones rurales isolées.
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Christine et Yves ont des raisons de sourire.
Leur maison, dans le quartier Sembe 3 de Bossangoa, est très proche de la pompe à eau qui fournit en abondance de l'eau propre et potable. Chaque jour, après l'école, ils aident leurs parents à transporter l'eau jusqu'à leur maison pour leurs besoins quotidiens.
Seulement 36 % de la population de la République Centrafricaine a accès à des services d'eau de base, ce qui est un droit fondamental pour chaque enfant.
Avant l'installation du forage à Sembe 3, les femmes et les jeunes filles devaient marcher plusieurs kilomètres par jour pour aller chercher de l'eau, et encore, l'eau n'était pas propre.
Depuis que le point d'eau a été réhabilité par l'ANEA (l'agence centrafricaine d'approvisionnement en eau) et l'UNICEF, avec un financement de l'Union Européenne, les maladies d'origine hydrique ont considérablement diminué, et les femmes et les jeunes filles sont moins exposées au harcèlement.
Dans le quartier de Zoro, toujours à Bossangoa, Dartagnan Bossamboam, président du comité local d'entretien, vérifie le bon fonctionnement de la pompe à eau. Avec son équipe, il gère la modeste contribution mensuelle des habitants pour payer les réparations nécessaires.
A environ 600 kilomètres de Bossangoa, dans la ville de Ndele (préfecture de Bamingui Bangoran), Abdel Kharim, 8 ans, est venu avec sa mère et son petit frère puiser de l'eau à la pompe installée dans leur quartier de Sara. Beaucoup de leurs habitants sont d'anciens déplacés. Le fait de disposer d'un forage accessible à pied a été un facteur clé qui a favorisé leur réinstallation.
A Golo-Mandja, un autre quartier de Ndele, l'ANEA et l'UNICEF ont construit un forage dans le cadre du même programme. Les habitants du quartier et l'école primaire voisine ont désormais un accès facile à l'eau potable. Malheureusement, 84 % des écoles de la République centrafricaine n'ont pas accès aux services d'eau de base.
La construction d'un puits dans un village change la vie de milliers de personnes. En plus de répondre à leurs besoins quotidiens en eau, cet accès réduit le risque de maladies et facilite les tâches ménagères. En plus, cela entraîne souvent une augmentation de la fréquentation scolaire.
Depuis l'installation d'une pompe à eau en 2023, les habitants du village de Yangou-Berlou, à 20 kilomètres de Ndele, élaborent leur plan d'assainissement dans le cadre du même programme WASH. En République centrafricaine, seulement 14 % de la population a accès à des services d'assainissement de base et plus de 25 % de la population pratique la défécation à l'air libre.
Sosthène Narbet, de l'UNICEF, les soutient dans le suivi de ce projet communautaire. Les maisons marquées d'un "X" ont déjà construit leurs latrines.
L'importance de l'eau a été soulignée lors de la Journée mondiale de l'eau en 2024, avec une visite dans le centre de la RCA du ministre des Ressources Hydrauliques, Arthur Piri, et du représentant adjoint de l'UNICEF, Abdoulaye Seye. Dans le village de Pladama, à la périphérie de Bambari, ils ont assisté à un projet de réinstallation volontaire de personnes déplacées à l'intérieur du pays.
Le projet d'adduction d'eau de Pladama, également financé par l'Union européenne, répond aux besoins fondamentaux de ses habitants. Le village abrite des familles qui ont quitté leur lieu d'origine et bénéficie d'un soutien multiforme de la part de la famille des Nations unies. L'UNICEF s'est occupé du service d'approvisionnement en eau.
Aussi a Bambari, plusieurs techniciens formés à l'entretien des forages, avec le soutien de l'UNICEF, ont été officiellement mis en service. Ils peuvent réparer rapidement les points d'eau en cas de panne. De plus, dans chaque communauté où une nouvelle pompe à eau est installée ou réhabilitée, un comité de gestion est élu, afin de favoriser un sentiment d'appropriation de cette précieuse ressource.
Afin de donner une continuité au projet WASH financé par l'Union européenne, l'UNICEF a reçu en 2025 une foreuse et a organisé la formation de douze employés de l'ANEA qui suivent actuellement une formation pratique sur son utilisation.
Les exercices pratiques se sont déroulés dans l'enceinte de l'hôpital général de Bangui. Deux forages ont été réalisés sur place pour alimenter en eau potable le complexe pédiatrique voisin.